France: "Pluralisme religieux, quelle âme pour l’Europe ?",
date: 2005-11-16 | rapporteur d'info: nicolas


« Protestantisme et conformisme : Immigration et Islam »
Colloque organisé dans le cadre du CRITIC
par M-Th Urvoy et G. Gobillot.
Les vendredi 25 et samedi 26 novembre 2005.

PP. Kaltenbach

Chers amis,

Ayant vivement apprécié la remarquable rencontre d’Eischtätt l’an passé, je n’en regrette que davantage de ne pouvoir être des vôtres à Lyon ces 24/26 novembre 2005.
Vous avez souhaité de ma part une contribution intitulée « Protestantisme et islamophilie ».
Cinq raisons m’ont conduit à traiter un autre sujet ( la principale raison non dite étant de vous être utile dans votre travail académique) : « Protestantisme et conformisme : Immigration et Islam »

Première raison
J’ai déjà traité le thème de la compromission entre protestantisme et islamophilie notamment à propos du journaliste du Monde X. Ternissien. Vous trouverez à ce sujet plusieurs textes et échanges vifs sur Google et sur mon blog : www.ppkaltenbach.org

Seconde raison
La meilleure analyse du phénomène , nous la devons à notre maître et ami, Jacques Ellul. « Subversion du christianisme ». Le Seuil 1984 et « Islam et judeo-christianisme ». PUF 2004. Inédits. Sous le titre « Les trois piliers du conformisme » que je vous recommande.

Troisième raison
Rien ne distingue l’islamophilie des milieux dits « protestants » ( en réalité réformés, parisiens, permanents, politisés, médiatiques, universitaires, professionnels, progressistes, pro homosexuels, pro palestiniens etc bref notre « clergé » !!….) de l’islamophilie non protestante.

Quatrième raison
Le protestantisme réel est désormais largement « hors les murs » des églises traditionnelles
La réalité protestante a totalement changé en trente ans. Les mouvances évangéliques constituent sans doute entre 66% et 75 % du peuple issus de la Réforme. Les églises officielles Luthéro-Réformées, surtout concordataires, connaissent le même déclin qu’aux USA pour prendre l’exemple d’une nation protestante « traditionnelle » . Et c’est dans les domaines sensibles de la relation à L’Ecriture, au régime presbytero synodal, à la Famille, à l‘engagement bénévole, à Israêl et à l’islam que la différence se creuse.Ce bouleversement peut être riche de conséquences et pas seulement pour le protestantisme. ( Lire Sébastien Fath). Et s’il est exclu de conclure à une américanisation des protestants en France, il est utile et nécesssaire de se demander ce qui peut traverser l’Atlantique. Telle a été la question du dernier colloque de nos associations au Sénat le 16 septembre avec une forte délégation de responsables évangéliques

Cinquième raison
Autant dans le champ institutionnel, je n’ai aucune autorité, je ne représente personne, et je suscite l’ostracisme des « officiels », autant- en raison de mon activité professionnelle comme bénévole depuis 25 ans - je suis sans doute perçu et qualifié de « représentatif » du protestantisme en France sur les questions de famille, d’association, de laîcité, d’islam et de dépense publique.

Pour ces cinq raisons, j’ai établi à votre attention le dossier de travail ci-joint.

Bon colloque. Avec mes fraternelles salutations.

PP. Kaltenbach .


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Sommaire

I « La France une chance pour l’Islam » Le Félin .
J.H .et PP.Kaltenbach 1991
¨Préface Pierre Chaunu.
Protestant, Membre de l’Institut, membre de la Commission Marceau Long.

II 15 mars 1991
« Le Monde »:
”La France peut favoriser la naissance d’un islam réformé”
Robert Solé : entretien avec PPK
1997

III L’ISLAM EST-IL SOLUBLE DANS LA REPUBLIQUE ?
REVUE PANORAMIQUES N° 29 Mars 1997
J.H Kaltenbach

IV 1997
Associations Familiales Protestantes

COMMUNIQUE
“NON AU VOILE”
“NON AU CONSEIL D’ETAT”
“OUI AU CODE CIVIL Janvier 1997

V 2004
« Entre grande et petite laïcité »
Sous le voile, la femme et la liberté, pas l'extrême droite ! »
Opinions protestantes
Février 2004

VI 2004 « Islam seconde religion de France ? Entre urnes et Croissant, électeurs ou musulmans ? »

VII 2005. 16 Septembre. Controverse au Sénat. La « révolution conservatrice » américaine peut-elle traverser l’Atlantique ? »

VIII Banlieues 2005 « Fin du « modèle français » ou Modèle de Désastre ? »
Guide de lecture du
RAPPORT AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
L'ACCUEIL DES IMMIGRANTS ET L'INTÉGRATION DES POPULATIONS ISSUES DE L'IMMIGRATION
(Rapporteur P.Seguin. Novembre 2004)

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(PPKaltenbach.org/ CPDH - Disclaimer) ajoutée le 2005-11-16

Islam et Protestantisme en France

Un cas représentatif :
 Les Associations Familiales Protestantes
 1984-2005

 Présentation

(Le présent point de vue n’engage que l’auteur lequel, s’il ne dispose d’aucune autorité institutionnelle, est considéré représentatif du protestantisme local).
P.P. Kaltenbach, né en 1936, quatre enfants et 7 petits-enfants. Conseiller Maître honoraire de la Cour des Comptes, V° chambre, (secteur associations, immigration et emploi). Président de l’INED et du FAS, membre de la Commission Marceau Long, auteur de « La France une chance pour l’Islam » 1991, « Associations lucratives sans but » 1995, « Tartuffe aux affaires 1980-2000 » 2001, Président des Associations Familiales Protestantes, Administrateur de l’Union Nationale des Associations Familiales. En 1990, il a créé Entreprendre en France  organisme aidant à la création d’entreprise  par caution à des personnes issues de l’immigration. En 1994 il a suscité la naissance de l’Union des Familles musulmanes de France.
Depuis 2000, il est connu pour son activité en matière de certification des organismes faisant appel à la générosité publique. Et notamment de l’Armée du Salut.
Son épouse a écrit avec Michele Tribalat : "La République et l'islam. Entre crainte et aveuglement" Gallimard 2002 Prix de l'Académie Française et de l'IHEDN.

L’auteur participe au débat depuis la Commission sur la nationalité présidée par M. Marceau Long en novembre 1986 jusqu’aux banlieues en feu de novembre 2005. Concernant le protestantisme réformé, il a profité de l’amitié active de Jacques Ellul, Pierre Chaunu et France Quéré.
Sa proposition mêle à part égale bienveillance des pratiques et fermeté des principes. Autant la France, fidèle à son idéal, doit faire preuve de totale tolérance dans l’équité de traitement des hommes, autant convient-il de rester inflexible sur les principes envers les groupes et les régimes qui prônent un système juridique et politique incompatible avec le notre.
En particulier le conformisme islamophile des intellectuels et des médias doit être combattu. (CF Jacques Ellul : « La subversion du Christianisme » (Seuil  1984) et « Islam et judéo christianisme » (PUF 2004).

Documentation publique
www.ppkaltenbach.org.
Divers articles.
11/11/05 - BANLIEUES 2005. Fin du modèle français ou Modèle de désastre ?
22/04/05 - Islam, 3e religion de France ? Vivement la certification des cultes
22/04/05 - Pour un centenaire de la loi de 1905 utile
20/04/05 - Quand Xavier Ternissien (Le Monde du 18 janvier 2003) "sollicite" la Fédération Protestante
01/04/05 - Sous le voile, la femme et la liberté, pas l'extrême-droite !
26/03/05 - Choc ou pas choc ? Des religions ? Des civilisations? Ou choc juridique ?
23/03/05 - La France, une chance pour l'Islam
23/03/05 - Est-il permis de soutenir Israël?
23/03/05 - Pour un islam réformé de France


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Sommaire du dossier

I «  La France une chance pour l’Islam » Le Félin .
   J.H .et PP.Kaltenbach 1991
¨Préface Pierre Chaunu.
 Protestant, Membre de l’Institut, membre de la Commission Marceau Long.

II 15 mars 1991
« Le Monde »:
”La France peut favoriser la naissance d’un islam réformé”
 Robert Solé : entretien avec PPK
1997
 
 III L’ISLAM  EST-IL SOLUBLE DANS LA REPUBLIQUE ?
 REVUE PANORAMIQUES N° 29 Mars 1997
J.H Kaltenbach

IV 1997
Associations Familiales Protestantes

COMMUNIQUE

    “NON AU VOILE”   
        “NON AU CONSEIL D’ETAT”              
            “OUI AU CODE CIVIL Janvier 1997
   
V 2004
 « Entre grande et petite laïcité »
Sous le voile, la femme et la liberté, pas l'extrême droite ! »
Opinions protestantes
Février 2004

VI 2004 « Islam seconde religion de France ? Entre urnes et Croissant, électeurs ou musulmans ? »

VII 2005. 16 Septembre. Controverse au Sénat. La « révolution conservatrice » américaine peut-elle traverser l’Atlantique ? »
 
VIII Banlieues 2005 «  Fin du « modèle français » ou Modèle de Désastre ? »
Guide de lecture du
RAPPORT AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
L'ACCUEIL DES IMMIGRANTS ET L'INTÉGRATION DES POPULATIONS ISSUES DE L'IMMIGRATION
( Rapporteur P.Seguin .Novembre 2004)











DOSSIER

 I   «  La France une chance pour l’Islam » Le Félin .
   J.H .et PP.Kaltenbach 1991

¨Préface Pierre Chaunu.
 Protestant, Membre de l’Institut,membre de la commission Marceau Long.


« Pierre-Patrick et Jeanne-Hélène Kaltenbach ont bien mérité de la patrie... des hommes ; ils disent juste et bien, concrètement, avec humour et tendresse, le souhaitable, le possible ; ils ont même une chance, certes, dans l'immédiat, infime – on peut toujours rêver – d'être  entendus. À court terme, c'est peu probable ; à long et à moyen terme, vous pouvez les jouer gagnants à mille contre un.
Oui, nous avions beaucoup travaillé dans cette Commission de la nationalité ouverte, pluraliste, transparente, courtoise. Savoir est une chose, croire, c'est-à-dire vivre, en est une autre. J'ai compris que ce que je savais était de peu de poids à côté de ce qu'ils vivaient, eux les acteurs, voyageurs sans beaucoup de bagages en quête d'un coin où poser la tête et gardiens inquiets du foyer laborieusement aménagé, de cette sombre histoire « méditerranéenne », comme une tragédie grecque, pleine de grondements, de colère, zébrée de blessures cachées et d'élans déçus, où la haine, la rancune et l'amour se croisent, inextricablement, et se mêlent. Entre la haine et l'amour, vous le savez bien, à long et à moyen terme, la haine ne fait pas le poids. Vous pouvez donc jouer l'amour gagnant. C'est le pari des Kaltenbach. Oui, ils ont été passionnés ; oui, ils ont été raisonnables.

Parlons clair. Notre créneau à nous, c'est le Maghreb. Le créneau de l'Europe, ragaillardie par la levée d'écrou des cousins de l'Est dévasté, momentanément, par sept et cinq décennies de « bêtise » militante, c'est la faille à fort gradient qui sépare durablement le monde post-industriel issu de la chrétienté laïcisée et asséchée de l'électronique et des minijupes du monde araboberbéro-turco-musulman, en cet instant où le différentiel des pressions démographiques passe par un paroxysme bref mais générateur de tensions. Si la fécondité reste ce qu'elle est au Nord, il est clair qu'il n'y a pas de solution, ni de survie envisageable pour ce que nous aimons. L'implosion nous détruira implacablement, et rien ne peut empêcher qu'elle ne se mondialise, comme la pandémie de la peste noire ou du sida. J'avais prévu, calculé, ce risque en 1979 (Un futur sans avenir, Calmann-Lévy), la thèse a été développée et étayée, peu avant sa mort, par Jean Bourgeois-Pichat (Population, 1988, n-1). Ce qui se joue c'est le destin planétaire, et nous y avons part.

L'implosion généralisée est le danger numéro un, à la limite le seul, que les séquelles de l'explosion des tiers mondes continuent à masquer aux yeux myopes des projectionnistes du lendemain dans le prolongement de la veille.
À plus court terme, et à une échelle plus restreinte, il est clair que, par hysteresis, et en dépit de la glissade de la fécondité esquissée dans le monde musulman, il y aura deux milliards d'hommes dans la tradition et la mouvance musulmanes dans environ trente ans, un homme sur quatre pour le moins, c'est la première évidence.
Ce monde nombreux est un monde malade. S'il vous paraît agressif, c'est parce qu'il est malade et qu'inconsciemment il le sent, faute peut-être de le savoir. Lisez attentivement Kaltenbach, il vous en fournit la preuve à chaque page.
Ce monde, heureusement, est multiple, pulvérulent, aussi complexe que nos chrétientés et, plus encore que nous, divisé.
Il n'y a jamais eu que deux spiritualités. Sans lien organique entre Je, Nous, le Cosmos et le Destin ; sans spiritualité il n'y a pas plus de vie humaine durable que de poisson rouge hors du bocal. Chrétiens, plus ou moins laïcisés, juifs et musulmans, nous sommes du même côté, nous aspirons à rejoindre le Transcendant. Notre commun désir, au-delà de la mort assumée, est désir d'éternité. L'autre moitié de l'humanité, du paganisme dont le sommet est stoïcien et le meilleur aujourd'hui bouddhiste, compense par la rude ascèse qui débouche sur l'amour du destin. À leur terme ultime, ces deux parallèles se rejoignent. Aimer la totalité cosmique et s'y fondre, n'est-ce pas, par un long détour, s'approcher du point que l'on ne peut atteindre que si on accepte d'y être porté ? Les ultimes hoquets du marxisme, cette hérésie du christianisme, excroissance d'une page tournée de la mutation industrielle, prouvent qu'il n'y a pas d'alternative à une forme cohérente de spiritualité.
Nos traditions sont proches, c'est pourquoi elles sont difficiles à accorder. La difficulté, la
À propos du dossier de l'immigration, les princes qui nous gouvernent ont failli à leur mission quand il aurait fallu nous informer et nous rendre vertueux ; telle est pourtant leur permanente prétention..
 seule, elle est de taille, découle de la Charia. La Charia, entendez concrètement la manière de vivre l'islam en société, le droit non séparé de la foi. Rite hanafite, école malékite, école chafite, école hanbalite et en ultime recours l'Ijtihad, qui permet de combler les vides ou de substituer en douceur, ce qui a cessé d'être possible. Je suis assez d'accord avec Bruno Étienne, nous attribuons à l'islam ce qui vient de la périphérie, d'une périphérie qui est en train de s'effondrer. Il suffit de voir comment d'une génération à l'autre on passe de sept enfants à un, voire à moins, de l'explosion à l'implosion, suivant un modèle italien aggravé. Les barbus peuvent défiler dans la rue, les femmes leur échappent et c'est par elles que s'effectue le mouvement.

Refuser le mouvement, c'est prendre le risque de l'explosion.
Aidons un islam français à réussir l'adaptation du monde moderne, à réaliser cette Charia bien tempérée qui préservera les valeurs spirituelles de l'islam, dont l'humanité a besoin. Quand Kaltenbach, Étienne et Chaunu suggèrent de s'inspirer d'un modèle protestant, nul, pensent-ils, ne pourra les suspecter de manier le mépris. Ils offrent ce qu'ils pensent être sinon le meilleur, du moins le plus convenable.
La séparation des deux royaumes (je préfère le multidénominationalisme anglo-saxon à notre laïcité hargneuse) est au cœur du christianisme. L'Éternel se contente du vide du sabbat et nous abandonne la semaine pour l'exercice de la liberté, qui est poursuite, à notre échelle, de la Création.
La difficulté de l'islam, plus encore que pour le judaïsme, est celle de la transcendance non tempérée, sans le pont de l'Incarnation. Mais l'Incarnation, quand elle est vécue au quotidien, finit par atténuer la transcendance. C'est pourquoi un islam contemplatif, mystique, est pour nous une utile mise en garde. La complémentarité est fructueuse. Le problème qui se pose aujourd'hui à l'islam, plus redoutable qu'il ne le fut pour nous voici deux siècles, est un problème d'exégèse.
Et si le « Richard Simon » du Coran incréé enseignait demain dans cette Faculté de théologie musulmane que nous voudrions voir s'installer demain à Strasbourg, dans notre Alsace qui a su garder la laïcité bien tempéré du Régime concordataire et des Articles organiques ?
Pour près de la moitié de la planète, l'alternative s'inscrit entre un islam bien tempéré, modernisé, ouvert à la science, dégageant autour de l'axe central de la Révélation épurée des scories des siècles passés un large couloir de circulation pour la Création et les fructueuses adaptations dans l'ordre des causes secondes, champ de nos libertés, et l'effondrement de tout, foi, valeurs, ordre, commencement d'harmonie, dans le chaos.
Vivre avec nos frères un islam moderne et vivant que des nôtres auront aidé à bâtir ne sera pas tâche facile. Mais le jeu en vaut la chandelle. Le malheur des uns n'a jamais fait, contrairement à l'adage, que le malheur de tous. À l'injonction de l'Éternel (Deutéronome 30, 15-20) je réponds : « Je choisis la vie. » PIERRE CHAUNU de l'Institut
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 II 15 mars 1991
 Le Monde:
”La France peut favoriser la naissance d’un islam réformé”
 Robert Solé : entretien avec PPK

 I L'islam en France est une question délicate, que l'on aborde généralement avec beaucoup de précautions. Dans votre livre, vous n'y allez pas de main morte … ?

Montesquieu conseille de dramatiser ce qui est léger et de dédramatiser ce qui est grave.  J'ajouterai deux idées. Quand on respecte vraiment les gens on leur dit sa conviction L'important est moins d'être d'accord que de localiser clairement les désaccords. Pareillement, quand on respecte les mots, on ne les emploie pas à tort et à travers. Je dis par exemple qu'en France, il n'y a pas plus de  "communauté", que de "peuples , au singulier comme au pluriel, sinon pourquoi ne pas parler de "communauté corse "et de "peuple arabe" ?

  II La présence de musulmans en France ne date pas d'aujourd'hui. Qu'y a t il de nouveau qui justifie la gravité et la vivacité de votre intervention ... ?

 Pour la première fois de sa longue histoire, la France découvre l'islam à domicile C'est un événement historique  unique, la rencontre ici de deux grandes civilisations.
Hier l'immigration soulevait des difficultés d'ordre économique et social. Aujourd'hui, ce qui est en cause c'est notre conception du code civil, de la laïcité, de la nationalité, de la famille, bref de tout ce qui fait notre identité individuelle et collective, éthique et politique, dans un contexte international marqué par le décrochage économique et l'embrasement religieux du Sud. Désormais tout se mêle, le pétrole, Jérusalem, le Maghreb et nos banlieues. A la différence de tous les autres pays, la France est au coeur de ces multiples cyclones et l'on doit saluer le calme avec lequel tous ses habitants ont su traverser la guerre du Golfe. Reste qu'après dix ans de faux-fuyants, il devient urgent de parler autrement et de gouverner vraiment.

III L'Islam est il compatible avec la société française ?

Comme Foi, totalement. Mais comme Droit certainement pas. Dans leur état actuel, pris globalement, les droits privés musulmans sont incompatibles avec le Code Civil. En la matière aucun "enrichissement des cultures par les différences "n'est praticable. Or nos “autorités” se laissent aller depuis quelques temps à de dangereuses facilités.
Ainsi les effets d'une union polygame contractée à l'étranger sont ils admis, qu'il s'agisse de pension alimentaire, de droits sociaux, ou de succession au profit de la seconde femme. Des tribunaux français acceptent ce que refusent les tribunaux Tunisiens : une répudiation prononcée au Maroc. Le problème ne vient pas de l'immigration mais du fait qu' à deux heures d'avion de Paris vivent 60 millions de francophones jeunes qui entretiennent avec trois millions de leurs parents et amis ici un véritable fleuve de relations économiques, téléphoniques, affectives, culturelles et politiques.
Or les gouvernements de ces pays subissent l'agression croissante d'un islamisme radical qui place au premier rang de ses revendications le retour à la Charia, la Loi musulmane, dans ce qu'elle a de plus strict en matière de famille et de femme. Nous devons donc nous préparer calmement à refuser la revendication de statuts personnels musulmans qui varieraient en fonction de l'origine géographique ou de l'instabilité politique des uns et des autres.
Mais qu'on y prenne garde, ceci n'ira pas sans questionnements redoutables pour nous-mêmes : au nom de quel principe refuser la polygamie qui codifie les droits du plus faible lorsque l'on admet la multiplication d'unions libres qui organisent la jungle sur fonds publics ?

  IV   Le calme  observé lors des événements du Golfe semble prouver que l'opinion française - immigrés et étrangers compris -a pris la bonne mesure de l'ampleur et de la complexité des enjeux sociaux et internationaux de l'immigration  ?

C'est une sorte de miracle politique et social. Nos” élites” - ceux qui ont le pouvoir, le savoir et surtout la parole- n'ont pourtant pas été à la hauteur. On a exaspéré les gens en les sommant, au quotidien, de prouver qu'ils n'étaient ni racistes ni mauvais patriotes, en les manipulant à coup de concerts de slogans et de chiffres faux. On a invité les français à l'expiation pour colonialisme et à la résignation pour insuffisance démographique. Ils ont subi sans broncher les effets cumulés de l'incohérence gouvernementale, de la faiblesse administrative, de l'insuffisance des statistiques et des connaissances, de l'appropriation sans contrôle des subventions, de la sclérose associative, enfin du conformisme médiatique.
Les travailleurs sociaux ont trop fait pour les jeunes et bien peu pour la famille. LesTiers-Mondistes ont fait silence sur le Maghreb alors qu'ils nous abreuvaient de Nicaragua, Pretoria et Nouméa. Les “autorités religieuses et morales” ont fait silence sur le statut de la femme alors qu'elles se multipliaient en considérations sur l'oecuménisme. Le miracle c'est que dans un tel gâchis la France n'ait connu aucune émeute raciale. C'est dire si, étrangers et français, juifs  et musulmans, chrétiens  et francs-maçons sont des gens raisonnables car on avait à peu prés tout fait pour qu'ils se battent .


V  Pour s'intégrer en France, les musulmans doivent ils se "désislamiser" ?

Pas du tout. Il faut et il suffit de séparer la Loi de la Foi et démontrer à nos compatriotes musulmans que ce faisant ils ne trahissent point leur religion. Il faut leur proposer ce que j'appelle une charria bien tempérée qui, de Casablanca à Sumatra, sans oublier l'Afrique Noire sélectionnerait toutes celles des pratiques observables en  terres d'islam qui sont compatibles avec notre code civil et notre laïcité, par exemple le mariage tunisien (sans répudiation ni polygamie), l'adoption et les droits de l'enfant naturel comme en Afrique Noire, l'héritage à la Yéménite ou à l'Iranienne ( égalité entre filles et fils), une autorité parentale à l'Indonésienne( sans prééminence masculine ) et tout cela ferait d'excellents musulmans français sans qu'aucun théologien musulman étranger ne puisse rien trouver à y redire .
Pourquoi l'islam ne pourrait-il pas connaître la Réforme qu'a connue le christianisme ? La Réforme a été une "dé-romanisation", non un recul de la Foi. Et si des français ont pu se passer du Latin, pourquoi des perses ou des sénégalais ne pourraient-ils se passer de l'Arabe ?

VI Que faut-il faire pour favoriser cette réforme ?

Il faut faire preuve de bienveillance et de pragmatisme en écoutant les propositions d'hommes aussi divers que Pierre Chaunu et Bruno Etienne. Il faut dire "Bienvenue à l'islam en France", et lui offrir ce que nous avons de mieux : devenir ici une religion parmi d'autres, avec tous les droits et tous les devoirs. Citons le bénéfice du Concordat en Alsace Moselle qui implique le salariat des religieux sur fonds publics et l'ouverture d'une faculté libre de théologie musulmane à Strasbourg gérée par des citoyens français ; citons la possibilité de lieux de cultes et de carrés dans les cimetières, l'organisation de l'abattage rituel, et le jour venu, l'aide à des écoles privées. Mais tout ceci doit se faire dans le respect intransigeant des grands principes. Il faut par exemple rendre la mosquée française de Paris actuellement  placée sous la responsabilité du gouvernement Algérien à la communauté des musulmans organisés en France. Nos rois n'auraient pas toléré les ingérences étrangères auxquelles nous consentons actuellement en matière religieuse comme en matière de médias. Il faut dénoncer la convention familiale conclue en 1981 avec le Maroc  comme incompatible avec le code civil. Il faut interdire que s'organisent sous le masque d'associations de la Loi de 1901, les activités missionnaires de gouvernements et mouvements étrangers hostiles à la laïcité, à la démocratie, aux bonnes relations internationales de la France.
Seuls des musulmans français doivent prendre en charge l'organisation de l'islam français. Il ne devrait être accordé ni carte de séjour ou de travail, ni droit d'antenne ou de presse, ni espoir de naturalisation à ceux des étrangers qui viennent combattre chez nous la laïcité et le code civil à l'aide de subsides étrangers publics comme privés .

Quant au pragmatisme, au risque de choquer, je serais personnellement favorable à l'octroi de crédits publics locaux ou nationaux pour la construction de quelques mosquées, là où le besoin en serait clairement démontré. C'est affaire d'équité puisque la République et les collectivités locales entretiennent à grands frais des lieux de cultes à peu prés vides de fidèles. C'est affaire de prudence car celui qui paie contrôle et je préfère le contrôle républicain à celui de l'argent étranger. La laïcité, cela se finance au même titre que la Défense ou le rayonnement de la France en Afrique .
Quoiqu'il en soit, cessons de tergiverser. Nous avons perdu trop de temps en commissions, rapports et colloques.

 VII Votre livre s'intitule "la France une chance pour l'islam " que voulez vous dire par là ?

C'est quand tout nous parle d'expiation, de résignation, de repli, de déclin, de menaces qu'il faut inventorier les justes raisons d'espérer et d'entreprendre ensemble au delà de nos frontières et de nos limites .
Aucun pays  du Nord ou de l'Est ne dispose d'autant d'atouts pour affronter ce grand défi de l'islam et du Sud, défi dont la guerre du Golfe n'est que le signe avant coureur. C'est d'abord une laïcité d'une intransigeance sans égal qui nous a coûté trop cher, de la Saint Barthélemy à la guerre de Vendée en passant par la Révocation de l'Édit de Nantes pour que quiconque en France, accepte la seule idée d'y renoncer.  On l'a bien vu avec l'affaire des foulards.
Nous avons de nombreux français maghrébins qui forment pont, et barrage, levain et poil à gratter de part et d'autre de la Méditerranée. Et surtout, parmi eux, nous avons celle à qui est dédiée ce livre "la jeune maghrébine". Son énergie et son courage sont autant d'assurances de succès.
Nous avons l'une des plus importante population juive du monde, issue pour moitié d'Afrique du Nord, qui mieux que tout autre connaît le prix du racisme et souhaite la paix à Sarcelles comme à Jérusalem. Seule la France réunit ces conditions favorables à la naissance d'un islam réformé, réveillé dans un peuple libre, riche, et laïc, un islam conforme à la tradition musulmane des premiers siècles. Ce serait un compromis historique, original et prometteur qui aurait une influence considérable au delà de l'hexagone. Ce serait pour la France une occasion rare de rayonnement et de grandeur.
Rien d'interdit de penser que, dans cinquante ans, le maire de Marseille sera une femme, belle comme Benazir Buttho. Face à la mer elle s'adresserait à ses soeurs en islam: "regardez moi, je suis une française musulmane, pieuse, originaire du Maghreb, je suis maire de cette ville difficile entre toutes ... Pourquoi pas vous?  Chez vous?" 
Cette parole serait entendue dans toute la Méditerranée bien sûr, mais aussi à l'est de d'Eden ... en français.

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 III 1997

L’ISLAM  EST IL SOLUBLE DANS LA REPUBLIQUE ?
 REVUE PANORAMIQUES N° 29 Mars 1997
J.H Kaltenbach

        “ Il faut souhaiter la bienvenue à l’islam avec l’esprit  dur et  le coeur tendre”.
Ainsi posée, la question est un mot d’esprit auquel il convient de répondre dans le même ton, en la retournant comme une chaussette : « Oui l’islam sera soluble dans la République parce que la République n’entend certes pas  être soluble dans l’islam ! » Le propos peut se terminer là.


EN D’AUTRES TERMES…
Mais pour être sérieux, plutôt que jouer sur les mots,  il faut ajouter un mode d’emploi.  En précisant la portée du terme islam tout d’abord 
Le Président Bourguiba disait : « Il n’y a pas d’ islam, il y a des musulmans » soulignant par là, la grande diversité théologique qui règne parmi les croyants8  
L’islam Wahabite d’Arabie Saoudite ne sera certainement jamais soluble dans la République, pas plus que l’islam selon Monsieur Abbassi Madani, qui parle de la démocratie comme” une fiente de l’Occident”. 
D’autre part, formulée en ces termes, la question tournera court, car la République française ne reconnaîtra pas l’islam   comme a pu le faire, la Belgique, elle reconnaîtra des musulmans.   Clermont Tonnerre le fit pour les juifs le 23 décembre 1789 : « Il faut refuser tout aux juifs comme nation, et accorder tout aux juifs comme individus » Cela reste vrai pour les musulmans et… pour les Corses.
Quand à l’adjectif soluble,  il convient à un morceau de sucre ( qui est un mot arabe  soluble dans la langue française) pour indiquer qu’il disparaît à la vue, tout en gardant  ses propriétés édulcorantes, revigorantes et gourmandes ;  il est toujours là, invisible, et semblable à l’eau. Mais dissoudre est aussi un mot négatif, on dissout l’Assemblée, un mariage, une société… L’État d’Israël a préféré le mot d’absorption pour dire la même chose de façon positive et c’est ainsi qu’il a nommé le ministère chargé de gérer l’immigration des Falachas et autres Russes : Ministère de l’absorption
Si l’adjectif soluble convient  à la cuisine, ici il  ne veut évidemment rien dire,  il  amuse et évite de choisir entre les deux mots aujourd’hui, les plus piégés de la langue française, parfaitement définis par Jacques Soustelle  dans un Figaro Magazine de 1990 , intégration9 et assimilation : « Quand en 1955 Mendès France et François Mitterrand m’envoyèrent en Algérie, ma mission était l’intégration  : l’assimilation  visait l’individu
et l’intégration  la province avec sa personnalité linguistique, culturelle et religieuse…»
L’islam est-il susceptible - semblable en cela au catholicisme, au protestantisme, au  judaïsme et au bouddhisme - de vivre pleinement sous les lois de la République ? Autrement dit, un musulman croyant peut-il être un citoyen semblable à tous les autres citoyens pour autant qu’un royaliste objecteur de conscience soit semblable à un loubavitch trotskiste, à un darbyste végétarien, à un communiste crématiste ou à une carmélite cloîtrée ? C’est à cela qu’il faut répondre.

ENFIN LA BONNE QUESTION
A cause de notre passé religieux peu honorable et à peine cicatrisé, il est malséant de parler religion en France. Ce qui est vrai pour l’ensemble de la population  l’est encore plus pour la génération et le profil humain de ceux qui ont pris en charge  l’immigration sur le terrain ou se sont autoproclamés représentants des immigrés dans nos médias ; par peur de  déplaire certains ont à tort affirmé contre tout bon sens  pendant deux décennies que l’islam ne posait pas un problème religieux. Alors que le général de Gaulle évoquait dès 1959  la difficulté de l’intégration des âmes liée au différentiel de piété entre les deux rives de la Méditerranée. Il lui arrivait même de doter d’une cervelle de colibri toute personne qui tenait pour assimilables des musulmans en France. Notre pari est d’augurer que sur ce point il avait tort
Qu’importe d’ailleurs ! Puisque la réponse à cette question appartient aux musulmans de France et à eux seuls. A eux seuls aussi appartient la forme exacte de la réponse. Donneront-ils dans le” temps lent et turbulent” de l’intégration, naissance à un islam ou la foi l’emportera sur le respect tatillon de la Loi comme le firent les juifs d’Espagne généreusement accueillis par les Turcs à Salonique? Leur réponse sera-t-elle un modèle ou un repoussoir pour le milliard de musulmans de la planète ?
Seront-t-il considérés comme de vrais musulmans par ceux qui vivent sous d’autres cieux depuis le Soudan jusqu’à l’Indonésie. Et qui décidera à vrai dire qu’il sont musulmans  L’université El Azhar au Caire, l’Algérie ou Ryad …?
Encore une fois c’est à nos compatriotes qu’il appartient de le dire. Et chaque jour qui passe ils nous prouvent en restant ici que la réponse à la question  posée est OUI on peut être musulman et citoyen français

« De sous estimer la solidité de la France on prend le risque de l’humilier et de provoquer des haines réactionnelles »11 
L’identité  française n’est ni “passée, ni dépassée “contrairement à ce qu’affirmaient dans la Croix le 11 septembre 1990, année des émeutes urbaines, un sociologue et une anthropologue.     
Les formes concrètes de la nation française comportent évidemment une adhésion de type communautaire mais surtout un projet politique qui se résume en quelques textes
Sortons de l’indifférence polie dans laquelle se prélassent nos convictions, pour revenir aux principes de la République sans craindre ” le moralisme exterminateur  qui fait carrière dans l’antiracisme”12  L’enivrement des cultures du monde nous les ont fait oublier Il s’agissait d’une humeur, d’une mode…
Pour les indigènes, Corses compris, il est temps après 20 ans de “gazouillis  potiste” de retrouver les principes communs à tous et de tenir notre “parole républicaine “ tout simplement.
« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit… nul ne doit être inquiété pour ses opinions même religieuses.»
 Tous naissent libres et égaux en droit signifie que tout musulman a le droit de prier en France et que nul ne peut l’empêcher de construire une mosquée (à supposer qu’il puisse la financer ce que la République ne peut pas faire selon ses principes-) Refuser cela, c’est nier notre identité, c’est trahir notre parole.
Tous naissent libres et égaux en droit, cela signifie non moins fermement, qu’une fille a des droits égaux à ceux de son frère en matière d’héritage, de témoignage devant les tribunaux, de mariage, de divorce etc…ce qui est contraire à la plupart des Codes de Statut personnel des pays musulmans.
Qu’une femme musulmane soit assez soumise à la charria, pour redonner de son plein gré une partie d’héritage à son frère afin que ce dernier reçoive la double  part qui lui échoit en Islam, libre à elle. Mais nul ne l’y contraindra en France car l’égalité a été décidée la nuit du 4 août 1789 en contradiction avec notre propre tradition séculaire de droit d’aînesse. Aucune loi ne l’oblige à épouser un chrétien, ni à manger du porc…
Que la société française,  lasse de financer la séparation par des Allocations à Parent Isolé (rebaptisée par les maghrébins “parent désolé”) envisage avec nostalgie la conception  musulmane de la famille où l’argent finance le lien et non l’éclatement, ou chaque droit est assorti d’un impérieux devoir. Alors il sera temps de s’inspirer de cette manière de vivre, alors l’islam aura, en effet, mis  son grain de sel dans la République, alors le peuple votera pour des changements de la loi. Mais comme le dit Jamel Eddine Bencheikh, professeur à la Sorbonne, spécialiste des Mille et Une Nuits
”Quant  à l’islam de France, puisque sa présence ne semble plus éphémère, qu’il ne prétende pas, jamais, sous peine de perdition, passer outre les lois de la République.
Elles ont coûté cher au peuple qui les a choisies Elles permettent à la communauté musulmane de vivre en toute quiétude légale Faisant entendre sa voix mais déliée du pouvoir cette communauté refusera d’être la masse de manoeuvre de gouvernements étrangers…”
Si certains appellent cela « abjurer leur religion pour être citoyens français » comme l’écrit Madame Cheurfa dans le Monde du 24/11/89 Alors il faut qu’ils le disent et trouvent un pays autre que la France. Ils peuvent par exemple aller en Angleterre ou en Allemagne

LE MODELE ANGLO-ARABE DU RESPECT DES DIFFERENCES
Là-bas existe une forme de respect indifférent que l’on peut dire britannique, contre modèle si l’on veut de “nos ancêtres les gaulois”,  et qui  mène au développement séparé.
Grâce à la naissance du parti islamique en 1989, à la décentralisation du système éducatif anglais et au fait que la reine d’Angleterre est le chef de l’église anglicane, dans les écoles, à la demande des parents les enfants peuvent être exemptés de cours de danse, de musique, d’art dramatique, d’éducation sexuelle, ils s’absentent pendant les fêtes islamiques, le mariage islamique célébré dans la mosquée est reconnu dans les faits. 28 états musulmans siègent au Conseil de la Grande Mosquée de Regent’s Park à Londres Le directeur de l’Institut musulman appelle ”Le Parlement musulman” autodésigné à la désobéissance civile en octobre 1991 ! Comment cela se terminera-t-il ?
Tant il est vrai comme  disait Tocqueville que dans  la démocratie anglaise il y a plus de liberté que d’égalité !!
Voilà qui rappelle le respect indifférent dans les pays musulmans  à l’époque des
Capitulations, au 12ème où juifs et chrétiens étaient jugés selon leurs propres lois à  condition bien entendu qu’un différend ne survienne pas entre un chrétien et un musulman auquel cas la loi musulmane s’appliquait.  Aujourd’hui encore les pays musulmans appliquent à chacun sa loi avec une certaine indifférence juridique. Mais il est clair que le corollaire de
cette magnanimité est une endogamie stricte et une inégalité de droit

LE MODELE ALLEMAND D’INSURMONTABLE SEPARATION
Beaucoup d’algériens s’installent en Allemagne, en particulier parce qu’il leur est insupportable de vivre dans l’ex puissance coloniale
En Allemagne ils resteront étrangers ainsi que leurs enfants même s’ils naissent sur le sol allemand et pendant ce temps ils entendent  un   discours d’appartenance quasi filiale à la culture allemande, réservé aux seuls allemands de l’Est qu’il faut réintégrer   Celui-là même que brandissait Herder en 1774  quand il affirmait  face à l’impérialisme français : “c’est le peuple germain chrétien qui me fait ce que je suis dans tous mes modes d’être, de penser et d’agir... Je suis homme grâce à ma qualité d’allemand “.    Hélas si le peuple allemand pour réunir ses deux moitiés de l’Est et de L’Ouest s’affirme “un individu collectif particulier”, une “oumma teutone” avec un esprit particulier, un instinct natif allemand, une âme mystérieuse, au point qu’on ne peut ni bien le concevoir ni donc l’énoncer clairement, si l’homme est ce qu’il est en vertu de son appartenance biologique à la culture allemande, alors comment demander à un Turc d’être autre chose qu’un homme consigné de son côté dans son ottomanitude avec un  islam héréditaire venu de je ne sais quel chromosome paternel. En recollant ses deux morceaux l’Allemagne s’ éloigne de ses minorités D’autant qu’Herder ressuscité pour cause de réunification allemande disait aussi  pour lutter contre l’influence française : « tous les peuples et les cultures sont d’égale nécessité, d’égale originalité, d’égal mérite » Ce n’est pas un hasard si dans un colloque à Carthage en 1991 sur l’Individu et le Maghreb le pangermanisme allemand et Johan Gottfried Herder ont été évoqués à propos de certaines thèses philosophico-politiques arabo-musulmanes proches culturellement du modèle allemand.    L’Allemagne tiraillée doit intégrer les Turcs au nom de la nation citoyenne, à la mode française sur un projet politique ;  et elle tente d’unir les Allemands au nom du folklore Et quand une jeune fille turque voudra épouser qui bon lui semble, faudra-t-il respecter la liberté de cette personne ou la liberté de sa communauté de l’enfermer dans son appartenance.  Tandis que la Cour européenne des droits de l’homme vient de donner raison à l’Université d’Ankara refusant une jeune femme voilée, à Berlin on tolère ce même voile “politiquement correct” au nom de l’appartenance à une culture particulière. Et  comment refuser une communauté culturelle particulière quand on se proclame soi-même communauté culturelle particulière et indicible ?

Le modèle français “d’inclusion individualisante” qui dissout les groupes, affaiblit les liens  dérivant d’une origine commune et affirme la dignité de tout individu en dehors de ses origines, présente bien sûr le risque de fabriquer 56 millions de français sans appartenance13   et de laisser au Front National,  aux VERTS, au FIS et aux  supporters de l’OM  la chaleur communautaire. 46% du FN et 45% des Verts sont pour une intégration de type communautaire à l’anglosaxonne avec une forte méfiance pour l’Europe.
Il n’est pas tendre le modèle républicain français et saisit comme l’eau froide ceux qui viennent du Sud. « Liberté, Egalité », ils sont d’accord mais cherchent parfois la fraternité auprès de ceux qu’ils appellent les “frérots”.
La naissance politique de ce modèle date du  jour de 1789 où les députés aux États Généraux choisirent de voter par tête et non par Ordre : Tiers-Etat, Clergé et Noblesse. Ce jour-là, ce fut aussi la fin de l’enracinement de la loi dans l’univers théologique et religieux.

Nous voici au coeur des deux questions posées aux musulmans de France aujourd’hui et demain

L’individu est-il plus précieux que la communauté ? Première question de confiance comme on dit au Parlement

La Loi peut elle venir du peuple et non de Dieu ? Seconde question de confiance


Alors que doit proposer la République aux musulmans ?
Elle doit  proclamer sans crainte bienvenue aux musulmans avec comme le disait Jacques Maritain l’esprit dur et le coeur tendre.
L’esprit dur cela consiste à dire tout net qu’il y a des différences inacceptables et même des contradictions insolubles concernant la famille et particulièrement le mariage, entre la plupart des pays d’origine et tous nos pays européens sans exception. Même la très courageuse petite Tunisie malgré les efforts héroïques de Bourguiba maintient l’empêchement au mariage de la musulmane avec un non musulman, l’empêchement successoral pour disparité de culte, privilège de masculinité, privilège d’islamité. Quant à l’Algérie et le Maroc ils sont restés fidèles à la charria en matière de répudiation, polygamie, indignité successorale du non-musulman, empêchement au mariage pour disparité de culte, adoption. Ces injonctions, viendraient elles de Dieu, ne peuvent être acceptées en France. Cela consiste à réaffirmer fortement la laïcité de l’État et plus encore à expliquer d’où elle  nous vient ce qui n’est jamais fait dans les médias puisqu’il existe encore des immigrés persuadés que pour être français il faut être catholique et que le refus du voile est tout spécialement destiné à  humilier l’islam. 
Sauf l’exception de l’Édit de Nantes, vite révoqué en 1685, la France n’a jamais su concilier foi et liberté, de Montségur à la Vendée, en passant par la St Barthélemy et les Cévennes nous avons dressé des montagnes de haine. De cette honteuse histoire nous avons tiré une coupure si radicale entre Église et État, spirituelle et temporelle que toute religion peut venir librement s’installer au foyer gallican. Plus tolérants et plus religieux les allemands qui furent luthériens ou catholiques selon la religion du Prince,  font au contraire une place à ce point importante aux cultes officiels, que l’installation de l’islam ne peut être outre-rhin que totale et lourdement symbolique. En acceptant l’islam français, la France confirme sa laïcité, l’Allemagne remet en cause sa “chrétienté”. Que dire alors de la Suède qui annonce la séparation de l’Église et de l’État pour l’an 2000 ?
Quand on a été dur en esprit on peut trouver la bienveillance, en cherchant bien, dans nos racines-ressources judéo-chrétiennes et, pour n’en fournir qu’un exemple on peut envisager d’aider financièrement l’édification des mosquées en exposant clairement au peuple français le dénuement des nouveaux arrivants qui n’ont pas deux siècles pour bâtir Notre Dame ! 
Le paradoxe c’est que l’islam passe pour dur et la République pour molle. Alors que c’est tout le contraire. La laïcité républicaine est acceptée par tous en France, grâce à elle la place est nette pour une religion de plus. L’islam au contraire est faible de ses divisions il n’y a rien de commun entre un musulman malien, tunisien ou indonésien, entre un Turc et un algérien, entre un sunnite et un chiite. Certes  ceux qui dressent de petits gamins bigots, surtout algériens, à ranimer une guerre symbolique contre la France, à refuser les choco BN de l’école au prétexte qu’ils contiendraient de la graisse de porc tout en leur distillant la haine de la France et des français doivent être dénoncés et surtout aucune discrimination positive ne doit leur être consentie sous aucun prétexte.
Si les musulmans acceptent la démocratie - qui en douterait ? -, la Déclaration universelle des droits de l’homme, (celle de 1948 bien sûr), la parfaite ou presque égalité de l’homme et de la femme toutes choses qui constituent un projet politique clair, alors il faut leur dire : « bienvenue à vous musulmans qui exprimez l’autre penchant de notre nature, vous privilégiez l’héritage, nous la découverte, nous générons des solitudes vous pratiquez la chaude hospitalité, nous réclamons des droits, vous imposez des devoirs rendus à Dieu, nous doutons, vous affirmez, nous sommes un peu féminins et vous un peu trop virils»
La France est à la recherche d’un projet qui l’émeuve ? Au lieu de lui parler du CAC 40 parlons lui de réussir ses retrouvailles avec l’islam Une fois encore elle étonnera le monde
 Citons encore Jamel Eddine Ben Cheich:
    “Il existe une tradition d’un islam ouvert et fraternel, généreux et compatissant que ne fera pas taire le hurlement des hyènes. Ni le raffinement, ni l’élégance ne lui font défaut, ni le souci de la joie humaine. Un islam où les fêtes ne sont pas de deuil mais de chants, de rires, de pardons échangés entre femmes et hommes heureux qui le soir venu aiment écouter des poèmes d’amour andalous avant d’écouter à l’aube des sourates qui parlent de miséricorde. Ceux qui croient en Dieu ont besoin de sa tendresse, pas de la haine de ses zélateurs Contre ces derniers, nous seront vigilants. Nous ne laisserons pas exciser nos âmes”.
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  IV 1997
Associations Familiales Protestantes

COMMUNIQUE

    “NON AU VOILE”   
        “NON AU CONSEIL D’ETAT”              
            “OUI AU CODE CIVIL  Janvier 1997


    Le voile est moins un symbole religieux, rendu tolérable selon son caractère plus ou moins ostentatoire, que la proclamation inacceptable, aussi discrètes qu’en soient les formes, du minorât de la femme et du refus de l’exogamie. Le voile est un pur symbole de discrimination sexuelle affichant le privilège de masculinité et d’islamité au sein de l’école publique.
     Prétendre qu’une attitude “compréhensive” faciliterait l’intégration des filles et des familles concernées permet aux tenants de cette aberration de conclure à la fin du modèle et du creuset français, bref de la République. Ce libéralisme sauvage à frontières ouvertes masque en réalité la pire des “américanisations” possibles de la France et de l’Europe.
     Tolérer que cette proclamation soit orchestrée par l’étranger au coeur de nos écoles où se rencontrent les garçons et filles promis à se marier constitue une offense à la Constitution, au Code Civil, à la laïcité, à notre modèle d’assimilation familiale.
     Pour résister à cette régression, une solution douce a été inventée par nos compatriotes musulmans. Elle figure dans les statuts de l’Union des Familles Musulmanes de France (UFM) Journal Officiel du 29 septembre 1993. Les parents ne pourraient voiler leurs filles qu’après avoir signé l’engagement public qu'ils souscrivent à la conception française de la famille telle qu’elle résulte de la Constitution, du Code Civil et du Code de la Famille. Copie du document serait conservée au dossier à l’attention des jeunes filles. Les aides publiques à d’éventuelles écoles privées seraient soumises au même préalable. C’est la meilleure façon de ramener le problème du voile à sa juste place, la seule tolérable à l’école, celle d’un ornement folklorique analogue aux autres croix et kippas.
     Au cas où la jurisprudence du Conseil d’État ne rencontrerait plus de résistance, nous demanderions que soient envisagées des écoles publiques “sans voile” pour protéger nos enfants de ce modèle sexuel incompatible avec les affirmations de la Réforme.
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 V 2004
 « Entre grande et petite laïcité »
« Sous le voile, la femme et la liberté, pas l'extrême-droite ! »

Opinions protestantes
Février 2004

« De la Laïcité, il nous faut d’urgence, parler autrement » en distinguant selon les publics : l’ensemble de nos concitoyens, nos compatriotes issus de terres où brûle l’islam, les femmes de ce pays et enfin les adversaires de la loi qui vient d’être votée.
Aux français sans distinction d’origine, de sexe, de croyance et d’opinion, rappelons l’extrême particularité de l’exception laïque française. Notre laïcité est tellement unique au monde que personne ne la comprend aisément, et que nous-mêmes l’avons un peu perdue de vue. Elle mêle ce qui doit être désormais clairement séparé : La Grande et la Petite laïcité.
Dire « Petite laïcité » ce n’est pas minorer l’importance historique de cette petite dernière. Héritée des furieux débats qui secouèrent la Chambre des Députés en 1901 et 1905, cette laïcité scolaire vit la République envoyer l’Armée française dans les couvents, la veille de la Grande Guerre . Il s’en suivi prés d‘un siècle de guerre scolaire sans merci, jusqu’au grand soulèvement populaire de 1984, pour la liberté, contre le monopole Bilan de ces luttes aux frontières de la guerre civile : de l’école publique, ironie du vocabulaire, la France a fait un sanctuaire.
La « Grande laïcité » ? Il faut aller la chercher loin dans le temps. Au de là même de la Réforme et d’hommes comme Locke, Bayle et Spinoza, à Rome, Athènes et jusqu’à Jérusalem. C’est la séparation qui depuis la Bible tranche au rasoir entre le Temple et la Loi, la Politique et la Religion, le Pouvoir et le Message, le Trône et l’Autel, l’Église et l’État. Les Américains que nous jugeons volontiers aussi bondieusards qu’hypocrites en ont fait le socle de leurs libertés. Il est bon de relire par ces temps d’intense confusion politique sur les bords de la Seine, la première phrase du premier amendement de la constitution des États-Unis d’Amérique en date du 15 décembre 1791, soit un an avant les massacres Parisiens de 1792 : « Le Congrès ne fera pas de loi en matière de religion ». En ce mois de février 2004, l’Assemblée Nationale n‘a pas voté une loi en matière de religion, ni contre la religion ; Elle a voté pour confirmer la Séparation. Nos amis américains auront du mal à le comprendre. Ils devront s’y faire. La laïcité qu’ils ont instituée pacifiquement et par « covenant », nous avons du l’arracher par le fer et le sang. Mais la différence des histoires nationales n’affecte en rien le fond des choses.
Considérons maintenant ceux de nos compatriotes qui – à entendre les adversaires de la loi - se sentiraient agressés en tant que musulmans. C’est un contresens total. L’objet et le résultat mêmes de la loi sont de leur garantir ici les avantages d’une liberté individuelle et d’une paix civile dont trop de terres d’islam sont encore privées.
C’est à double titre que la France peut être dite « Une chance pour l’Islam ».
Tout d’abord parce qu’en France, les multiples mouvances, obédiences, écoles et nations d’islam, seront obligées de compromettre entre elles au meilleur sens d’un terme qui veut dire « S’entendre » . En France aucun islam ne pourra s’imposer à son voisin d’hexagone : le sunnite pas plus que le chiite, le malékite ou le wahabite pas plus que l’hanéfite, le marocain et l’algérien, le Turc et l’arabe , l’arabe et Persan.
Mais surtout, minoritaire en France, l’islam français que nous souhaitons réconcilié en son sein, devra compromettre avec la République. C’est la loi de la majorité. C’est la loi de la démocratie. Qui osera la dire négociable ?
En ceci, et en ceci seulement, du seul fait de ces deux contraintes, l’Islam de France sera « réformé» ou ne sera pas. Avec son génie de la formule, Michelet avait décelé le principe fondateur de la Réforme.
“ Un acte autrement hardi venait d’avoir lieu dans Paris, à l’insu de tout le monde. Appelons-le de son vrai nom, qu'ignoraient ceux-mêmes qui le faisaient: la république réformée. Du 26 mai au 29 mai 1559, une assemblée générale des ministres de France avait eu lieu au faubourg Saint Germain. Pendant ces violentes disputes du Parlement, au milieu de bûchers, au sein d’un peuple furieux qui massacrait jusqu’à des catholiques suspects de tolérance, ces homme intrépides, de toutes les provinces, vinrent siéger en concile. Dans leur gravité forte, ils écrivirent leur foi, leur discipline et l'acte de naissance de la démocratie religieuse. ”Nulle église au dessus des autres”; deux fois par an s’assemblent les ministres, chacun amenant un ancien et un diacre eux mêmes élus par le peuple. Voila la base républicaine de l'église de France.
Tout cela calqué sur Genève; mais combien différent, en résultat, quand on transportait de la petite ville au Royaume de France, à cet empire immense que la Réforme allait se créant aux Pays Bas et en Écosse, en Angleterre, bientôt en Amérique! “.
Histoire de France au XVIe siècle - Edition 1856. Volume 3,” Guerres de religion” chapitre 9
Enfin, chacun entend ici ou là les adversaires de la loi avancer la pudeur, la liberté, la culture propre, les convictions, la foi de jeunes collégiennes et lycéennes. C’est se montrer bien aveugles sur la corrélation absolue qui existe depuis que le monde est monde entre le statut de la femme et la Grande Laïcité.
Sur ce point brûlant oublié des actuels sociologues de Cour, évoquons la formule à peine adaptée d’un protagoniste des combats de 1901 et 1905 : le pasteur Thommy Fallot s’écriait : « Dieu seul est laïc ! Hélas l’homme a des maladies religieuses, cléricalement transmissibles par voie masculine chez les peuples dits du Livre, Francs Maçons compris. »
Que personne ne sourie ni ne proteste trop vite. Sous la légèreté apparente du propos se cache le rappel de ce que tous les clergés de tous temps ont fait subir à la femme en église. Et leurs dignes héritiers mâles et laïcards anticléricaux n’ont fait que les imiter en politique comme en société. Prenons en pour preuve suffisante que les pères de la « Petite Laïcité » n’ont pas songé un instant à donner le droit de vote aux femmes en 1905. Fait
Le tumulte né de la question musulmane telle que chauffée à blanc depuis l' affaire du " voile" et le 11 septembre nous impose de lever le nez des petits guidons politico-scolaires de la « Petite laïcité » pour réfléchir et trancher de l’essentiel, de ce qui fonde la France comme République, comme Démocratie, comme Nation.
Certains, pour travestir la réalité ont voulu disqualifier le débat en parlant d’un pugilat de chiffonniers autour d’un morceau de tissus .
Sous le chiffon , il y a la Liberté et la Femme. Pas l’extrême droite
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  VI   2005 « Islam seconde religion de France ! Entre urnes et Croissant, électeurs ou musulmans ? »

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Auteur : Pierre-Patrick Kaltenbach*

L’slam, seconde religion de France ! Quatre à cinq millions de musulmans ! » Lorsqu’ils traitent de l’islam et des musulmans, ce qui n’a guère à voir — on y reviendra — le seul point commun aux dirigeants politiques, autorités religieuses, universitaires, politologues et sociologues médiatiques, sans oublier les agitateurs associatifs subventionnés, c’est qu’ils sont dans l’incapacité de citer une source officielle fiable à l’appui de leurs dires. Et cela dure depuis plus de quinze ans.
Mais comme nul ne peut mentir à la fois et tout le temps et à tout le monde, la vérité sort peu à peu du puits, surtout vu la tournure prise par les évènements depuis le 11 septembre 2001. L’opinion éclairée flaire l’anguille sous la roche…et pourquoi ne pas l’écrire, « sous le voile ».
Pour se faire une religion, il suffit pourtant de consulter l’unique source scientifique, fiable, disponible et officielle : l’enquête conjointe au recensement INSEE de 1999 sur l’histoire familiale de 380.000 adultes. Elle seule permet d’approcher le nombre de « musulmans potentiels », soit l’assiette démographique qui seule pourrait offrir une base scientifique aux diverses considérations et hypothèses formulées sur les personnes se déclarant musulmanes (ou sur leur taux de pratique) qui, toutes, relèvent du doigt mouillé. L’enquête INSEE se fonde sur l’origine géographique et la filiation (né dans un pays d’islam ; né d’un parent (1e génération) ou d’un grand parent (2e génération) au moins, lui-même né dans un pays d’islam. Cette approche, outre l’avantage de ne pas mesurer la foi religieuse, permet seule de commenter rationnellement les modalités et résultats du vote religieux organisé par le ministre de l’Intérieur et des cultes.

Les chiffres de l’ INSEE

Les populations
Le total de la population présente en France issue de terres « musulmanes » est de 3,65 millions : dont la composition par âges est la suivante :
- Nés hors de France : 1,7 million d’adultes ; 1,7 million d’enfants.
- Nés en France : 0,269 000 petits enfants.
L’Algérie est le principal « fournisseur » humain avec 43 % ; le Maroc, 28 % ; la Tunisie,11 % ; total pour le Maghreb, 82 %. La structure par âges porte en ses flancs (nombre d’enfants et petits enfants) une forte croissance du nombre d’électeurs potentiels, préoccupation prioritaire de tout ministre de l’Intérieur.
Quid de la religion ? Si l’on exclut les nourrissons pour ne compter que les seuls adultes « musulmans potentiels », le total est de 2,35 millions, qui sont partie immigrés (1,22 millions), partie étrangers (1,113 millions). Maroc et Algérie ont vu naître 44 % de ces adultes « musulmans potentiels ». Avec un taux de pratique religieuse de 10 %, le nombre de fidèles musulmans serait de 235.000 ; avec un taux de 20 %, 470.000, soit dix fois moins que les « chiffres officiels » agréés par les autorités.

Quid des élections ? Les Français « musulmans potentiels » en âge de voter sont en revanche 1.200.000, à 90 % d’origine maghrébine, l’Algérie représentant à elle seule 44 % du total .Si l’on s’en tient aux seuls citoyens français, l’enjeu électoral est donc de six à dix fois plus important que l’enjeu religieux. À lui seul, le vote algérien pourrait peser prés de 530.000 voix.

Conclusion politique ? Il n y pas de problème de « l’islam en France » ni de « l’islam de France » pour la bonne raison que l’islam est aussi totalement hétéroclite et désuni dans le monde (Turc, Perses, Arabes, Chiites, Sunnites, Wahabites, Malékites, etc. sans oublier les nations), qu’il l’est en France. En revanche, et c’est le fait nouveau, des populations issues de terres musulmanes, en nombre non négligeable, vivent durablement en France et vont devoir s’accorder et compromettre entre elles, comme avec nous. C’est un problème principalement maghrébin, principalement étranger, principalement algérien. Telle est la seule nouveauté pour les musulmans de par le monde : en France, l’islam sera un islam de compromis ou ne sera pas.
Entre les urnes et le Croissant, l’on pourrait craindre que le ministre ne balance point. Dieu merci la complexité du dossier interdit toute facilité électorale.
De fait, chacun peut dores et déjà imaginer les négociations croisées, inextricables, en forme de jeu de billard à plusieurs bandes, plusieurs équipes contractant des alliances instables, opposant les partis français de gouvernement électoralement aux abois, les émissaires du FLN « caviar, pétrolier et clanique », enfin des beurs algériens légitimement ambitieux et frustrés. Aux premiers, une réserve électorale non négligeable, voire déterminante, dans certaines grande agglomérations et certaines régions ; aux seconds le contrôle de l’islam en France, via la mosquée de Paris et le Comité du culte musulman, gage de modération des critiques contre la dictature militaire et l’usage politique de sa rente pétrolière en France, enfin des carrières politico-administratives « boostées positives » pour les jeunes « cousins » en France.
À quiconque jugera ces hypothèses médisantes, irréalistes et pessimistes, l’affaire du Conseil français du culte musulman apporte une réplique factuelle.

Un vote religieux, étranger et maghrébin

L’acharnement courageux de Nicolas Sarkozy aurait mérité les plus vifs éloges si ces stupéfiantes « élections musulmanes, religieuses et étrangères » ne constituaient une infraction frontale non seulement à la séparation de l’Église et de l’État, mais surtout aux principes et pratiques démocratiques les plus élémentaires.
Un ministre de la Police, des élections et des cultes organise l’élection de 62 conseillers nationaux par 4000 « religieux », sélectionnés dans 985 lieux de culte, en fonction de la surface construite, à raison d’un délégué pour 100 m2. L’opération se déroule sous le regard non désintéressé et avec l’intervention active de « non démocraties amies » comme l’Arabie Saoudite, le Maroc et l’Algérie. Le recteur Boubakeur de la mosquée algérienne de Paris, a été nommé président du Conseil pour deux ans seulement, la veille d’élections qui ont enregistré sa déroute. Apothéose médiatique, le ministre des Cultes a été se faire siffler au Bourget par les vrais vainqueurs du « scrutin », ceux qui exigent le voile sur leurs photos d’identité. Quant aux conseils régionaux, ceux que vont affronter nos élus locaux, ils sont totalement sous contrôle étranger et marocain.
Dans le Figaro du 14 octobre, Thierry Portes livre une énumération révélatrice du profil des 24 présidents régionaux du culte musulman, sorti des urnes. Selon la nationalité, on dénombre 10 Français et 14 étrangers ; selon les origines, on compte 22 Maghrébins et 2 Turcs. Le journaliste conclut : « C’est l’islam en France, bien plus que l’islam de France, cher à M. Sarkozy. » Voici en tout cas pourquoi mieux vaut parler de musulmans en France et s’abstenir définitivement de pinailler sur l’islam, « de France » ou « en France », ce concept religieux se révélant chaque jour politiquement plus inopérant. Quant au Conseil, il se révèle hors d’état de prononcer une parole compréhensible sur le voile au moment où le roi du Maroc, soutenu par un Jacques Chirac enthousiaste, rejoint le prix Nobel dans une commune exécration du minorat de la femme.

Retour à la réalité

Du coup — et c’est le seul mérite de cette étrange aventure électorale — la triple question politique : « Qu’est-ce qu’une religion ? Qu’est-ce qu’un musulman ? Qu’est-ce que l’islam en France ? » ne peut plus être éludée par les sociologues.
Une religion est autre chose qu’une origine géographique, ethnique ou une culture. C’est la conjonction d’éléments observables : croyance en une transcendance, culte s’extériorisant par l’organisation responsable de rites, catéchèse, financement collectif, enfin une communauté liée en communion spirituelle. Et s’il arrive qu’une religion donne naissance à une civilisation on n’a jamais vu de religion sans communauté. Dans cette conception, ni l’islam ni les musulmans ne constituent une communauté en France et c’est le journaliste attitré du Monde aux affaires religieuses, Xavier Ternisien, zélote hier encore affiché de la thèse contraire, qui l’affirme le 12 avril 2003 sous le titre « Le mauvais débat du communautarisme » : « Il y a un amalgame à considérer que tous ceux qui peuplent ces “zones” de banlieue constituent une “communauté” dont le ciment serait évidemment l’islam. Il n’existe pas de communauté musulmane en France, mais une mosaïque de communautés : Algériens, Marocains, Tunisiens, Turcs, Comoriens, Maliens, Sénégalais, Arabes du Proche-Orient, Pakistanais, groupes eux-mêmes subdivisés en sous groupes ethniques ou religieux : Kabyles, Berbères, Kurdes, membres de confréries, tenants d’un islam hétérodoxe. »
Ainsi à dire d’« experts », la « seconde religion et ses 4/5millions de fidèles » ne serait plus une communauté mais mériterait néanmoins — d’accord en ceci avec M.M. Frèches (maire de Montpellier), Hervé (maire de Rennes), Bédier (ministre), Valls, (maire d’Evry) Copé (ministre), de Clermont (Président de la Fédération protestante) — le financement public de ses mosquées via la confusion juridique des lois de 1901 et de 1905 remodelées.
Dans cette étrange logique, et si d’aventure l’argent public était engagé, l’équité républicaine commandera de financer « l’évangélisme des catacombes » plutôt que le protestantisme officiel (réformés de l’Intérieur et luthériens d’Alsace-Moselle) avec ses 1.100 associations cultuelles au large dans leurs temples vides. Selon Henri Tincq, journaliste religieux du Monde, c’est en effet hors de la Fédération protestante, que vit et croit désormais la grande majorité du peuple issu de la Réforme. Quant aux Renseignements généraux, ils décompteraient 300.000 témoins de Jéhovah ! Soit six fois plus que de cotisants réformés ? Qui croire ? Que croire ? Et surtout, qui ne pas financer ?! Et l’on comprend l’objurgation inquiète du cardinal Lustiger au Président de la République : « Ne touchez pas à la loi de 1905 ou ce sera l’explosion ! »
Concernant la « pratique » religieuse des « 4/5 millions de musulmans », c’est le trou noir ! Force est de se contenter d’évoquer — toujours avec le Monde (17 avril 2003) — ceux des Français qui se « déclarent » musulmans lors des sondages du CSA sur échantillon de 1000 personnes. Selon ces sondages, 2 % des personnes interrogées en 1994 et 6 % en 2003 se « déclarent » musulmans, sans qu’il soit possible d’établir le moindre lien mathématique entre « déclaration » et « pratique » d’une part, et d’autre part entre les 1000 personnes sondées et les « 4 ou 5 millions de musulmans ».Cerise sur le gâteau, l’opinion aura entendu que d’un média à l’autre, l’islam « pèserait » 1100 à 1600 mosquées (plus exactement lieux de prière), gérées illégalement par autant d’associations de 1901 et non de 1905, 1100 imams à 90 % étrangers, dont la grande majorité ne parlent pas français et 1500 à 2000 boucheries halal !

Que conclure ? Récapitulons l’histoire de ce qui restera comme un faux politique et médiatique historique : « Islam seconde religion de France, etc. » C’est d’abord au début des années quatre-vingt-dix, une affaire parisienne de sociologues plus militants que chercheurs, relayés par des médias, eux-mêmes plus militants que journalistes, reprise par des fonctionnaires et des « associatifs subventionnés » en quête d’importance ; le microcosme par excellence. Aujourd’hui — et c’est incompréhensible — ces mêmes milieux vouent une commune exécration aux islamophobes et homophobes. C’est ensuite un enjeu international majeur pour des « non-démocraties amies », enjeu qu’attisent et exaspèrent aujourd’hui les événements du Moyen-Orient, mais aussi du Maghreb. C’est enfin devenu une affaire électoraliste montée en sauce par des carriéristes français de l’immigration, de la subvention, de la décoration et des élections locales.
Détruire ce terrorisme médiatique relève de l’hygiène intellectuelle, morale et politique. Le cas contraire, ce sont les pouvoirs publics eux-mêmes qui sous couleur de traiter convenablement des musulmans paisibles, « bien français », divisés en quatre ou cinq « chapelles ethniques », contribueraient par aveuglement et facilité à coaguler quelques dizaines de milliers de jeunes exclus d’origine arabe, promis à l’extrémisme en fait de femme et de laïcité, et dont le principal lien « communautaire » international se résume sous nos yeux à la haine d’Israël. Tel est l’avertissement d’un Alain Besançon dans le Figaro du 4 mai 2003.
Que des politiques et des médias puissent envisager avec légèreté de bouleverser, sans légiférer, le système juridique public et privé du peuple français ainsi que ses relations internationales sur la base de chiffres et de concepts à ce point fragiles et faux en dit long sur les causes du séisme électoral à venir.
Quiconque prétendra demain brandir le thème des « quatre à cinq millions de musulmans/seconde religion de France » va devoir préciser les sources officielles et certifiables qui justifient son discours.
Il y va de la paix civile, et au Diable les « religieux » !
Concluons dans la lignée du pasteur Tommy Fallot, à la fin du xixe siècle : « Dieu seul est laïc ! Hélas l’homme a des maladies religieuses, cléricalement transmissibles, par voie masculine, chez les peuples dits “du Livre”, francs-maçons compris. » Et que Dieu protège la République d’un vote religieux étranger.


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 VII Associations Familiales Protestantes
www.ppkaltenbach.org

Bilan de la réunion au Sénat le 16 septembre 2005. Rédigé avant les émeutes urbaines.

FONTEVRAUD 6-8 Octobre 2006
Pré programme

Famille, Association, Églises : laïcité et Séparation des pouvoirs.
Bilan 2001-2005.

 Vers quel séisme électoral en 2007 ?
Pour des États Généraux du Protestantisme ( J. Ellul 1985)


La « révolution conservatrice » américaine
 peut-elle traverser l’Atlantique ?

Non en ce qui concerne  les institutions, la classe publique et les élections.

Oui en ce que  depuis 1980, la France lui offre un terrain propice de dislocations familiales et de crise de la morale d’emploi des fonds publics.

I
SPHERE PUBLIQUE

- En Décembre 2001, le Gouvernement Jospin  a commémoré la loi de 1901, loi de gratuité, en instituant son contraire : la rémunération des dirigeants associatifs bénévoles au taux plafond de 7076 euros par mois.

 - En Décembre 2005, certains membres du Gouvernement Villepin mais aussi Manuel Valls, proposent de commémorer la Séparation des cultes et de l’État en autorisant son contraire : le financement des seules moquées dont la quasi totalité fonctionnent sous statut de 1901 soit hors la loi de 1905.
-   
De telles incohérences porteuses de tant de contradictions signent  la crise intellectuelle et  morale de la classe publique lato sensu.

Article XVI
« Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de constitution ». 1791.

La SEPARATION hier cantonnée aux cultes doit être étendue à
L’ASSOCIATION comme à tous les pouvoirs, dés lors que l’argent public est en cause. Il faut supprimer la différence de morale politique et de rigueur dans l’emploi des fonds publics qui caricature désormais l’emploi des statuts de 1901 et 1905.
Et ce ne sera pas un mince « toilettage »

  II
                                                                SPHERE PRIVEE

Entre Famille sphère-privée, et Association sphère-publique, le lien moral fondateur et structurant, c’est la Gratuité source du bénévolat.

Depuis «  68 », les libérations  sexuelles, conjugales et familiales  et autres « nouveaux modèles » ont làché le renard « sexuellement libre » dans le poulailler «sexuellement libéré». Comme toujours, la libération s’est faite à l’avantage  du plus fort  c’est à dire du Marché et de la Génération Morale aux affaires depuis 1980, donc au détriment du Faible, du tissus familial et du tissus social. Il faut combattre ce MODELE qui disloque la Famille et les adolescents chaque fois que l’argent et les moyens publics sont détournés au seule bénéfice de ses profiteurs.

Selon Régis Debray.
« Secouer les corrélations pour faire exploser les contradictions »

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RESUME
Non seulement il ne saurait être question d’ouvrir les associations selon la loi de 1905 aux délices et poisons de la vie associative subventionnée telle que pervertie depuis 1975, mais il faut tout au contraire appliquer aux associations de la Loi de 1901 toutes les rigueurs de la loi de 1905. De même que nos ancêtres ont séparé les cultes de l’État, nous devons séparer l’Association des Urnes, du Marché et de l’argent public opaque. La séparation des pouvoirs et des intérêts reste à instituer en France. Le réveil associatif familial observable depuis peu dans les milieux issus de la Réforme  constitue  de ce point de vue outre un grain de sable porteur de signe , une amorce de levier bénévole.

Depuis une dizaine d’années la société civile française prend tardivement conscience d’un double échec.

- Échec du relativisme familial «  68 » érigé en modèle de progrès par la génération morale aux affaires depuis 1980 : des millions de familles disloquées, des pans entiers d’adolescence sinistrée ( 7 à 10 %). La facture de la fracture familiale est payée par les faibles. Tristes libérations !
- Échec du recours abusif à un statut associatif subverti. C’est ici le paroxysme de la confusion des pouvoirs. : confusion voulue, organisée et systématisée. La France associative nouvelle est entrée en justification par le statut, l’institution, les intentions affichées, les œuvres, et le caractère public du financement :  à contre Séparation, donc à contre Réforme.  Elle tourne le dos à ses principes fondateurs :la gratuité et la liberté et borne son ambition au nombre de salariés et au professionnalisme des dirigeants. Les Donateurs, les Jeunes, le Peuple et les Bénévoles ont déserté ce nouveau «  modèle » associatif.

            La réaction prévisible car spontanée de la  société civile face à ce double échec devrait prendre deux formes.

-Sur le plan familial, un rejet frontal du modèle familial-moral relativiste et totalitaire à la fois : «  R.F.A »  soit « Ruquier, Fogiel, Ardisson. ».

              -Sur le plan associatif, une exigence d’évaluation, certification des aides publiques, des effectifs  représentés ou aidés, une promotion de la culture de séparation des pouvoirs et des intérêts, un réveil des formes mutualistes, communautaires et locales de l’engagement personnel et collectif.   

La commémoration de la Séparation de 1901-1905 aura eu pour mérite inattendu de révéler l’opposition des zélotes de l’exception française à toute forme de séparation des pouvoirs et des intérêts. S’ils sont à la rigueur d’accord pour continuer à séparer l’église de l’État, ils sont plus  hostiles que jamais à toute réelle séparation des pouvoirs surtout dés qu’il s’agit d’argent public. La question politique majeure pourrait donc bien être demain : comment « laïciser » c’est à dire « décléricaliser » la Séparation en la désenclavant du seul domaine cultuel et religieux .

Ces considérations concernent particulièrement la mouvance évangélique qui réunit désormais les trois quart du protestantisme français contre un quart pour les traditionnels « luthero-réformés ». Sur le terrain, les églises évangéliques sont caractérisées par l’éparpillement, la conviction personnelle, La Bible, la Famille, l’engagement bénévole individuel et communautaire soit le contraire du faux nez associatif français. Et du relativisme familial. Depuis trois ans, la quasi totalité des AFP qui se créent sont «  évangéliques ». Et de ce fait, les  AFP sont au sein de l’UNAF le seul mouvement familial à enregistrer un développement d’une telle ampleur relative.
Ces perspectives permettent d’envisager pour les AFP, un rôle d’accompagnement des nouvelles associations et de banc d’essai du projet d’État Généraux du Protestantisme lancé par Jacques Ellul en octobre 1985 à l’occasion de la commémoration de la Révocation de l’Édit de Nantes. Réunion prévue à Fontevraud les  6, 7 et 8 Octobre 2006

DEVELOPPEMENT

Survenant après le centenaire de la loi de 1901 et l’attentat du 11 septembre 2001,la commémoration de la laïcité de 1905 comme le 60° anniversaire de l’UNAF ont révélé l’ampleur des bouleversements survenus en matière familiale, associative et religieuse, en France certes, mais plus encore dans le monde. L’examen  de la situation aux États-unis et  en Europe du Nord a permis de revisiter les fondements bibliques de la Séparation avec leur implication en matière de séparation des pouvoirs et des intérêts sur l’ensemble l’organisation civile et politique, soit bien au -delà du seul champ cultuel .
Trois rencontres ont stimulé la reflexion : pastorale charismatique le 15 mars à Grenoble, Controverse au Sénat le 16 septembre, pastorale de Mulhouse le 12 octobre. De ces analyses ont été tirées à l’attention des églises de la Réforme des propositions d’action locale pour accélérer le réveil déjà mesurable d’un mouvement familial associatif vivant .


I  LA QUESTION FAMILIALE

    A )  Analyse
     A la question : «  De la révolution «  néo-cons » ou «  théo-cons » survenue aux États-unis depuis une trentaine d ‘années,  qu’est ce qui - à l’instar du phénomène Hyppy des années 60 - peut traverser l’Atlantique  » ? La réponse unanime est : la remise en cause du relativisme moral dans le champ familial (Pour Le Monde : Daniel Vernet. Henry Tincq ) .
Cette  prévision s’appuie sur le constat d’un désastre et d’un échec français.

 I  Le bilan familial désastreux de la génération morale «  68 » aux affaires depuis 1980 . Familles disloquées ; Adolescence sinistrée.

Les familles « non traditionnelles ».
Les effectifs de familles monoparentales- comme ceux des familles recomposées- poursuivent de façon ininterrompue leur croissance relative et absolue engagée au début des années 80. C’est dans ce segment que la Commission « Famille et pauvreté » installée en février 2005 par le gouvernement situe le plus fort taux de précarité et animée par M. Martin Hirsch. Coïncidence ou corrélation ? la question a été refusée. Puisque la monoparentalité «  libère » la femme, Il est interdit de chercher de relation de cause à effet. Impossible dans cet état de blocage intellectuel et moral d’imaginer des issues aux fameuses trappes à pauvreté que sont devenus l’API, le RMI et autres minimas sociaux.
En toute hypothèse nous affrontons un fait social en explosion qui restera la marque de la génération 1980-2010. D’ores et déjà sur 8,6 millions de familles avec enfants, 27 % des adultes (4. 322.000) et 24% des enfants (4. 382. 000 enfants de moins de 25 ans) vivent dans des familles « non traditionnelles » Les effectifs des familles monoparentales ont triplé en trente ans (En 2004, 2.000.000 de familles et 2.747 000 enfants qui fournissent la moitié des inadaptés scolaires soit une proportion trois à quatre fois supérieure à celle des familles stables). Il y a trop de souffrances pour ce qu’il y a se dépenses publiques inefficaces et dans une telle conjoncture tôt ou tard les meilleurs des citoyens s’associent pour réagir et s’entraider.

 L’adolescence sinistrée
On retiendra de la Conférence de la Famille de 2004 qu’elle a ouvert le dossier de l’adolescence. Il ne sera pas refermé de sitôt : perspective redoutable pour deux écoles de pensée qui dominaient la scène familiale depuis plusieurs décennies et nous conduisaient à l'impasse.
- Celle tout d’abord qui présentait l’adolescence comme une situation à risques, un état quasi pathologique, justifiant intervention publique, statuts spécifiques et prévention collectives. Cette école découvre à contrecœur la réalité des chiffres : on compte 14 millions de mineurs de 18 ans, 5,4 millions d’adolescents dont 500.000 à 700.000 (10 à 15 %) présentent des troubles comportementaux graves et 61.000 (1,5%) relevant de soins psychiatriques. L’argent n’y est pour rien. Au contraire l’enfant  est l’objet de dépenses sans cesse plus élevées.
Premier acquis intellectuel de cette conférence de la famille 2004 : 80 à 90% des adolescents ne relèvent pas de la prévention médicale. L’adolescence vient d’échapper au docteur Knock.
- Celle surtout pour laquelle il n’est de solutions familiales, individuelles comme collectives, qu’administratives, financières, institutionnelles et professionnelles. Cette option « politique », pur produit de l'exception française, n’est plus tenable qui dispensait jusqu’à ce jour de s’interroger sur les causes du désastre et notamment sur les conséquences des déchirures familiales. 500 000 à 700 000 adolescents qui souffrent jusqu’à la dépression, l’anorexie, l’obésité, l’échec scolaire, les conduites addictives, la violence contre autrui et le suicide, c’est un désastre humain dont chacun - s’il veut sincèrement y remédier - doit rechercher les causes ailleurs que dans les documents budgétaires.
Le dernier ouvrage d’Ado Naouri « Les pères et les mères » Ed Odile Jacob, interdit désormais cette politique de l’autruche : ce second acquis intellectuel de la conférence 2004 est bienvenu, l’année du « mariage de Bègles ».

Dans cette perspective, s’il apparaît raisonnable d’expérimenter deux ou trois maisons de l’adolescence à partir d’innovations jugées satisfaisantes, prenons pour une fois la précaution de protéger les familles contre ce que F. Bloch Lainé appelait la dictature de l’offre sociale. C’était il y a un quart de siècle, au congrès de l’UNIOPSS, en 1979, à Vittel.
A titre expérimental, au sein des instances dirigeantes de ces nouvelles « maisons », inventons la certification sociale et familiale, confions-la à des associations familiales authentiques et représentatives c’est-à-dire distinctes des salariés et des usagers, c’est à dire riches de militants désintéressés et compétents. Ne renouvelons pas la triste expérience des tutelles.
La société civile profiterait de ce qui constitue la vocation politique du mouvement familial, sa différence utile : l’invention de la certification tant financière que familiale et sociale, tant locale que nationale, applicable pourquoi pas à la représentativité des grands ensembles d’employeurs associatifs aidés comme des divers partenaires sociaux.
Il s’agit de promouvoir l’évaluation, la transparence, la participation et partant la gouvernance de la dépense  nationale associative sur prélèvements obligatoires sociale, éducative, sportive et culturelle. Il s’agit de 8 à 10 % du PIB et de 1 million de salariés, mobilisés par l’Etat Providence, sous statut de la loi de 1901.

 II Inefficacité des interventions publiques dans le champ familial

      Une preuve parmi d’autres de l’ampleur des nouveaux besoins familiaux est la multiplication de structures, institutions et organismes dits de consultation ou médiation financés sur fonds publics et gérés par des professionnels notamment à l’initiative des travailleurs sociaux. Et depuis peu, l'opinion découvre navrée l'inefficacité coûteuse de ces multiples institutions, professions, allocations, prestations, tantôt bureaucratiques, tantôt corporatistes, se refusant à toute coordination, toujours en quête de nouveaux problèmes, nouvelles pauvretés, nouvelles inégalités, nouveaux droits à satisfaire, incapables de redresser la personne, de recréer des relations, du tissus social et a fortiori du lien familial.

Les dernières études de l’INSEE (Le Monde du 6 juillet 2002) font état d’une explosion des métiers liés à la famille (assistantes maternelles et gardes d’enfants sont passées de 261.440 à 538. 390 soit +121% entre 1990 et 1999 notamment avec la croissance ininterrompue des effectifs des familles monoparentales + 40 % entre 1982 et 1990, +22 % entre 1990 et 1999 pour atteindre 1.90.000 familles en 2004.

Le Nouvel Observateur a même créé un nouveau magazine, Triba, pour ces "nouvelles populations familiales".
Multipliant prises en charges, encadrement social, prestations, institutions et professions, ces  interventions rarement coordonnées se sont révélées non seulement incapables de produire du sens et de la relation - ce qui était prévisible - mais s’averrent contre-productives comme en témoignent certains dossiers explosifs ( Adolescence, tutelles aux majeurs, travailleurs handicapés en CAT, protection de l’enfance, etc.).
Leur objectif est de soigner, pas de libérer, leur obsession c'est la Pauvreté, pas la Famille. pire il arrive qu’à force de prôner et faire financer toutes les libérations, ils parviennent à détruire toutes les relations. Autre preuve tangible d'inefficacité, la montée de la délinquance juvénile en particulier dans les populations fragiles de quelque nature et origine que soit leur fragilité.

Les familles  découvrent lentement que les institutions et les professions ne sont pas à la hauteur des difficultés et qu’une nouvelle démarche d’entraide familiale de type mutualiste s’impose comme un indispensable complément aux efforts et talents des professionnels du social . C’est aussi cela  la «  laïcisation …. Un autre rapport des « professionnels » au « Peuple » .

NB Les émeutes récentes nous incitent à revisiter le projet lancé par les AFP en janvier1994 d’Islam réformé, associatif et familial ;  Union des Famille Musulmanes


II LAICITE DE COMBAT POUR LE MONOPOLE DES SALARIES OU SEPARATION  CONTRACTUELLE DES POUVOIRS IMPOSEE PAR LES BENEVOLES ?

Les États-unis et plusieurs pays européens (Confédération Helvétiques, Provinces Unies par exemple) font depuis plusieurs siècles la preuve que la Séparation entre les cultes et l’État peut se vivre de façon consensuelle et conventionnelle et en tout cas pas sous la forme de quasi guerre civile ou d’anti catholicisme furieux. Surtout ces pays pratiquent une réelle Séparation des pouvoirs et des intérêts ce qui loin d’être le cas de la France.

Héritage de nos guerres de religion, la Séparation a été voulue et reste pensée  en France comme une guerre entre candidats au monopole. Mais le camp « laïc »  poursuit le même objectif que l’église romaine de jadis c’est à dire  monopole et  prééminence des clercs .
La décatholicisation française laisse absolument intacte l’obsession de monopole et de cléricalisme sans la foi  surtout de l’Éducation Nationale nébuleuse, mammouth, pouponnière de militants et d’élus, fer de lance électoral  de la gauche politique .

L’Assemblée nationale élue en 1997 comptait 41% de fonctionnaires dont deux tiers d ‘enseignants  non tenus de démissionner avant de courir les urnes à l’instar de leurs homologues anglais, canadiens ou américains.

S’agissant des rapports entre exécutif, législatif et judiciaire, la France refuse la séparation des pouvoirs  qui figure pourtant à l’article XVI de la Déclaration de 1791.A titre d’exemple trois ministres socialistes se sont succédé à la Cour des Comptes de 1981 à 2001 ; Chanderrnagor, Arpaillange et Joxe. En Angleterre la fonction est assurée par un parlementaire de l’Opposition .
Cas clinique du refus de séparation: la transformation de l’association, contre pouvoir libre et gratuit en courroie de transmission des autres pouvoirs. L’État Providence, employeur honteux de 1 million de salariés associatifs, concède  ainsi à ses obligés la gestion d’un  « modèle social  obèse, opaque et politisé qui échappe à toute évaluation comme à tout contrôle démocratique politiquement indépendant des contrôlés.

Dans de telles conditions , la commémoration en rafale des lois de 1901 et 1905 ne pouvait que révéler l’ampleur des contradictions françaises .
- Première contradiction, responsables politiques et religieux : MM. N. Sarkozy ministre des cultes et le pasteur J.A de Clermont ont manifesté la volonté de commémorer la séparation en la supprimant. Comment interpréter autrement leur commune volonté de financer la construction de mosquées gérées sous statut de 1901 soit hors la loi de 1905 ? Discrimination ?
- Seconde contradiction. Est-il équitable qu’une même municipalité aide la construction d’une mosquée et refuse d’aider une église évangélique trop vite qualifiée de « secte » ? Discrimination ?
                - Troisième contradiction. Pourra-t-on longtemps  harceler fiscalement les Témoins de Jéhovah et laisser bride sur le cou à des organismes politisés, gros consommateurs de fonds publics comme SOS Racisme ou le MRAP ? Pourra-t-on longtemps supprimer les aides de la CNAF aux éclaireurs protestants accusés de prosélytisme alors que  certains organismes « laïcs »  comme la Ligue de l’Enseignement ou la FOL, bourrent le cerveau des jeunes qui leur sont confiés. Et après tout entre une mosquée qui recrute contre les américains pour l’Irak,  une Loge en mal d’influences politiques cachées, une église Pentecôtiste …….qui a le comportement le plus « sectaire « ? 
    - Et telle sera vraisemblablement la conclusion de ce centenaire : la distinction entre 1901 et 1905 n’a plus lieu d’être.  La politisation est une religion comme une autre. Et les « permanents associatifs politisés »  d’aujourd’hui sont tout aussi cléricaux et Tartuffes que les congrégationalistes d’hier. La laïcité c’est la séparation contractuelle et constitutionnelle des pouvoirs et des intérêts, le refus du monopole, la préminence du Peuple sur les permanents, pas la chasse aux curés.

C’est l’emploi perverti du statut de 1901 qui doit désormais être strictement laïcisé évalué, contrôlé, mis en transparence et gouvernance pour restaurer une démocratie financière en haillons, rendre son âme  et son arme à la société civile
Le mouvement de cette Réforme ne viendra ni d’en haut ni de l’intérieur des appareils et des professionnels. Il y faudra, église par église, quartier par quartier, outre de l’énergie, de la compétence, de l’indépendance, de l’engagement personnel, du désintéressement, la préférence pour la Famille, le courage et la Foi. Nul doute que dans cette perspective, la mouvance évangélique ne constitue un acteur privilégié et de ce combat laïc renouvellé.



VIII Novembre 2005

BANLIEUES 2005

FIN du « MODELE FRANCAIS »
ou
MODELE de DESASTRE ?


RAPPORT AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
L'ACCUEIL DES IMMIGRANTS ET L'INTÉGRATION DES POPULATIONS ISSUES DE L'IMMIGRATION
(Rapporteur P.Seguin. Novembre 2004)

Guide de lecture par :

Pierre-Patrick KALTENBACH, Conseiller Maître honoraire de la Cour des Comptes, V° chambre, (secteur associations, immigration et emploi). Président de l’INED et du FAS, membre de la Commission Marceau Long, auteur de « La France une chance pour l’Islam ». 1991, « Associations lucratives sans but ». 1995, « Tartuffe aux affaires 1980-2000 » 2001, Président des Associations Familiales Protestantes, Administrateur de l’UNAF. Son épouse a écrit avec Michèle Tribalat: "La République et l'islam. Entre crainte et aveuglement" Gallimard 2002 Prix de l'Académie Française et de l'IHEDN.

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I
BANLIEUES et STATISTIQUE. 
MENSONGES PROFESSIONNELS

Aux sources intellectuelles et morales du désastre, la génération morale aux affaires depuis 1980 s’est caractérisée par le refus de définir et de compter. Le sommet du faux en statistique a été atteint avec le concept d’Islam seconde religion de France, six millions de musulmans. Au lieu d’assurer leur mission, chercheurs, sociologues, médias et salariés associatifs se sont mis à militer. On se cantonnera ici à l’essentiel.

«  LA FRANCE N’A PAS DE PROBLEME D’IMMIGRATION »

            François Héran, actuel  Directeur de l’INED Janvier 2004
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En janvier 2004, F. Héran directeur de l’INED (Institut  National d’Études Démographiques) que j’ai eu l’honneur  de présider de 1986 à 1990 à la demande de Philippe Seguin, écrit que la France n’a pas de problème d’immigration. On se bornera à la présentation de cette perle.

Mais le rapport de la Cour multiplie les exemples de ce déni militant de la réalité, qu’il s’agisse de distinguer l’étranger de l’immigré, de la condition des femmes, de la polygamie, de la fraude au droit d’asile, au statut d’étudiant, à la santé, au logement, de la situation religieuse dans les hôpitaux, les écoles, les prisons..
En matière d’immigration et d’intégration, de haut en bas des appareils financés sur fonds public et quelle que soit le statut juridique des organismes, la nature de l’activité, on ne travaillait plus, on militait… et plus on était « associatif » plus c’était vrai.

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Cinq vérités sur l’immigration

[La Croix, 20 janvier 2004]
L’INED publie le mardi 20 janvier 2004 une étude qui dénonce les « idées reçues sur l’immigration ».
Il est des circonstances où les statisticiens et démographes, si soucieux de peser et soupeser leurs chiffres et leurs mots, sortent de leurs gonds. C’est un peu ce qui arrive aujourd’hui au directeur de l’Institut national d’études démographiques (INED). François Héran juge urgent et opportun de faire une mise au point sur les données chiffrées de l’immigration, tant les statistiques triturées et manipulées nourrissent un discours d’intolérance.

1. La France serait « un pays d’immigration massive »

Selon l’INED, cela fait vingt-cinq ans, depuis la fin des années 1970, que la France n’est plus un pays d’immigration massive. Elle connaît même un retournement de situation par rapport aux autres pays européens par son imposant nombre de naissances et son solde migratoire le plus faible au niveau européen. « Cette approche comparative donne une vision positive de la situation française, loin de l’hiver démographique que certains invoquent », estime François Héran.

La France a été historiquement le premier des pays européens à accueillir des immigrés. «Dès le XIXe siècle, l’immigration a été très liée au marché du travail, explique l’historien Gérard Noiriel qui s’est le premier penché sur l’histoire de l’immigration. Dans les périodes de retournement de conjoncture, il y a, cela se vérifie à chaque fois, un lien très fort entre l’arrêt de l’immigration et la montée de l’intolérance. » L’auteur du Creuset français rappelle ainsi les vagues de haine qui ont jalonné l’histoire française, «

2. Le taux de fécondité de la France serait « largement dû aux immigrées »

Les sept enfants par femme d’il y a quarante ans sont devenus, au Maghreb, trois enfants par femme dans les années 1990. Sur le sol français, les jeunes issus de l’immigration, aujourd’hui visibles dans l’espace public, sont nés il y a quinze ou vingt ans. « Ils sont le fruit d’un régime de fécondité largement révolu », insiste François Héran. Les femmes immigrées ont, encore plus vite que celles qui sont restées dans leur pays de naissance, épousé les courbes à la baisse de la fécondité.. Les immigrées « qui représentent seulement le douzième des femmes en âge d’avoir des enfants, sont trop peu nombreuses pour pouvoir relever sérieusement le taux de fécondité général du pays. »

3. L’immigration irrégulière serait « innombrable »

Il est difficile, cela va de soi, de comptabiliser les personnes entrées illégalement sur le territoire, même si le recensement est une opération qui préserve l’anonymat des personnes. Mais indénombrable ne veut pas dire innombrable, s’insurge François Héran pour qui l’inconnu ouvre la porte aux interprétations excessives.

4. La statistique «ne saurait pas compter les immigrés»

L’INED ne nie pas ces flottements statistiques qui s’expliquent très bien : il y a, en effet, le cas délicat des clandestins déjà évoqué ; le flou concernant les retours au pays, les sorties du territoire n’étant pas appréhendées et enfin les déclarations incertaines, celles des immigrés âgés qui, avec le temps, ont tendance à se déclarer « Français de naissance ». Ce qui ne saurait relever de la fausse déclaration à proprement parler : « C’est à l’évidence un signe d’intégration accomplie », se réjouit François Héran. Mais, au total, François Héran juge ces flottements relativement mineurs. Ils ne sauraient en tout cas, à ses yeux, justifier une « vaste opération de reprise en main qui obligerait les immigrés à se faire enregistrer pour avoir droit aux services sociaux ». La France a, en matière de fichiers de population, un lourd fardeau historique qui peut expliquer qu’elle n’adopte pas aujourd’hui le principe du registre de population en vigueur dans plusieurs pays européens : « La seule période de notre histoire où la déclaration du changement de résidence a été rendue obligatoire est le régime de Vichy, qui s’en est servi pour organiser la rafle du Vél d’Hiv en juillet 1942. »

5. La France ne peut accueillir la « misère du monde »
Ce n’est pas parce que les nouveaux migrants vivent fréquemment dans des situations de misère que ce sont des miséreux. Le sociologue du CNRS Smaïn Laacher l’a à nouveau démontré en étudiant la population de l’ancien centre de migrants clandestins de Sangatte (Kurdes d’Irak et Afghans ne cherchaient pas un eldorado mais à fuir la guerre, les persécutions ou l’insécurité économique). Les rares études existantes font toutes ce même constat : ce sont les moins pauvres ou les mieux armés socialement ou intellectuellement qui partent.

Marie VERDIER


II

BANLIEUES  et ASSOCIATIONS
GACHIS SUBVENTIONNAIRE

  Verset Voltairien.

«  J’ai mis l’étranger dans tes murs pour te rappeler la justice et la liberté,  pas pour passer  la télévision,  gagner les élection et  vivre de subventions.  Amen. »

 "  LES ASSOCIATIONS MANQUENT DE MOYENS""

La subversion  associative observée depuis 1975 porte aujourd’hui ses fruits amers dans les banlieues dévastées. Le rapport de la Cour des Comptes sur l’échec de l’intégration et ses menaces (rapporteur P. Seguin) publié en novembre 2004, en fait une analyse cruelle en des termes qu’il faut savoir lire entre les lignes.

On comprend que depuis 30 ans, les responsables publics - ceux qui sont en rapport avec la dépense publique- ont  livré  les banlieues et les immigrés  à  ce   sommet du «  Ni – Ni », que sont ces « associations lucratives sans but », publiques par leurs ressources  « ultra libérales » par leur gestion.
 l’Histoire retiendra l’anti-racisme officiel subventionné d’SOS Racisme, les grèves dans les foyers de la SONACOTRA, les campagnes pour « Sans Papiers » et, la veille de chaque élection, le chiffon rouge du vote étranger destiné à booster le vote du Front National. Mais peu de gens savaient le démantèlement de l’État par le monde pseudo associatif aidé.

Le FAS finance 6000 associations amies. 5000 associations de formation  professionnelle n’ont qu’un seul client, L’ANPE. Le premier ministre a parlé de 14.000 associations oeuvrant au  salut des banlieues  et  conclut qu’il convient d’accroître leurs crédits. L’État a été désarmé souvent même par les plus privilégiés des membres de ses grands corps. Pour paraphraser le conte de Ségur en 1813: « Aux privilèges du patriciat, ces gens ont ajouté les douceurs d’une philosophie plébéienne ». L’administration centrale ne compte que 73 agents pour faire face aux lourds bataillons des établissements publics et des associations subventionnées : FAS, SSAE, OMI, ADRI, France Terre d’Asile, SOS Racisme, CIMADE…. et  les  milliers de pseudopodes associatifs de l’Éducation nationale, de la Culture, de Jeunesse et Sport, de la formation professionnelle, de la Ville de l’Insertion par l’Emploi, de l’Économie Sociale et solidaire, etc.

Non MM Borloo et Touraine, le modèle français n’est pas obsolète ! On a tout fait pour le disloquer.

Et modèle pour modèle, on regrettera  celui qui empêchait les ministres de la République d’émailler leurs propos TV de  «  Putain »…  «  Chiant » …..
C’est à ce peuple de salariés associatifs politisés - emmenés par les vedettes médiatiques  désormais consacrées : Bové, Mamère, Dieudonné et Ramadan -  que la génération politique aux affaires depuis 1980 a  confié l’une des pires bombes de notre histoire, celle qui mêle démographie, laïcité, décolonisation, crise économique, mondialisation, concentration, immigration clandestine, pétrole, vente d’armes, Jérusalem, dictatures pétrolières policières, militaires et religieuses, terrorisme, etc. Il suffisait d’une allumette …l’incendie était prévisible d’autres suivront d’ici les élections de 2007.

Fait unique dans le monde démocratique, prés de 10 à 12 % du PIB, dont 80% financés sur prélèvements obligatoires, sont gérés en France sous statut privé de la loi de 1901.

D’une loi de liberté, arme de société civile, contre-pouvoir démocratique par essence, les pouvoirs ( politiques, bureaucratiques, corporatistes, féodaux, médiatiques, marchands …) ont fait  une courroie de transmission, un outil à facilités budgétaires et souplesses fiscales, un monde irréductiblement hostile à toute transparence, évaluation et certification.  Ces faux « bénévoles faux donateurs » incarnent et illustrent cette institutionnalisation de la confusion de pouvoirs et des intérêts qui depuis 30 ans mine et sclérose la démocratie financière française. Le couvre feu est l’arme des régimes faibles. La loi de 1955 n’a pas empêché l’effondrement de la IV° République à Alger
Que leurs équipements inutiles et coûteux soient aujourd’hui les cibles incendiées de ceux -là même dont ils se prétendaient les porte-parole et le héraults vertueux n’est que justice.
Et il nous faudrait demain financer des mosquées salafistes ou FLN  pour commémorer le centenaire de la séparation de 1905 ?
Il n’est que temps de restaurer la démocratie et non un « modèle » parmi d’autres..


III
BANLIEUES  et FAMILLE
La faute aux parents ?
Nouvelles familles.
MODELE « RFA »
( RUQUIER, FOGIEL, ARDISSON )
« Si tous les modèles se valent, le cannibalisme est affaire de goût » Leo Strauss.

Le processus de  dislocation familiale engagé dans la décennie 75 –85 a connu trois étapes.
Première étape : ne plus dire  « FAMILLE » mais «  familles ».
Seconde étape : appeler « modèle » tout comportement sexuel, conjugal, familial, parental repérable :cohabitation juvénile,  concubinage notoire, mariage traditionnel( entendre catho ringard, réac Vichyste) la famille monoparentale,  décomposée,  recomposée,  PACS,  modèle de Bègles, celui de l'imam algérien de Vénissieux (deux femmes seize enfants), l'homoparentalité qui piaffe.
A ce sujet Aldo Naouri écrit : « Je veux interroger les conditions d'existence de la famille désormais dite «  traditionnelle », manière sémantique d'en signifier l'obsolescence comme d'en exprimer le rejet. ». Les zélotes des « nouveaux modèles » se gardent bien de dire leur choix ce qui engagerait leur responsabilité. Leur prétexte ? «  Il est interdit de juger puisque tout se vaut ». Relativisme moral qui fait dire à Leo Strauss : « Si toutes les valeurs se valent, le cannibalisme est affaire de goût » .
Mais, dernière étape, ce relativisme devient totalitaire : il est interdit de le critiquer. « Tout se vaut mais le modèle RFA  prévaut. »
La politique notamment fiscale (CSG, taxe d‘habitation,ISF) a suivi, privilégiant systématiquement la séparation contre la relation, l’individu contre le groupe, l’instant contre la durée, la professionnalisation et le salariat contre l’entraide et le bénévolat. Les « travailleurs familiaux » ont vu leurs effectifs exploser.
Tout comme aux USA, plus les populations « traitées étaient fragiles, plus ce discours et cette politique ont eu des effets dévastateurs sur les pères et les fils.
Un exemple navrant de cette préférence pour la professionnalisation associative. En 1994, les Associations Familiales Protestantes ont suscité la naissance de l’Union des Familles Musulmanes. Il s’agissait d’aider les intéressés à se prendre en charge. L’évènement a  été salué par P.Seguin à l’Hôtel de Lassay, en présence de France Quéré, Jacques de Bourbon Busset, Leila Schaid lisant un  message d’André Chouraqui de Jérusalem. Qu’ont fait les institutions associatives  subventionnées pour appuyer cette  initiative contestée  par Familles Laïques. ? RIEN

Au bout du processus ? Explosion de monoparentalité porteuse de pauvreté et désastre de l’adolescence broyée. Et il faudrait s’en prendre aux parents des banlieues !!!










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