Associations Familiales Protestantes
Fédération nationale

 
Le Président
 

                                                                                                                Le 22 février 2008                                                                                                                                                      

 
             Madame,
 
 
 Sans risque d’abus de pouvoir, je me fais l’interprète de nos associations pour vous apporter notre soutien dans l’injuste  procès qui vous est fait sur les sectes.  Il n’y a pas de secte, seulement des comportements sectaires dont les religions n’ont jamais eu le monopole.

 Et toujours Tocqueville : « Aux Etats -Unis, lorsqu’un homme politique attaque une secte, ce n’est pas une raison pour que les partisans même de la secte ne le soutiennent pas : mais s’il attaque toutes les sectes ensemble, chacun le fuit et il reste seul ».
 
 Vous avez raison  parce que s’arroger le droit de qualifier «  secte », c’est s’arroger le droit de qualifier  «  religion » prétention totalitaire surtout lorsqu’elle s’accompagne d’aides publiques. Les fils de pasteurs calvinistes écossais qui ont rédigé la Constitution américaine de 1787 ont immédiatement ajouté le premier amendement du 15 décembre 1791  : « Le Congrès ne fera aucune loi visant à l’établissement d’une religion ou interdisant le libre exercice de la religion ». N’en déplaise à nos archéos laîces, l’Amérique est plus « séparée » que nous .
 
 En France, si la foi collective s’est évaporée, l’héritage d’intolérance, catholique d’abord en 1572 et 1685, anticatholique ensuite en 1790,1905  et 1984  laisse intacte la passion du monopole. Le «  Hors de Rome point de Salut »  de  la Guerre de Cévennes  est devenu : «  Pas  de laïcité sans monopole du Mamouth ».

La façon dont ceux-là mêmes qui vous attaquent traitent nos associations évangéliques de sectes vendues à l’ultra libéralisme américain en dit plus long que toute analyse sociologique ou idéologique.  Ce qui  les mobilise c’est moins la laïcité comme liberté et neutralité  que la peur panique d’une concurrence ravageuse dans l’action sociale associative socio culturelle dans nos banlieues. Voici venir une nouvelle lutte des classes au sein du monde associatif entre salariat et bénévolat. A la différence des autres démocraties, en Francen, le budget associatif est majoritairement public.

             Encore Tocqueville : « La morale et l’intelligence d’un peuple démocratique ne courraient pas de moindres dangers que son négoce et son industrie si le gouvernement venait y prendre partout la place des associations ».

            Il y a deux trous noirs cousins dans la pensée médiatique actuelle : ils ont nom » Religion » et « Association ». Demandez autour de vous qui connaît le Charity Act britannique de 2006 ? Or il est la démonstration que la France n’a pas de politique associative et laisse le champ libre au mélange connu d‘Etatisme et de Corporatisme qui nourrit désormais avec incivisme et défiance une prétention « cléricale » au monopole de représentation de la société civile.
 
                                                          Bon courage .
 
                                                                                                               PP Kaltenbach
 
 
 
 Madame  Emmanuelle Mignon
 Cabinet Présidence de la République
 Palais de l’Elysée
 Rue Saint  Honoré
75008Paris
 
 

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