Sous le voile, la femme et la liberté, pas l'extrême-droite !
Opinions protestantes
Février 2004
2 -
Lien croiséFévrier 2004
De la Laïcité, il nous faut d’urgence, parler autrement » en distinguant selon les publics : l’ensemble de nos concitoyens, nos compatriotes issus de terres où brûle l’islam, les femmes de ce pays et enfin les adversaires de la loi qui vient d’être votée.
Aux français sans distinction d’origine, de sexe, de croyance et d’opinion, rappelons l’extrême particularité de l’exception laïque française. Notre laïcité est tellement unique au monde que personne ne la comprend aisément, et que nous-mêmes l’avons un peu perdue de vue. Elle mêle ce qui doit être désormais clairement séparé : La Grande et la Petite laïcité.
Dire « Petite laïcité » ce n’est pas minorer l’importance historique de cette petite dernière. Héritée des furieux débats qui secouèrent la Chambre des Députés en 1901 et 1905, cette laïcité scolaire vit la République envoyer l’Armée française dans les couvents, la veille de la Grande Guerre . Il s’en suivi prés d‘un siècle de guerre scolaire sans merci, jusqu’au grand soulèvement populaire de 1984, pour la liberté, contre le monopole Bilan de ces luttes aux frontières de la guerre civile : de l’école publique, ironie du vocabulaire, la France a fait un sanctuaire.
La « Grande laïcité » ? Il faut aller la chercher loin dans le temps. Au de là même de la Réforme et d’hommes comme Locke, Bayle et Spinoza, à Rome, Athènes et jusqu’à Jérusalem. C’est la séparation qui depuis la Bible tranche au rasoir entre le Temple et la Loi, la Politique et la Religion, le Pouvoir et le Message, le Trône et l’Autel, l’Eglise et l’Etat. Les Américains que nous jugeons volontiers aussi bondieusards qu’hypocrites en ont fait le socle de leurs libertés . Il est bon de relire par ces temps d’intense confusion politique sur les bords de la Seine, la première phrase du premier amendement de la constitution des Etats unis d’Amérique en date du 15 décembre 1791, soit un an avant les massacres Parisiens de 1792 : « Le Congrés ne fera pas de loi en matière de religion ». En ce mois de février 2004 l’Assemblée Nationale n ‘a pas voté une loi en matière de religion , ni contre la religion ; Elle a voté pour confirmer la Séparation. Nos amis américains auront du mal à le comprendre. Ils devront s’ y faire. La laicité qu’ils ont instituée pacifiquement et par « covenant », nous avons du l’ arracher par le fer et le sang. Mais la différence des histoires nationales n’affecte en rien le fond des choses.
Considérons maintenant ceux de nos compatriotes qui – à entendre les adversaires de la loi- se sentiraient agressés en tant que musulmans. C’est un contre-sens total. L’objet et le résulat mêmes de la loi sont de leur garantir ici les avantages d’une liberté individuelle et d’une paix civile dont trop de terres d’islam sont encore privées.
C’est à double titre que la France peut être dite « Une chance pour l’Islam ».
Tout d’abord parce qu’en France, les multiples mouvances, obédiences, écoles et nations d’islam, seront obligéees de compromettre entre elles au meilleur sens d’un terme qui veut dire « S’entendre » . En France aucun islam ne pourra s’imposer à son voisin d’héxagone : le sunnite pas plus que le chiite, le malékite ou le wahabite pas plus que l’hanéfite, le marocain et l’algérien, le Turc et l’arabe , l’arabe et Persan.
Mais surtout, minoritaire en France , l’islam français que nous souhaitons réconcilié en son sein, devra compromettre avec la République. C’est la loi de la majorité. C’est la loi de la démocratie. Qui osera la dire négociable ?
En ceci, et en ceci seulement, du seul fait de ces deux contraintes, l’Islam de France sera « réformé» ou ne sera pas. Avec son génie de la formule, Michelet avait décelé le principe fondateur de la Réforme.
“ Un acte autrement hardi venait d’avoir lieu dans Paris, à l’insu de tout le monde. Appelons-le de son vrai nom, qu'ignoraient ceux-mêmes qui le faisaient: la république réformée. Du 26 mai au 29 mai 1559, une assemblée générale des ministres de France avait eu lieu au faubourg Saint Germain. Pendant ces violentes disputes du Parlement, au milieu de bûchers, au sein d’un peuple furieux qui massacrait jusqu’à des catholiques suspects de tolérance, ces homme intrépides, de toutes les provinces,vinrent siéger en concile. Dans leur gravité forte, ils écrivirent leur foi, leur discipline et l'acte de naissance de la démocratie religieuse. ”Nulle église au dessus des autres”; deux fois par an s’assemblent les ministres, chacun amenant un ancien et un diacre eux mêmes élus par le peuple. Voila la base républicaine de l'église de France.
éTout cela calqué sur Genève; mais combien différent, en résultat, quand on transportait de la petite ville au royaume de France, à cet empire immense que la Réforme allait se créant aux Pays Bas et en Ecosse, en Angleterre, bientôt en Amérique! “.
Histoire de France au XVIe siècle - Edition 1856. Volume 3,” Guerres de religion” chapitre 9
Enfin, chacun entend ici ou là les adversaires de la loi avancer la pudeur, la liberté, la culture propre, les convictions, la foi de jeunes collégiennes et lycéennes. C’est se montrer bien aveugles sur la corrélation absolue qui existe depuis que le monde est monde entre le statut de la femme et la Grande Laïcité.
Sur ce point brûlant oublié des actuels sociologues de Cour, évoquons la formule à peine adaptée d’un protagoniste des combats de 1901 et 1905 : le pasteur Thommy Fallot s’écriait ». Dieu seul est laïc ! Hélas l’homme a des maladies religieuses, cléricalement transmissibles par voie masculine chez les peuples dits du Livre, Francs Maçons compris. »
Que personne ne sourie ni ne proteste trop vite. Sous la légèreté apparente du propos se cache le rappel de ce que tous les clergés de tous temps ont fait subir à la femme en église . Et leurs dignes héritiers mâles et laicards anticléricaux n’ont fait que les imiter en politique comme en société. Prenons en pour preuve suffisante que les pères de la « Petite Laicité n’ont pas songé un instant à donner le droit de vote aux femmes en 1905
Le tumulte né de la question musulmane telle que chauffée à blanc depuis l' affaire du " voile" et le 11 septembre nous impose de lever le nez des petits guidons politico-scolaires de la « Petite laicité » pour réfléchir et trancher de l’essentiel, de ce qui fonde la France comme République, comme Démocratie, comme Nation.
Certains, pour travestir la réalité ont voulu disqualifier le débat en parlant d’un pugilat de chiffonniers autour d’un morceau de tissus .
Sous le chiffon , il y a la Liberté et la Femme. Pas l’extrême droite !
Aux français sans distinction d’origine, de sexe, de croyance et d’opinion, rappelons l’extrême particularité de l’exception laïque française. Notre laïcité est tellement unique au monde que personne ne la comprend aisément, et que nous-mêmes l’avons un peu perdue de vue. Elle mêle ce qui doit être désormais clairement séparé : La Grande et la Petite laïcité.
Dire « Petite laïcité » ce n’est pas minorer l’importance historique de cette petite dernière. Héritée des furieux débats qui secouèrent la Chambre des Députés en 1901 et 1905, cette laïcité scolaire vit la République envoyer l’Armée française dans les couvents, la veille de la Grande Guerre . Il s’en suivi prés d‘un siècle de guerre scolaire sans merci, jusqu’au grand soulèvement populaire de 1984, pour la liberté, contre le monopole Bilan de ces luttes aux frontières de la guerre civile : de l’école publique, ironie du vocabulaire, la France a fait un sanctuaire.
La « Grande laïcité » ? Il faut aller la chercher loin dans le temps. Au de là même de la Réforme et d’hommes comme Locke, Bayle et Spinoza, à Rome, Athènes et jusqu’à Jérusalem. C’est la séparation qui depuis la Bible tranche au rasoir entre le Temple et la Loi, la Politique et la Religion, le Pouvoir et le Message, le Trône et l’Autel, l’Eglise et l’Etat. Les Américains que nous jugeons volontiers aussi bondieusards qu’hypocrites en ont fait le socle de leurs libertés . Il est bon de relire par ces temps d’intense confusion politique sur les bords de la Seine, la première phrase du premier amendement de la constitution des Etats unis d’Amérique en date du 15 décembre 1791, soit un an avant les massacres Parisiens de 1792 : « Le Congrés ne fera pas de loi en matière de religion ». En ce mois de février 2004 l’Assemblée Nationale n ‘a pas voté une loi en matière de religion , ni contre la religion ; Elle a voté pour confirmer la Séparation. Nos amis américains auront du mal à le comprendre. Ils devront s’ y faire. La laicité qu’ils ont instituée pacifiquement et par « covenant », nous avons du l’ arracher par le fer et le sang. Mais la différence des histoires nationales n’affecte en rien le fond des choses.
Considérons maintenant ceux de nos compatriotes qui – à entendre les adversaires de la loi- se sentiraient agressés en tant que musulmans. C’est un contre-sens total. L’objet et le résulat mêmes de la loi sont de leur garantir ici les avantages d’une liberté individuelle et d’une paix civile dont trop de terres d’islam sont encore privées.
C’est à double titre que la France peut être dite « Une chance pour l’Islam ».
Tout d’abord parce qu’en France, les multiples mouvances, obédiences, écoles et nations d’islam, seront obligéees de compromettre entre elles au meilleur sens d’un terme qui veut dire « S’entendre » . En France aucun islam ne pourra s’imposer à son voisin d’héxagone : le sunnite pas plus que le chiite, le malékite ou le wahabite pas plus que l’hanéfite, le marocain et l’algérien, le Turc et l’arabe , l’arabe et Persan.
Mais surtout, minoritaire en France , l’islam français que nous souhaitons réconcilié en son sein, devra compromettre avec la République. C’est la loi de la majorité. C’est la loi de la démocratie. Qui osera la dire négociable ?
En ceci, et en ceci seulement, du seul fait de ces deux contraintes, l’Islam de France sera « réformé» ou ne sera pas. Avec son génie de la formule, Michelet avait décelé le principe fondateur de la Réforme.
“ Un acte autrement hardi venait d’avoir lieu dans Paris, à l’insu de tout le monde. Appelons-le de son vrai nom, qu'ignoraient ceux-mêmes qui le faisaient: la république réformée. Du 26 mai au 29 mai 1559, une assemblée générale des ministres de France avait eu lieu au faubourg Saint Germain. Pendant ces violentes disputes du Parlement, au milieu de bûchers, au sein d’un peuple furieux qui massacrait jusqu’à des catholiques suspects de tolérance, ces homme intrépides, de toutes les provinces,vinrent siéger en concile. Dans leur gravité forte, ils écrivirent leur foi, leur discipline et l'acte de naissance de la démocratie religieuse. ”Nulle église au dessus des autres”; deux fois par an s’assemblent les ministres, chacun amenant un ancien et un diacre eux mêmes élus par le peuple. Voila la base républicaine de l'église de France.
éTout cela calqué sur Genève; mais combien différent, en résultat, quand on transportait de la petite ville au royaume de France, à cet empire immense que la Réforme allait se créant aux Pays Bas et en Ecosse, en Angleterre, bientôt en Amérique! “.
Histoire de France au XVIe siècle - Edition 1856. Volume 3,” Guerres de religion” chapitre 9
Enfin, chacun entend ici ou là les adversaires de la loi avancer la pudeur, la liberté, la culture propre, les convictions, la foi de jeunes collégiennes et lycéennes. C’est se montrer bien aveugles sur la corrélation absolue qui existe depuis que le monde est monde entre le statut de la femme et la Grande Laïcité.
Sur ce point brûlant oublié des actuels sociologues de Cour, évoquons la formule à peine adaptée d’un protagoniste des combats de 1901 et 1905 : le pasteur Thommy Fallot s’écriait ». Dieu seul est laïc ! Hélas l’homme a des maladies religieuses, cléricalement transmissibles par voie masculine chez les peuples dits du Livre, Francs Maçons compris. »
Que personne ne sourie ni ne proteste trop vite. Sous la légèreté apparente du propos se cache le rappel de ce que tous les clergés de tous temps ont fait subir à la femme en église . Et leurs dignes héritiers mâles et laicards anticléricaux n’ont fait que les imiter en politique comme en société. Prenons en pour preuve suffisante que les pères de la « Petite Laicité n’ont pas songé un instant à donner le droit de vote aux femmes en 1905
Le tumulte né de la question musulmane telle que chauffée à blanc depuis l' affaire du " voile" et le 11 septembre nous impose de lever le nez des petits guidons politico-scolaires de la « Petite laicité » pour réfléchir et trancher de l’essentiel, de ce qui fonde la France comme République, comme Démocratie, comme Nation.
Certains, pour travestir la réalité ont voulu disqualifier le débat en parlant d’un pugilat de chiffonniers autour d’un morceau de tissus .
Sous le chiffon , il y a la Liberté et la Femme. Pas l’extrême droite !
Par PPK
| Avant
| 01/04/2005 17:38
| Après
| Laïcité et 1905
|
3 commentaires
|
par Anonyme (213.251.136.98), le Samedi 25 Août 2007, 12:09
sexe femme voiler arabe sexe shop : "En cache - Pages similaires PPK - Sous le voile, la femme et la liberté, pas l'extrême-droite !Aux français sans distinction d’origine, de sexe, de croyance et d’opinion, ..... Mercredi 01/08 21:25 - symnblabs; Sous le voile, la femme et la liberté, ...www.ppkal"Répondre à ce commentaire
Commentaires
1 - Reponse à Isabelle Laraquepar Assane diouf (196.207.203.23), le Lundi 2 Juillet 2007, 01:28 Répondre à ce commentaire