Mai 68 : relativisme associatif ?
De l'ordre moral à la faillite des finances publiques
Mai 68 : relativisme associatif ?
1968- 2008
De l’Ordre Moral
à
la faillite des finances publiques
: le relativisme associatif
De l’Ordre Moral
à
la faillite des finances publiques
: le relativisme associatif
« Liquidons 68 et son héritage de relativisme intellectuel et moral ». Par ces mots N. Sarkozy concluait sa campagne électorale au parc omnisport de Bercy.
La droite officielle a peu réagi, oscillant entre indifférence et étonnement géné : « Pourquoi ressortir ces vieilles lunes? ». Quant au PS, intellectuellement paralysé par le séisme de 2002, la stupeur l’a emporté sur la fureur. On ne discute pas d’un blasphème ! Se trouvait ainsi dévoilé ce sommet du relativisme « à la française » : « Tout se vaut ! mais il est interdit de me contredire ». Les éléphants ont donc enterré le dossier. Les imprudents ! Derrière l’effet de tribune, un missile à tête multiple est en route vers sa cible : l’élection présidentielle de 2012.
Sous l’apparence d’un mauvais procés, cette critique du relativisme actuel suggère en effet la possibilité d’une fracture inattendue, plus morale que sociale, aux causes moins économiques que politiques, soit exactement l’inverse de la thèse communément admise par la classe publique depuis l’élection présidentielle de 1995. Pis, pour la première fois dans l’histoire de la République, voici la preuve administrée que l’«Ordre Moral » peut ne pas être de droite. Est ici menacé le « Graal » de la Génération aux affaires depuis trente ans, celle-là même qui s’est proclamée « Génération Morale ». Ce nouvel Ordre Moral se caractérise- entre autre spécificité française- par un relativisme associatif unique en Europe. L’association l’outil de prédilection de la société civile selon Tocqueville a été pervertie subrepticement depuis 1975 en courroie de transmission d’un Etat Providence pléthorique. Comme quoi l’héritage de 68 ne se réduit point au sexe.
Circonstance idéologiquement déstabilisante, de même que les campus américains avaient inspiré nos barricades, la contestation du relativisme nous arrive des Etats-Unis. Qui pis est, elle émane de milieux juifs, trotskystes, néo conservateurs, fermes soutiens de G.W. Busch. Ecoutons le professeur de philosophie de Chicago, Leo Strauss déstabiliser nos Bobos : « Si tout se vaut, le cannibalisme est une affaire de gôut !. » .
L’intérêt d’une réflexion politique sur le relativisme associatif, c’est l’éclairage donné à deux questions essentielles.
Première question, la victoire de N.Sarkozy est-elle le fruit de la médiocrité de ses adversaires ? De ses talents personnels ? Ou d’une vague de fonds ? Seconde question, existerait-il une corrélation entre relativisme et crise des finances publiques notamment sociales ? De la réponse à ces questions dépendent sans doute la préparation et le résultat de l’élection présidentielle de 2012 .
Trois approches inédites faciliteront la nécessaire controverse. C’est d’abord l’engrenage des mécanismes fondateurs de l’exception française depuis 1975: incivisme et défiance, d’une part, Etatisme et corporatisme de l’autre. C’est ensuite le rôle des classes moyennes protégées dans la colonisation de la société civile sous pavillon de 1901 . C’est enfin le nécessaire rétablissement de la séparation des pouvoirs pour protéger notre démocratie financière en danger. Le maillon entre ces trois approches ?: L’Association « à la française » seule institution Européenne mobilisant la Morale pour accéder sans gêne aux caisses publiques.
<< La morale et l’intelligence d’un peuple démocratique ne courraient pas de moindres dangers que son négoce et son industrie si le gouvernement venait y prendre partout la place des associations >>.
Alexis de Tocqueville. « De la Démocratie en Amérique » 1835 .
++++
_*Non, toutes les associations ne se valent pas ! *_
Il existe un relativisme associatif. Français. Il consiste à affirmer que toutes les associations se valent, que toutes sont justes et qu’il ne saurait être question d’effectuer le moindre tri sous peine de « jeter le bébé avec l’eau du bain ».Or le bébé est en train de se noyer dans l’eau sale et c’est le Medef qui fin 2007 lance l’appel à la certification de ses associations après l’affaire de l’UIMM : « La transparence financière, le Medef la demande pour toutes les organisations professionnelles et interprofessionnelles, pour toutes les organisations syndicales et pour toutes les ONG ». (16 octobre 2007). Dans le même temps éclatait l’affaire de l’Arche de Zoé .
Or les associations sur fonds publics présentent quatre spécificités qui expliquenrt les effets désastreux du relativisme sur nos finances publiques et notre démocratie.
L’importance des moyens. Certes personne en France, INSEE, Parlement, Cour des Comptes, Université, CNRS, ministères, Conseil Economique et Social, Conseil National de la Vie Associative ( CNVA), Conférence Permanente des Coordinations Associatives(CPCA) ne peut donner d’informations satisfaisantes sur le nombre exact d’associations, de salariès, de bénévoles , ni sur l’origine, la nature, le montant,la réoartition des ressources et des dépenses associatives à fortiori sur le volume de fonds publics et privés qui transitent sous pavillon de 1901. Mais l’on préssent depuis peu ( 1995) que l’ensemble mobilise des effectifs et des sommes considérables 1.600.000 salariés et 8/10 % du PIB le tout sous le regard éberlué de 6 millions de bénévoles-donateurs qui forment le socle vivant de la société civile. Le salariat chasse le bénévolat des associations employeurs comme la subvention chasse la cotisation syndicale.
L’éclatement des financements publics aggrave les conséquences de la décentralisation: L’Etat et les communes contribuent, chacun pour 15 %, à l’ensemble du financement des associations, les départements et les organismes sociaux participent à hauteur de 9 % , les régions : 3 % et l’Europe : 1 %. Les financements publics sont liés aux domaines de compétences des collectivités : Les communes interviennent sur l’ensemble du champ associatif même si elles privilégient les secteurs culturels, des loisirs et des sports, Les conseils généraux financent principalement les associations du secteur social de grande taille, Les régions et l’Europe se concentrent sur les secteurs de l’éducation et de la formation. Aujourd’hui, l’Etat entretient des relations financières avec près de la moitié des associations employeurs. Cette évolution reflète l’importance croissante des emplois aidés par l’Etat dans le secteur associatif.
Les financements privés restent estimatifs ; en 2006 25.000 associations ont déclaré 25 milliards de chiffre d’affaire à la TVA , dons particuliers et mécénat auraient atteint respectivement 2 milliards et un milliard. Le montant des cotisations serait de 10 milliards.
La concentration : 4 % des associations soit 30 000 à 40 000 « employeurs » sur 1 million, regroupent 80 % des salariés et des fonds publics.Or les fonds publics constituent 40% du budget associatif, situation unique dans l’OCDE.
La démesure des prétentions morales : l’association serait juste par statut et nature d’activité. En trente ans, elle est devenue moralement autonettoyante. Un tabou !
L’ outrecuidance des prétentions politiques.
Au président de l’Association des maires de France qui l’interrogeait sur la demande de la Conférence permanente des coordinations associatives (CPCA) de signer la charte des employeurs sur fonds publics, Michel Charasse répond le 5 novembre 2001 : « Vous m’envoyez le texte de déclaration commune avec les associations. Je trouve que ce texte est du baratin insipide qui noie le poisson. Je n’ai donc pas l’intention de m’associer à une démarche collective qui sent son curé et son gauchisme à plein nez. »
Démesure et outrecuidance n’ont pas échappé à Raymond Boudon, professeur émérite de sociologie à la Sorbonne qui commente l’opération « Don Quichotte » : « Que le pouvoir politique cède à la pression médiatique est très inquiétant sur l’état de nos institutions. Conséquence, la rue peut désormais »faire la loi» sans mandat, sans représentativité, et avec pour seule caution le coup médiatique. Du coup, des éléments essentiels de notre devenir peuvent se jouer au sein d’associations qui s’érigent en représentants autoproclamés de la population à l’occasion de crises.C’est un phénomène typiquement français que l’on ne retrouve dans aucun autre pays d’Europe. Le comble est que l’on nous fait croire que cette démocratie participative constituerait un degré supérieur de la démocratie » ( Le Figaro du 19 janvier 2007).
Au nom d’une supériorité morale par décret, ces Antigone subventionnées se prétendent représentatives de la société civile. Et comme leur existence dépend des administrations qui les ont constituées en courroies de transmission, elles sont devenues le bras séculier d’un secteur public déjà pléthorique.
Catherine Bidou décèle chez les classes moyennes françaises « une participation exceptionnelle au tissu associatif et une propension à prendre le pouvoir localement en colonisant la société civile dans les domaines éducatifs, culturels, voire dans la décision politique par voie élective ». Louis Chauvel poursuit : « À l’opposé des autres pays, la France reste marquée par des classes moyennes dont le rapport au politique en comparaison avec leur rapport à l’ordre économique est une caractéristique prédominante à la mesure du mouvement de 1968 et de leur conquête politique en 1981. » (1) Pierre Rosanvallon l’avait pressenti dés 1998 : «C’est l’aggravation du déséquilibre électoral du PS entre salariés du public et salariés du privé qui comporte des risques graves pour son avenir politique. Le clivage secteur public-secteur privé devient donc électoralement de plus en plus significatif>>
Marcel Gauchet en tire la conclusion sociologique la plus pertinente : « Voici pourquoi la déferlante individualiste continue de s’abattre sur le grand chaudron des bureaucraties redistributrices.»(2).
Ce désordre, tous les pouvoirs y ont contribué : gauche et droite, Paris et province, syndicats et patronat, grandes surfaces et gagne petits, partis politiques et corporations, faux nez administratifs et vrais affairistes, aigre fins Du coup tout le monde tient tout le monde sous le regard complice des médias : un noeud gordien. ! D’une loi de liberté, de gratuité et de civisme, ils ont fait une courroie de transmission, un outil de souplesse budgétaire et fiscale. Sous couvert de démocratie participative, voici la coalition des intérêts particuliers contre l’intérêt général Poudrière et noeud gordien!
Comment liquider le relativisme associatif ? en comblant un triple déficit de connaissance, de cohérence et de gouvernance.
L’Insee doit compter la dépense nationale associative, puis trier entre associations selon leur taille, le volume, l’origine et la nature de leurs ressources, la prédominance du bénévolat ou du salariat.
Le Président de la République doit créer l’instance de cohérence interministérielle qui fait tant défaux.
Le Parlement doit se doter d’un corps d’auditeurs à l’instar des grandes démocraties.
Le Conseil d’État doit proposer un statut pour « employeur associatif ». À l’instar de la Charity Commission britannique, la Cour des comptes doit se doter d’une « chambre des associations ».
Les financeurs et prescripteurs publics comme privés ( particuliers, élus, fonctionnaires, entreprises, notaires, partenaires sociaux, églises etc..) vont pouvoir réserver leur soutien à des associations dignes de ce beau nom parce que certifiées par des organismes indépendants comme l’AFNOR qui vient de créer un label associatif unique en Europe et susceptible de retenir l’intérêt de l’Union sous la présidence de la France au second semestre 2008.
L’élite du mouvement associatif va pouvoir faire la preuve d’une représentativité, une transparence et une gouvernance crédibles. Le Conseil National de la Vie Associative doit s’ouvrir aux provinciaux et aux bénévoles.
Nos prédécesseurs ont séparé l’Église de l’État, séparons l’association des caisses publiques, des urnes, des corporations et du marché. Moralisons la dépense publique pour laïciser la politique. Mieux qu’une rupture : La Réforme.
A la différence de ses prédécesseurs depuis trente ans, le nouveau président de la République n’est peut- être pas hostile à cette démarche si l’on en croit son discours lors du bi- centenaire de la Cour des Comptes le 5 novembre 2007.
<< Notre Etat a besoin d’une révolution intellectuelle et morale. La révolution intellectuelle pour moi c’est celle de la certification qui oblige à la transparence et la sincérité des comptes, et c’est celle de l’évaluation qui oblige chacun à se soucier des conséquences de ce qu’il décide et des résultats de ce qu’il entreprend. Je vous invite, Monsieur le Premier président, à engager une réflexion collective sur ce que pourraient être les pouvoirs, les moyens et l’organisation nécessaires pour que ce grand organisme d’audit public dont la France a besoin puisse voir le jour.Je souhaite que vous me fassiez part du résultat de vos réflexions dans un délai de trois mois >>.
Nicolas Sarkozy Président de la République. Bicentenaire de la Cour de Comptes le 5 Novembre 2007
NB : Le Premier Président de la Cour des Comptes , Philippe Seguin, a préfacé le livre « Associations lucratives sans but » Denoël. Novembre 1995.
Téléchargement gratuit www.ppkaltenbach.org
Il existe un relativisme associatif. Français. Il consiste à affirmer que toutes les associations se valent, que toutes sont justes et qu’il ne saurait être question d’effectuer le moindre tri sous peine de « jeter le bébé avec l’eau du bain ».Or le bébé est en train de se noyer dans l’eau sale et c’est le Medef qui fin 2007 lance l’appel à la certification de ses associations après l’affaire de l’UIMM : « La transparence financière, le Medef la demande pour toutes les organisations professionnelles et interprofessionnelles, pour toutes les organisations syndicales et pour toutes les ONG ». (16 octobre 2007). Dans le même temps éclatait l’affaire de l’Arche de Zoé .
Or les associations sur fonds publics présentent quatre spécificités qui expliquenrt les effets désastreux du relativisme sur nos finances publiques et notre démocratie.
L’importance des moyens. Certes personne en France, INSEE, Parlement, Cour des Comptes, Université, CNRS, ministères, Conseil Economique et Social, Conseil National de la Vie Associative ( CNVA), Conférence Permanente des Coordinations Associatives(CPCA) ne peut donner d’informations satisfaisantes sur le nombre exact d’associations, de salariès, de bénévoles , ni sur l’origine, la nature, le montant,la réoartition des ressources et des dépenses associatives à fortiori sur le volume de fonds publics et privés qui transitent sous pavillon de 1901. Mais l’on préssent depuis peu ( 1995) que l’ensemble mobilise des effectifs et des sommes considérables 1.600.000 salariés et 8/10 % du PIB le tout sous le regard éberlué de 6 millions de bénévoles-donateurs qui forment le socle vivant de la société civile. Le salariat chasse le bénévolat des associations employeurs comme la subvention chasse la cotisation syndicale.
L’éclatement des financements publics aggrave les conséquences de la décentralisation: L’Etat et les communes contribuent, chacun pour 15 %, à l’ensemble du financement des associations, les départements et les organismes sociaux participent à hauteur de 9 % , les régions : 3 % et l’Europe : 1 %. Les financements publics sont liés aux domaines de compétences des collectivités : Les communes interviennent sur l’ensemble du champ associatif même si elles privilégient les secteurs culturels, des loisirs et des sports, Les conseils généraux financent principalement les associations du secteur social de grande taille, Les régions et l’Europe se concentrent sur les secteurs de l’éducation et de la formation. Aujourd’hui, l’Etat entretient des relations financières avec près de la moitié des associations employeurs. Cette évolution reflète l’importance croissante des emplois aidés par l’Etat dans le secteur associatif.
Les financements privés restent estimatifs ; en 2006 25.000 associations ont déclaré 25 milliards de chiffre d’affaire à la TVA , dons particuliers et mécénat auraient atteint respectivement 2 milliards et un milliard. Le montant des cotisations serait de 10 milliards.
La concentration : 4 % des associations soit 30 000 à 40 000 « employeurs » sur 1 million, regroupent 80 % des salariés et des fonds publics.Or les fonds publics constituent 40% du budget associatif, situation unique dans l’OCDE.
La démesure des prétentions morales : l’association serait juste par statut et nature d’activité. En trente ans, elle est devenue moralement autonettoyante. Un tabou !
L’ outrecuidance des prétentions politiques.
Au président de l’Association des maires de France qui l’interrogeait sur la demande de la Conférence permanente des coordinations associatives (CPCA) de signer la charte des employeurs sur fonds publics, Michel Charasse répond le 5 novembre 2001 : « Vous m’envoyez le texte de déclaration commune avec les associations. Je trouve que ce texte est du baratin insipide qui noie le poisson. Je n’ai donc pas l’intention de m’associer à une démarche collective qui sent son curé et son gauchisme à plein nez. »
Démesure et outrecuidance n’ont pas échappé à Raymond Boudon, professeur émérite de sociologie à la Sorbonne qui commente l’opération « Don Quichotte » : « Que le pouvoir politique cède à la pression médiatique est très inquiétant sur l’état de nos institutions. Conséquence, la rue peut désormais »faire la loi» sans mandat, sans représentativité, et avec pour seule caution le coup médiatique. Du coup, des éléments essentiels de notre devenir peuvent se jouer au sein d’associations qui s’érigent en représentants autoproclamés de la population à l’occasion de crises.C’est un phénomène typiquement français que l’on ne retrouve dans aucun autre pays d’Europe. Le comble est que l’on nous fait croire que cette démocratie participative constituerait un degré supérieur de la démocratie » ( Le Figaro du 19 janvier 2007).
Au nom d’une supériorité morale par décret, ces Antigone subventionnées se prétendent représentatives de la société civile. Et comme leur existence dépend des administrations qui les ont constituées en courroies de transmission, elles sont devenues le bras séculier d’un secteur public déjà pléthorique.
Catherine Bidou décèle chez les classes moyennes françaises « une participation exceptionnelle au tissu associatif et une propension à prendre le pouvoir localement en colonisant la société civile dans les domaines éducatifs, culturels, voire dans la décision politique par voie élective ». Louis Chauvel poursuit : « À l’opposé des autres pays, la France reste marquée par des classes moyennes dont le rapport au politique en comparaison avec leur rapport à l’ordre économique est une caractéristique prédominante à la mesure du mouvement de 1968 et de leur conquête politique en 1981. » (1) Pierre Rosanvallon l’avait pressenti dés 1998 : «C’est l’aggravation du déséquilibre électoral du PS entre salariés du public et salariés du privé qui comporte des risques graves pour son avenir politique. Le clivage secteur public-secteur privé devient donc électoralement de plus en plus significatif>>
Marcel Gauchet en tire la conclusion sociologique la plus pertinente : « Voici pourquoi la déferlante individualiste continue de s’abattre sur le grand chaudron des bureaucraties redistributrices.»(2).
Ce désordre, tous les pouvoirs y ont contribué : gauche et droite, Paris et province, syndicats et patronat, grandes surfaces et gagne petits, partis politiques et corporations, faux nez administratifs et vrais affairistes, aigre fins Du coup tout le monde tient tout le monde sous le regard complice des médias : un noeud gordien. ! D’une loi de liberté, de gratuité et de civisme, ils ont fait une courroie de transmission, un outil de souplesse budgétaire et fiscale. Sous couvert de démocratie participative, voici la coalition des intérêts particuliers contre l’intérêt général Poudrière et noeud gordien!
Comment liquider le relativisme associatif ? en comblant un triple déficit de connaissance, de cohérence et de gouvernance.
L’Insee doit compter la dépense nationale associative, puis trier entre associations selon leur taille, le volume, l’origine et la nature de leurs ressources, la prédominance du bénévolat ou du salariat.
Le Président de la République doit créer l’instance de cohérence interministérielle qui fait tant défaux.
Le Parlement doit se doter d’un corps d’auditeurs à l’instar des grandes démocraties.
Le Conseil d’État doit proposer un statut pour « employeur associatif ». À l’instar de la Charity Commission britannique, la Cour des comptes doit se doter d’une « chambre des associations ».
Les financeurs et prescripteurs publics comme privés ( particuliers, élus, fonctionnaires, entreprises, notaires, partenaires sociaux, églises etc..) vont pouvoir réserver leur soutien à des associations dignes de ce beau nom parce que certifiées par des organismes indépendants comme l’AFNOR qui vient de créer un label associatif unique en Europe et susceptible de retenir l’intérêt de l’Union sous la présidence de la France au second semestre 2008.
L’élite du mouvement associatif va pouvoir faire la preuve d’une représentativité, une transparence et une gouvernance crédibles. Le Conseil National de la Vie Associative doit s’ouvrir aux provinciaux et aux bénévoles.
Nos prédécesseurs ont séparé l’Église de l’État, séparons l’association des caisses publiques, des urnes, des corporations et du marché. Moralisons la dépense publique pour laïciser la politique. Mieux qu’une rupture : La Réforme.
A la différence de ses prédécesseurs depuis trente ans, le nouveau président de la République n’est peut- être pas hostile à cette démarche si l’on en croit son discours lors du bi- centenaire de la Cour des Comptes le 5 novembre 2007.
<< Notre Etat a besoin d’une révolution intellectuelle et morale. La révolution intellectuelle pour moi c’est celle de la certification qui oblige à la transparence et la sincérité des comptes, et c’est celle de l’évaluation qui oblige chacun à se soucier des conséquences de ce qu’il décide et des résultats de ce qu’il entreprend. Je vous invite, Monsieur le Premier président, à engager une réflexion collective sur ce que pourraient être les pouvoirs, les moyens et l’organisation nécessaires pour que ce grand organisme d’audit public dont la France a besoin puisse voir le jour.Je souhaite que vous me fassiez part du résultat de vos réflexions dans un délai de trois mois >>.
Nicolas Sarkozy Président de la République. Bicentenaire de la Cour de Comptes le 5 Novembre 2007
NB : Le Premier Président de la Cour des Comptes , Philippe Seguin, a préfacé le livre « Associations lucratives sans but » Denoël. Novembre 1995.
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Par PPK
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| 11/08/2007 16:59
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