Eric Kaltenbach
Moscou

Je recommande vivement la lecture du traité d’athéologie de Michel Onfray à toute personne qui a envie de passer un bon moment mais également de s’instruire sur les tendances actuelles d’une certaine religiosité d’une certaine gauche.

L’auteur a du lui-même bien rigoler. Son livre est une sorte, de provocation jubilatoire, qui ne s’embarrasse pas beaucoup de rigueur intellectuelle.

Le caractère souvent très approximatif des arguments, l’emphase du style, l’accumulation d’effets de manche sur les millions de litres de sang, de mort de tortures, de souffrances a travers les ages, donne un cote littérature apocalyptique assez savoureux.

Ce n’est cependant pas uniquement un exercice de style

Il y a un objectif : établir qu’il a raison et que la vision de l’homme et le mode de vie qu’il préconise sont les seuls sinon possibles du moins légitimes.


Leonard avec nous !

Dans la critique du monothéisme, le traité d’athéologie rappelle étrangement le Code da Vinci : mêmes type d’approximations, même meli -melo de parcelles d’information habilement présentées pour donner l’impression d’une cohérence, même invocation de la femme, la femme, la femme au débit des grandes religions, même croyance a une sorte de complot plus ou moins occulte a travers les ages (on a fait disparaître des auteurs, on ne les cite pas, on ne les publie pas assez etc.)

Néanmoins il faut reconnaître a l’auteur plus de culture que celui du code, ce qui rend la lecture plus stimulante.

Cela étant, son absence totale de distance critique vis-à-vis de ses propres croyances est un motif de réjouissance dans pratiquement chaque chapitre !

Dans de nombreux cas, on devine qu’Onfray, a dessein, ne soumet pas ses propres idées à ses critères de la raison dans le but d’énerver le lecteur.

Par exemple, il a visiblement lu René Girard et parle de bouc émissaire, etc… Mais il fait semblant de croire que c’est le judaïsme qui a inventé l’inégalité ontologique entre les races (page 213). Il sait pourtant vraisemblablement que tous les peuples « primitifs » et païens, on pour caractéristique commune de se nommer en leur langue « êtres humains », par opposition a tous les autres qui sont ainsi renvoyé a leur animalité ou a leur monstruosité. Onfray d’ailleurs ne fait pas exception et on y reviendra.

Mais pour l’essentiel, force est de constater qu’il n’a sans doute pas conscience du caractère profondément religieux de sa pensée.Celle-ci est une réactualisation assez classique d’une gnose néo païenne, élitiste cléricale, manichéenne, négationniste et anti démocratique.

Arriver à vendre 300 000 exemplaires de telles idées ! On pourrait se rassurer en se disant que beaucoup de croyants ou d’indifférents ont acheté pour se faire une idée de l’état des lieux de l’athéisme, mais les commentaires sur les blogs ne permettent malheureusement pas de se faire d’illusion. Beaucoup de gens « croient » aux même credo.

Suivons donc son conseil concernant la bible et prenons son ouvrage un crayon a la main !


Gnostique

Et c’est parti ! Des le début on est au cœur de la question. Onfray croit qu’il sait. Des la troisième page de la préface il expose sa certitude.

Il se promène dans le désert. Son chauffeur est un musulman sincère, un saint suivant les dires de l’auteur (on reconnaît l’arbre a ses fruits). Il sait qu’il croit. Apitoiement d’Onfay qui lui a la certitude qu’il se trompe.


Cléricalisme

Page 1 de l’introduction on continue.
Ce qu’ Onfray est sur de savoir le place au dessus du commun des mortels. Cela lui permet une « compassion » pour « le peuple » toujours trompé, et une violente colère contre les élites toujours trompeuses, les « clergés » au sens le plus large. Quand même ! Ce peuple stupide qui ne comprend pas, se laisse abuser à travers les millénaires. Heureusement qu’il existe des sages, des philosophes, qui pourraient, peut être, le dessiller ?

Ce n’est malheureusement pas sûr, pour deux raisons :

1) Le peuple est vraiment trop bête
Nombreuses citations, voir notamment ce qu’Onfray pense du peuple en page 184 185…Pour qui n’est pas philosophe, la démagogie suffit. D’ailleurs Paul de tarse parlait aux charpentiers, aux filateurs… : La lie !
Seuls les « élus solaires » pensent !

2) Le mal triomphe toujours malgré les philosophes
manichéisme version pessimiste…(voir p 281, conclusion : a l’heure ou se profil un ultime combat, déjà perdu, entre les lumières…)

Tout a fait à son affaire post Marcusienne, une synthèse improbable entre marxisme antédiluvien un freudisme de bastringue, et un Nietzschéisme épuré d’a peu près tous ce qu’a dit Nietzsche, Onfray reformule l’éternel récrimination des clercs de la moyenne intelligentsia.

En théorie elle voit des aliénations partout, mais en pratique elle s’obstine à diviser le monde entre des fous et des méchants d’une part, des fous et méchants à la foi d’autre part en un oxymore assez typique de la cohérence de leur pensée. En effet soit on est fou et donc innocent, soit on est méchant et donc conscient.

Les fous sont le peuple : les bac moins quelques chose ou plus quelque chose, (mais moins qu’eux), les charpentiers par exemple, qui ne comprennent pas aussi bien qu’eux, ne les écoutent pas surtout, ou pas assez, et qui sont donc fous (leur raison n’est pas assez puissante pour les dessiller).

Les méchants sont des « élites » que l’on nommera désormais ultralibérale mondialisée pour ne plus avoir à dire bourgeoises ou cléricales.

Onfray et donc très en retard sur la sagesse biblique. Il ne voit pas que le riche peut être aliéné par sa richesse et le pauvre, (notamment en esprit) choisir d’être délibérément nuisible….). Pas de pitiés donc pour le jeune homme riche !

Son prêche pour un homme non libre, non responsable, non coupable, mais victime de ses déterminismes, de son inconscient etc… ne s’applique pas à l’élite ultralibérale. (Comparer avec page 83 et 85)

Depuis Freud, il n’y a pas de coupables, pas de responsabilité pas de libre arbitre, sauf pour ceux qui sont plus riches ou plus médiatiques ou plus au pouvoir qu’Onlay et ses copains. Pour ceux la, la raison raisonnante s’épuise. On revient au manichéisme, le bien et le mal.

Au passage, il y a un certain sel dans l’idée que pour Onfray, les seuls individus libres responsables et coupables sont les membres de l’élite ultralibérale mondialisée et cléricale... Un Freudien pourrait y voir une remonté de l’inconscient, un lapsus. Car curieusement, Onfray aimerait bien être libre même si cela n’existe pas.

On est a peine à la page 2 (28 dans l’édition de poche) et l’éclat de rire continue.

« Etrange comme le spectacle de l’aliénation du voisin fait sourire celui qui passe a coté de la sienne « nous dit il sans sourire ! Alors qu’il vient de s’inscrire hardiment en contradiction avec sa propre pensée au nom de ses « croyances » dans le caractère maléfique de ceux qu’il imagine au dessus de lui… !

C’est normal ! Comme dans toute religion, il faut « croire » en une puissance supérieure.

Dans le christianisme, on avait un petit enfant dans une crèche incarnation d’un dieu en principe bon qui se livre pour les hommes.

Pour Onfray comme d’ailleurs dans la plus part des religions païennes. Le principe supérieur, la source du sens social est une puissance toujours un peu maléfique. Ici, c’est le libéralisme pour faire court et moderne. Mais on a pu dire dans le passé, la bourgeoisie, le capitalisme, le clergé etc..

En principe il devrait être pour ce malheureux libéralisme. N’est ce pas la, dans sa compréhension du terme, le pur matérialisme immanent et contractuel qu’il appel de ses veux ? Mais non ! Sans que l’on ait droit a des détails, on nous rappel qu’il est a la source « de toute négativité au quotidien » excusez du peu!

D’une manière générale, les attributs accordés au libéralisme, pardon a l’ultralibéralisme marchandisateur et barbare, sont bien ceux des divinités antiques. Omniprésent, omniscient, tout puissant et éternellement vainqueur malgré les efforts des « philosophes ».

Pareil pour les religions. Finalement l’Amérique et Ben Laden, c’est un peu la même chose, il faut lutter mais de toute façon, ils vont gagner !

Dans la catégorie des gnosticismes manichéens, Onfray est quelque part entre les cathares et les chiites qui les uns et les autres pensaient que les « forces du mal » triomphent toujours.

Alors ? Onfray « visiteur » du 19eme siècle qui contrairement au comte de Monmirail, héros du film du même nom, ne croirait qu’en les forces du mal et pas en Dieu ?

Malheureusement pas.

Dans ce qu’il nomme « l’épistème judéo-chrétien » et qui nous aliénerait aujourd’hui, il voit la croyance dérisoire a l’existence de quelque chose qui existerait en dehors de la matière, du réel etc.

Bien sur, il ne voit pas que ce qu’il attaque, ce n’est pas l’existence de Dieu qui n’est qu’un mot, mais bien la foi en l’homme.

Laissons dieu de coté en effet puisque son inexistence est par définition aussi difficile à prouver que son existence.

D’un point de vue matérialiste, nous sommes des chimpanzés, 99,9% de gènes communs. Mais nous sommes beaucoup moins raisonnables, beaucoup moins « immanents ». Même Onfray doit constater que sa propre raison raisonnante, très a l’aise avec les discussion philosophiques, l’est sans doute beaucoup moins avec la vie quotidienne : jalousie, passion qui prendra le plus gros steak etc. La plus part de nos choix quotidiens ne sont pas fondés en raison justifiant l’hypothèse de l’existence d’une faille dans la raison humaine.

Nous connaissons depuis René Girard la principale vraie différence entre l’homme et le chimpanzé. Chez le Chimpanzé, des montages instinctuels gèrent la violence collective dans le groupe. Chez l’homme non. Celui-ci connaît la violence mimétique, le meurtre et le génocide, et ce, avec ou sans dieu, unique ou multiple.

Pour en limiter les effets, l’homme se sert de croyances que l’on nomme religion pour les plus anciennes, raison, marxisme, socialisme national ou international ou athéologie pour les plus récentes.

Les religions anciennes tentent de stabiliser les différences entre hommes pour qu’elles ne soient pas source de violence avec certains succès mais au détriment de toute liberté.

Le judéo christianisme appelle à les accepter, voir à les aimer. Chacun et libre de juger en fonction de ses connaissances historique les parts de succès et d’echecs.

Quid de la religion d’Onfray ? Elle appelle à les supprimer, ce qui est evidemment le plus sur moyen de déchaîner la violence collective née de l’angoisse de l’indifférenciation comme le prouve toute l’histoire du siècle passé.


Egalité, égalité, égalité, psalmodie Onfray ou le religieux au cœur de l’athée !


Le chimpanzé, contrairement à Onfray, ne se souci absolument pas d’égalité qui est un concept idéaliste, sans rapport aucun avec sa réalité immanente. Il exige des sacrifices ici et maintenant au nom d’un meilleur monde à venir. C’est donc un concept religieux au sens ou il les défini. La loi de la matière, de l’immanence, c’est la loi du plus fort (le surhomme ?). Cette espèce de religiosité, d’adoration pour un concept abstrait qui ne correspond à aucune réalité naturelle est bien ce qui différencie Onfray du Chimpanzé qu’il aspire à être.

Car, en effet, contrairement a ce qu’il affirme, les animaux hurlent à la lune (voir page 101)….Il y a donc bien en l’homme en tout cas chez Onfray, « quelque chose », « autre chose » que la seule matière qui en fait un homme.

En revanche, tous ceux qui ne penseraient pas comme lui, seraient d’une certaine manière, moins humain qu’un chimpanzé et certainement moins matérialistes et athées. « Quelque part », et notamment grâce a Freud c’est la foi parfaitement déraisonnable en une ultime dignité de la personne humaine qu’Onfray remet en cause. Mais pour les autres bien entendu.

Ici, on ne peut que donner raison à Onfray. L’épistème judéo chrétien se survit a lui-même. Le désir parfaitement irrationnel d’égalité est bien la putride continuation de valeurs chrétiennes au cœur même de sa pensée athée !


Difficile liberté !

Onfray nie l’existence de la liberté, qui serait une invention monothéiste pour créer la responsabilité et la culpabilité mais veut être égalitaire, libre et solaire,. Allons donc Michel, vous libre et solaire ? La psychanalyse ? Impossible ! (p113), ou alors vous faites ce que vous appelez du « prélèvement » Freud a dit personne n’est libre, je comprend Freud donc je suis libre quand même ?

A ce stade on croit deviner que, la liberté n’existerait pas pour les aliénés, ni pour les aliénant, mais demeure possible pour le philosophe.


Les femmes, les femmes, les femmes : nouvelle psalmodie

Pour Onfray, depuis quelques milliers d’années, elles seraient aliénées, dominées écartées, opprimées….La rigolade continue, mais mérite quelques commentaires.

On serait tenté de lui appliquer les méthodes qu’il utilise pour Paul.
Il faut bien peut connaître les femmes pour avoir une telle opinion sur elles…

Etonnant oublie du matérialisme. La répartition des rôles hommes femmes a longtemps été le fruit d ‘impératifs économiques de survie. En gros, les hommes chassent, les femmes cueillent prêt de la grotte. Mais non ! Il faut absolument trouver une force du mal, en l’occurrence les religions monothéistes pour expliquer ce qui découle très naturellement de la matière… ! Peu importe que les chasseurs aient pu être polythéistes du reste.

Les « autres » « voient en elles des vierges, des épouses et des mères » dit il. Lui voit LA FEMME. Sa cécité presque paulinienne étonne un peu. La plus part des femmes commencent vierges, certaine deviennent épouses voir mères, et parmi elles beaucoup le souhaitent, mais bon, il ne les voit pas. Comme en réalité à part ces deux dernières spécificités toute femme et un homme comme un autre en dehors d’une spécialisation fonctionnelle dans la sexualité hétéro centrée, en creux plus tôt qu’en relief, on serait tenté de penser qu‘Onfray ne voit au fond dans la femme qu’un objet sexuel. Sentiment renforcé par son hostilité récurrente vis-à-vis du concept de famille. Coucher ensemble oui, assumer les enfants ce n’est sans doute pas assez cynique hédoniste et voluptueux. Mais ce serait un procès d’intention. En revanche sa fascination féministe, d’un point de vue matérialiste et parfaitement compréhensible.

Aujourd’hui, on « chasse et cueille » au bureau, dans la mixité et même entre athés…
Ors, il appartient au milieu le plus macho du pays. Il y a dans le secteur éducation-recherche 7% de femmes a des postes de commandement contre 30% des personnels qui seraient en droit d’accéder a ces postes qui sont des femmes. (Pour mémoire, il y a 27% de chef d’entreprise femmes). Evoluant dans un milieux professionnel très féminisé, mais ou tous les chefs sont des hommes, Onfray, comme ses collègues, est un peu obligé d’entonner le cantique féministe et d’exiger la parité en politique, en entreprise, dans l’église, mais évidemment pas dans l’éducation et la recherche ou la négativité libérale doit sans doute s’opposer a tous progrès réel.

Comme pour le reste, Onfray ne voit en lui-même, « l’écharde paille » qu’il distingue gros comme une poutre chez Paul. Il lui échappe qu’elle ne constitue pas un problème insurmontable pour une large majorité de la population. Complexe de centralité désir de réorganiser le monde a son image qu’il dénonce pourtant avec aisance chez le « tarsiote ».

Onfray dirige une « université libre » (solaire ?, Mais depuis Freud, il faudrait peut être le renommer Université inconsciente ?).

Allez camarade, encore un effort, laisse ta place a une collègue avant qu’elle ne te prenne pour un Paul néo trotskiste. Il y aura enfin une femme patron d’université, même si elle n’est que libre et que la liberté n’existe plus !

Peut être alors étanchera-t-elle ta soif, quelle qu’elle soit, comme la Samaritaine….( même si pour lui le Christ est tellement abstrait qu’il n’a jamais soif)

Rien a faire ! Entre deux candidats a la présidentielle de 2002 également athées a notre connaissance et d’ailleurs également fascistes si on en croit ses critères, il ne peut s’empêcher de choisir l’homme. La prochaine fois, vote Arlette camarade ! Ne serais ce que pour le principe !

Les fascismes ! On trouve la un révisionnisme assez classique. On appelle fascisme un peu tout et n’importe quoi. On range dans le même sac Pinochet et Hitler, Franco et pourquoi pas, Bush, on fait une vague allusion au socialisme réel sous le nom de Stalinisme, en le rangeant dans les fascismes, sans se demander ce qu’il doit a la pensée marxiste par ailleurs régulièrement encensée pour son matérialisme, et on conclu qu’Adolf était fasciné par le Christ chassant les marchant du temple preuve de la collusion évidente entre catholique et Nazis… !

Curieusement, que le programme d’Hitler soit démarqué de celui de Marx, qu’il suffise de remplacer occident par libéralisme ultra mondialisé dans les discours islamistes cités pour retomber sur le programme exact de son candidat a la présidentielle en 2002 ( Besancenot) ne le frappe pas. Il y aurait la, pourtant, matière a charger encore les monothéismes et leur influence pernicieuse sur les laïcs modernes.


Antidémocratique

Ayant découvert que les fascismes appellent a une logique post politique (271) il en appelle lui-même a un règne universel de la raison en page 270. Il dénonce ceux qui croient qu’il n’y a ni droite ni gauche.

Pourtant, si tout le monde était raisonnable pourquoi une droite et une gauche ? . Des lors que l’on a « proscrit la pensée magique, condamné la superstition, refusé l’intolérance » il ne devrait plus y avoir de méchants pour voter différemment…

La tolérance c’est, on le sait, tolérer des choses qui sont illégitimes en principe. Elle diffère donc de la justice qui visiblement n’intéresse pas Onfray . Il est prêt a tolérer qui ne pense pas comme lui, mais on voit bien que cela ne signifie pas qu’il resterait une droite et une gauche puisque la droite est illégitime par nature (libérale, donc négative). La droite serait donc tolérée a conditions de ne pas s’exprimer.

Très logiquement, il appelle ailleurs à une grève générale en cas de second tour Sarkozy Le Pen… !

Belle vision de la démocratie. Je vous tolère, mais pas question que vous ne votiez pas comme moi !


Solaire

Enfin, Onfray voit du « solaire » partout. L’individu solaire libre et fort etc…
On ne voit pas très bien ce que le soleil a a voir avec l’homme d’un point de vue matérialiste- bronzé ?- Non !

La religion d’Onfray a une apparence, un « marxianisme » relooké pour oublier le socialisme réel, qui divise en apparence le monde entre dominant ( méchants) et dominés ( fous). Donc un dualisme manichéen. Il a une réalité. Une vision indoeuropéenne dans laquelle Onfray et ses copains, les prêtres libres et solaires de la trilogie, apporteront enfin la vérité raisonnable, (et non scientifique puisqu’ils sont philosophes) aux autres.

Onfray tire la raison par les cheveux pour voir dans le juif Jésus qu’il juge désincarné et sans désirs sexuels une figure anthropomorphe male et aryenne( ! p 48). En revanche, c’est sans aucune difficulté que la raison nous montre une parenté évidente entre sa société trilogique et solaire et la pensée de la nouvelle droite païenne….

Au passage, il est particulièrement savoureux que les raeliens aient immédiatement reconnu leur parenté avec Onfray et l’aient nomme prêtre d’honneur….

Tous cela peut avoir un coté sympathique tant que l’on reste dans la fiction. Demain un film inspiré du livre avec Audrey Tautou libérée de la famille, de la maternité et en libre accès égalitaire pour tous ? Ca va être chaud !

Alors, de vieilles soupes dans une nouvelle marmite ? Les visiteurs du 19eme ? Pas uniquement sans doute. Hâtons nous de rire quand il est encore temps.

La pensée d’Onfray marque un recul supplémentaire dans la foi en une dignité ultime de tous les hommes.

Le Marxisme, les socialismes, étaient encore « quelque part » des humanismes. On a pu efficacement massacrer des soi disants koulaks et juifs en tentant de les exclure de l’humanité. Pour être des « sous hommes », ils restaient « quelque part » des hommes. Marx constatait a regret l’inaptitude congénital des Juifs et Hongrois au socialisme, son gendre voyait dans les gazs modernes une solution humaine et prémonitoire à cette difficile question. « Quelque part » a nouveau, ils étaient plus victime que coupables.

Mais ici tous peuvent être exclus. Le pire est à craindre…Onfray voit sans doute ce qui le distingue, lui, du Chimpanzé sans réaliser qu’il s’agit d’un acte de foi peu matérialiste. (On s’étonne au passage qu’il jette avec l’eau du bain le surhomme Nietzschéen). Il n’est pas sur qu’il étende ce distinguo aux autres hommes puisqu’en dehors des « Solaires » personne n’est libre donc personne n’est coupable et donc, personne n’est innocent qui ne pense pas comme lui…


Numérotons nos abatis ! Avec les « nouveaux solaires » ça va vraiment chauffer ! Sol invictus !
 
Mercredi 15 mars 2006
Michel Onfray raélien d'honneur malgré lui


LE MONDE | 15.03.06 | 13h08 • Mis à jour le 15.03.06 | 14h16

Présenté par son éditeur, Grasset, comme "le philosophe le plus lu de France", Michel Onfray ne goûte guère l'hommage que vient de lui rendre le mouvement raélien, cette "religion athée". L'affaire est datée du 4 mars, jour qui vit Claude Vorilhon, alias "Prophète Raël", attribuer le titre de "prêtre honoraire" à l'auteur adulé autant que controversé de la Contre-histoire de la philosophie. La décision du "prophète" vient d'être rendue publique, à Miami (Etats-Unis), par le service de presse raélien.

"La vision philosophique de Michel Onfray, telle que décrite dans ses nombreux ouvrages et ses exposés, est très proche de celle enseignée par le Prophète Raël. Prônant hédonisme, sensualité, mieux-vivre, révolte contre dogmatisme, conformisme et tout conservatisme, il affiche en outre un athéisme sans concession et dénonce les méfaits de tous les monothéismes", expliquent les proches de M. Vorilhon, ancien journaliste sportif à Clermont-Ferrand.

Ils ajoutent que "des extraits" des écrits du philosophe sont publiés sur leur site. Comme celui-ci, tiré de l'ouvrage intitulé Cynismes (2000) : "Devant n'importe quelle puissance qui exige la soumission et des sacrifices de toutes sortes, la tâche du philosophe est d'être irrespectueux, mutin, coquin, indiscipliné et insoumis. Rebelle et désobéissant, bien que convaincu que sa tâche est désespérée, il doit incarner la résistance contre le Léviathan et ses porteurs d'eau. Avec les affaires politiques, on doit être irrespectueux et athée." Lors du dernier congrès international raélien, organisé en Suisse, du 6 au 9 octobre 2005, le fondateur de la secte raélienne avait également nommé "prêtre honoraire" Michel Houellebecq pour les idées développées dans La Possibilité d'une île (Fayard).

A son domicile d'Argentan (Orne), Michel Onfray ne décolère pas. "J'apprends avec stupéfaction que Raël vient de me nommer "prêtre honoraire du mouvement raélien" et le fait savoir par un communiqué de presse international qui inonde les rédactions françaises, déclare-t-il. Il faut n'avoir jamais lu mes livres pour supposer que, depuis des années, je défends des positions "très proches" des siennes et trouver des points communs entre sa secte et ma critique radicale de toutes les religions - le Traité d'athéologie en témoigne... -, sans exclusives, sa secte obéissant aux mêmes lois qui régissent celles des religions ayant historiquement réussi ! J'ai pour habitude de définir la religion comme "une secte qui a réussi" ; dès lors, je me sens peu suspect d'être enrôlable dans cette entreprise qui permet à Raël d'utiliser habilement la mécanique médiatique pour faire la promotion de son mouvement. Mon éditeur et moi-même allons entreprendre une action en justice."

Dans son message de Miami, M. Vorilhon exprime aussi "son total soutien aux douze écrivains signataires du manifeste dénonçant le totalitarisme islamique publié sur Charlie Hebdo". Il propose de devenir le treizième signataire et rappelle la teneur du manifeste publié par son mouvement le 6 février 2006 : "Les manifestations violentes à la suite des caricatures d'un prophète constituent juste un petit détail qui révèle un autre danger : celui de nos propres valeurs modernes et libertés détruites par des gens intolérants, qui recherchent la domination et nous entraînent à nouveau au Moyen âge."

Pour mieux se faire comprendre, Raël prend soin de citer, une nouvelle fois, le philosophe d'Argentan. "Les trois monothéismes - je veux dire vraiment les trois d'entre eux - enseignent fondamentalement la même haine envers les femmes, les désirs, les pulsions, les passions, la sensualité et la liberté, toutes les libertés. Ne nous excitons pas quant à l'importance ou non d'enseigner les religions à l'école ! L'urgence est l'enseignement de l'athéisme."

Célèbre pour avoir annoncé, fin 2002, sans jamais en fournir la preuve, qu'elle avait créé un être humain par clonage, la secte affirme compter 60 000 membres, dans 86 pays, qui s'unissent pour diffuser les messages envoyés à Raël par des êtres venus de l'espace et appelés Elohim.

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