Quatrième centenaire de l'Edit de Nantes: l'héritage
Allocution du pasteur Michel Bertrand
Pasteur Michel Bertrand
Président du Conseil National de L’Eglise Réformée de France
devant le Président de la République
UNESCO, le mercredi 18 février 1998
" Notre société semble ne plus disposer d’une mémoire vivante qui la dispenserait de se commémorer sans cesse. Et la multiplication de nos temps et de nos lieux de mémoire pourrait bien n’être qu’un substitut pathétique à nos trous de mémoire. Aussi faut-il s’interroger sur notre frénésie commémorative et sur ce qu’elle trahit, au double sens du verbe trahir ? Que déforme-t- elle de l’histoire ? Mais aussi que laisse-t-elle voir, sans le vouloir, de notre rapport au passé,au présent et à l’avenir ?
Vous avez rappelé lors de vos voeux, Monsieur le Président (Jacques Chirac, Le Monde du 2 janvier 1998) :” Notre pays n’ est pas et ne sera jamais l’addition de communautés juxtaposées. Le bien public n’est pas et ne sera jamais l’addition d’intérêts particuliers “.
C’est dire que l’une des manières de célébrer l’Edit de Nantes serait de réfléchir au statut des religions pour ce temps; et pas seulement pour la France, mais aussi dans l’Europe, qui se construit. Et je pense notamment à l’Islam.
Cette nécessaire dimension publique des religions est aussi une interpellation. Cette commémoration ne saurait se réduire à des effets d’image qui nous tiendrait lieu de message, ou à un regard complaisant sur nos supposées valeurs protestantes. Elle en saurait être la revendication abusive d’un héritage dont nous nes serions plus capables, aujourd’hui, d’être les héritiers. Mais par contre elle peut être un temps privilégié d’approfondissement de la foi. Et pour cela, le texte de nos fidélités n’est pas l’Edit de Nantes mais c’est la Bible seule d'où jaillit la Parole qui nous dresse comme des êtres libres et responsables devant Dieu.
Hommes et femmes protestants, et je pense surtout aux femmes, au XVI siècle elles le savaient bien qui apprenaient à lire pour lire les Ecritures et qui la méditaient afin d’y découvrir la vérité qui rend libre. Quand surviendra la tourmente, ils trouveront dans ce tête à tête avec Dieu, le courage d'être seul et la capacité d’exister.
Leçon pour aujourd’hui où on annonce régulièrement que le protestantisme va mourir. C’est oublier le coeur de la foi protestante qui n’a d’abord besoin pour vivre ni de temples, ni d’institutions, ni de clergé, ni d’assemblées spectaculaires, il suffit de nos vies habitées par le Christ, source d’une liberté qu’aucun édit ne peut contenir ni contraindre.
Ainsi la seule mémoire nécessaire est celle du Christ qui nous ouvre au pardon et à la réconciliation. Cette mémoire n’est pas le ressassement du malheur, ni la mise en règlement judiciaire de notre passé pour lui faire rendre gorge. Elle est rappel d’une promesse impensable sur nos vies: nous somme chaque matin en état de grâce, chaque jour graciés, les mains libres pour construire l’avenir et pour recommencer.
Président du Conseil National de L’Eglise Réformée de France
devant le Président de la République
UNESCO, le mercredi 18 février 1998
" Notre société semble ne plus disposer d’une mémoire vivante qui la dispenserait de se commémorer sans cesse. Et la multiplication de nos temps et de nos lieux de mémoire pourrait bien n’être qu’un substitut pathétique à nos trous de mémoire. Aussi faut-il s’interroger sur notre frénésie commémorative et sur ce qu’elle trahit, au double sens du verbe trahir ? Que déforme-t- elle de l’histoire ? Mais aussi que laisse-t-elle voir, sans le vouloir, de notre rapport au passé,au présent et à l’avenir ?
Vous avez rappelé lors de vos voeux, Monsieur le Président (Jacques Chirac, Le Monde du 2 janvier 1998) :” Notre pays n’ est pas et ne sera jamais l’addition de communautés juxtaposées. Le bien public n’est pas et ne sera jamais l’addition d’intérêts particuliers “.
C’est dire que l’une des manières de célébrer l’Edit de Nantes serait de réfléchir au statut des religions pour ce temps; et pas seulement pour la France, mais aussi dans l’Europe, qui se construit. Et je pense notamment à l’Islam.
Cette nécessaire dimension publique des religions est aussi une interpellation. Cette commémoration ne saurait se réduire à des effets d’image qui nous tiendrait lieu de message, ou à un regard complaisant sur nos supposées valeurs protestantes. Elle en saurait être la revendication abusive d’un héritage dont nous nes serions plus capables, aujourd’hui, d’être les héritiers. Mais par contre elle peut être un temps privilégié d’approfondissement de la foi. Et pour cela, le texte de nos fidélités n’est pas l’Edit de Nantes mais c’est la Bible seule d'où jaillit la Parole qui nous dresse comme des êtres libres et responsables devant Dieu.
Hommes et femmes protestants, et je pense surtout aux femmes, au XVI siècle elles le savaient bien qui apprenaient à lire pour lire les Ecritures et qui la méditaient afin d’y découvrir la vérité qui rend libre. Quand surviendra la tourmente, ils trouveront dans ce tête à tête avec Dieu, le courage d'être seul et la capacité d’exister.
Leçon pour aujourd’hui où on annonce régulièrement que le protestantisme va mourir. C’est oublier le coeur de la foi protestante qui n’a d’abord besoin pour vivre ni de temples, ni d’institutions, ni de clergé, ni d’assemblées spectaculaires, il suffit de nos vies habitées par le Christ, source d’une liberté qu’aucun édit ne peut contenir ni contraindre.
Ainsi la seule mémoire nécessaire est celle du Christ qui nous ouvre au pardon et à la réconciliation. Cette mémoire n’est pas le ressassement du malheur, ni la mise en règlement judiciaire de notre passé pour lui faire rendre gorge. Elle est rappel d’une promesse impensable sur nos vies: nous somme chaque matin en état de grâce, chaque jour graciés, les mains libres pour construire l’avenir et pour recommencer.
Par PPK
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| 23/03/2005 17:30
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