Islam, 3e religion de France ? Vivement la certification des cultes
Cette ignorance résulte d’un tabou français qui interdit de compter selon la race ou la religion. Ce principe en soi respectable se retourne aujourd’hui contre la laïcité lorsque, par exemple, un ancien ministre de l’Intérieur propose de financer les seules mosquées au bénéfice de musulmans peu pratiquants dont il admet ignorer les effectifs.
Les Associations Familiales Protestantes collectent depuis plusieurs années des statistiques et des indicateurs épars sur l’Islam et par ricochet sur les protestantismes et tout particulièrement la mouvance évangélique.
Concernant les évangéliques, ont été rapprochés les effectifs officiels donnés par la Fédération Protestante sur son site, le nombre de foyers cotisants donné annuellement par l’église réformée de France, les résultats du dernier sondage IFOP sur le nombre d’adultes se déclarant protestants, divers indicateurs significatifs comme le nombre d’éclaireurs unionnistes, d’enfants en cathèchèse, d’abonnés du journal Réforme, enfin les évaluations de la mouvance évangélique par Sébastien Fath et de la Mission Interministérielle sur les dérives sectaires.
Il a été tenu compte de la remarquable étude sociologique réalisée par le CNRS sur la plus grosse église évangélique de France La Porte Ouverte du Plein Evangile de Mulhouse. Pour l’islam ont été retenus les travaux de Michèle Triballat, les statistiques et évaluations du Ministère de l’Intérieur sur le nombre de mosquées, d’imam, de boucheries hallal, d’électeurs au Conseil Français des Cultes enfin les sondages IFOP et du CSA.
De nos tâtonnements émergent peu à peu des ordres de grandeurs inattendus en termes d’adultes pratiquants : au plus 250 000 musulmans , au moins 400. 000 évangéliques.
Ou encore, il apparait que 88.000 cotisants réformés sont "représentés" selon des procédures "ultra sénatoriales" par quelques dizaines de professionnels de la "représentation à vie", majoritairement salariés, qui prétendent parler au nom des 920.000 adultes protestants bénévoles repérés fin 2004 par l'IFOP.
On est ici aux antipodes du fameux régime presbytero-synodal dont s'enorgeuillit la Réforme " A la Française".
Concepts flous et chiffres faux
Parmi les causes de ce manque d’enthousiasme pour la transparence, comme pour la participation et la gouvernance, on mentionnera l’idéologie de la « génération morale » aux affaires depuis 1980 qui a érigé en tabous trois obstacles insurmontables sur la voie de la transparence indispensable socle de toute démocratie.
« Il est interdit de définir car définir c’est stigmatiser donc exclure ! Il est interdit de chiffrer car chiffrer permet de demander aux responsables de rendre compte ».
C’est ainsi qu’opacité et flou ont été érigés en normes éthiques.
Troisième tabou : « Parce que tout se vaut, il est interdit d’interdire », soit le relativisme totalitaire qui fait dire à un juif trotskyste américain plein d’humour, Leo Strauss : « Si tout se vaut, le cannibalisme est affaire de goût » .Cf Daniel Vernet : « l’Amérique messianique ».P 67 Seuil Août 2004.
Cette dérive intellectuelle et morale a affecté la société politique et médiatique depuis le début des années 1980 avec par exemple le dossier bâclé de l’immigration, ou l’opacité de la dépense nationale associative financée sur prélèvements obligatoires.
Le relativisme totalitaire n’a pas épargné les églises protestantes traditionnelles, principalement en matière de sexualité, mariage et famille contribuant fortement à vider les paroisses notamment en zone concordataire.
Concernant le protestantisme, le Monde, le Figaro, La Croix et Libération écrivent depuis 30 ans sans vérifier leurs sources que l’ERF « principale église », compte 350.000 fidèles. C’est d’ailleurs le chiffre qui figure actuellement sur le site de la Fédération Protestante. Mais dans La Croix du 6 mars 2003, Claire Lesegrétain, citée par Sébastien Fath dans le rapport "Sectes et Laïcté de la Mission interministérielle de vigilance contre les dérives sectaires" (MIVILUDES, Documentation Française février 2005), écrit : « Avec près de 1 800 lieux de cultes et quelques 350 000 membres en France, (Soit 194 membres par lieu de culte; l'église réformée considérée par lesmedias comme le gros du protestantisme affiche certes 1000 membres par paroisse mais dans seulement 383 lieux de culte!) le courrant évangélique ne cesse de progresser depuis une trentaine d’années ». Et S.Fath d’ajouter : « Dans la plupart des municipalités françaises, il y a aujourd’hui davantage de communautés de type évangélique que de type réformées ou luthériennes, qui représentent le protestantisme anciennement concordataire ».
Quant aux musulmans pratiquants , à l’occasion de la création de la Fondation de financement du culte musulman, le ministère de l’Intérieur donne les chiffres suivants ( Figaro 1°mars 2005. Mosquées recensées 1680 ; capacité maximum inférieure à 100 000 mais hommes et femmes ne participent pas ensemble au culte). Les Renseignements Généraux pour leur part s’en tiennent au chiffre maximum de 250 à 350 000 pratiquants. Jean Marie Matisson, président du Comité Laîcité République fait état de 170 000 votants à l'élection du CFCM (Colloque International Bordeaux-Artigues:29 et 30 novembre 2003. Editions maçoniques de France. Concenant le péleribage à la Mecque, l'un des cinq piliers de l'islam, Cécilia Gabizon écrit dans le Figaro du 4 janvier 2006;
"Avant, les musulmans allaient à La Mecque au soir de leur vie, pour se purifier de leurs péchés. Aujourd'hui, presque 30% des 25 000 pèlerins partis de France cette année sont des jeunes, estime le consulat d'Arabie saoudite. Des couples aux abords de la trentaine, déjà établis dans la vie. Une petite révolution, entamée il y a cinq ou six ans, qui témoigne du regain de religiosité chez les jeunes, originaires pour la grande majorité du Maghreb ou de Turquie."
Les chiffres officiels de la Fédération Protestante de France
Mais la Fédération accapare depuis une quarantaine d’années le droit de parler au nom du protestantisme sans trop consulter, ce qui dans une société hyper médiatique constitue un privilège rare en même temps qu’un risque redoutable de fracture entre le Haut et le Bas. Il en résulte une succession tensions qui affaiblisent notamment l’église avant hier encore dominante l’Eglise Réformée, laquelle avait pris soin contrôler la Fédération depuis sa création en octobre 1905.
Commentaire. En protestantisme, on distingue traditionnellement deux catégories d’églises : les « multitudinistes » et les « confessantes ». Ces termes méritent précision car il est difficile de faire comprendre à un français normal que 44.000 foyers cotisants constituent une multitude (cas de l’ERF).
I S’il s’agit d’églises « multitudinistes » : on compte donc comme membres même les adultes connus mais qui ne cotisent pas et nécessairement aussi les nourrissons. La FPF aboutit ainsi au chiffre de prés de 1000 membres par paroisse dans l’église réformée de l’intérieur et l’église concordataire d’Alsace Moselle. En Région Ile de France, l’ERF ne compte que quatre paroisses ( sur 77 ) de plus de 400 cotisants. Or en 2003 pour toute la France, l’ERF compte seulement 43.808 foyers nominatifs cotisants en 383 paroisses soit 117 foyers, donc au plus 234 adultes cotisants par paroisse. Les effectifs cotisants décroissent chaque année régulièrement de 1% depuis cinquante ans ans. les réformés restant se concentrent dans les paroisses riches: l'offrande nomitaive par foyer a ainsi augumenté de17 % de 1987 à 2003 pour atteindre en moyenne nationale 350 euros par foyer et par an, l'effort se concentrant sur le local au détriment du national ( fléchissement en 2001, décrochage en 2003.)
II S‘il s’agit d‘églises «confessantes », on ne compte que les membres adultes engagés personnellement dans la vie d’église ; l’effectif moyen est de 60 membres.
Le contraste ainsi révélé est donc le suivant : un « confessant » pèserait 165 « multitudinistes ».
Les évangéliques ne comptent que les confessants et l'IFOP seulement les adultes.
Les Eglises et unions d'Eglises. SITE FPF chiffres 2005
A) « MULTITUDINISTES »
Total 641 000 membres en 690 paroisses soit 927 membres par paroisse.
- Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Moselle (ECAAL)
218 000 membres, 206 paroisses ( NDLA : plus de 1000 membres par paroisse) - Eglise Evangélique Luthérienne de France (EELF)
40 000 membres, 47 paroisses - Eglise Réformée de France (ERF)
350 000 membres, 383 paroisses (NDLA : environ 900 membres par paroisse) - Eglise Réformée d'Alsace et de Moselle (ERAL)
33 000 membres, 54 paroisses ( 550 membres)
Total 94.000 membres en 341 paroisses soit 266 par paroisse
- Union Nationale des Eglises Réformées Evangéliques Indépendantes de France (EREI)
13 000 membres, 37 paroisses - Fédération des Eglises Evangéliques Baptistes de France (FEEBF)
6500 membres professants, 110 paroisses - Union des Eglises Evangéliques Libres (UEEL)
2500 membres professants, 56 paroisses - Armée du Salut
43 postes, 39 avant-postes d'évangélisation - Eglise Apostolique (EA)
2800 membres professants, 24 paroisses - Eglise de Dieu en France
595 membres professants, 15 paroisses - Mission Evangélique Tzigane de France (METF)
70 000 membres professants, 114 lieux de culte
21 décembre 2004
«Eléments d’analyse sur la sociologie et le positionnement politique des protestants en France»
Commentaires du sondage IFOP par Jean-Paul Willaime directeur d’études à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes des Sciences Sociales ( Dont Jean Baubérot est directeur honoraire, titulaire par ailleurs de « L’unique chaire de laïcité, cf Blog) professeur à la Faculté de théologie protestante Université de Strasbourg, directeur du groupe d’études de sociologie des religions et de la laïcité.
Jean Paul Willaime, est par ailleurs le co-auteur d’une étude lourde financée en 2002 par un riche évangélique via la FPF, sur la première « mega church » française de Mulhouse :La Porte Ouverte du Plein Evangile objet d’un véritable lynchage politico médiatique local. Enfin, J.P.Willaime Présidant du Conseil d’administration de Réforme, hebdomadaire réformé qui affiche 6 000 abonnés dont 76% de retraités.
NB : Ce n’est pas la première fois qu’un commentaire de J .P.Willaime sur la sociologie révèle la fragilité des méthodes utilisées.. Déjà en 1980, (Réforme du 19 juillet 1980 ) à propos du Sondage IFOP : « Les protestants et les choix éthiques du protestantisme » on avait pu lire sous sa plume ce commentaire : « Les répondants n’ont pas forcément compris qu’il s’agissait de se déterminer par rapport aux positions officielles de la Fédération Protestante de France ».Et déjà un questionnaire de Réforme révélait le commencement du grand écart politicien entre : « Ceux qui lisent Réforme » et » Ceux qui lisent la Bible ».
« Banalisé mais recomposé »
13 /19 janvier 2005 Réforme
« Bonne nouvelle : le protestantisme n’est pas mort. Mais il se transforme, se déplace, se colore, avec l’arrivée de nouvelles Eglises évangéliques. Même si par ailleurs il a tendance à se fondre de plus en plus dans la population française. Les résultats d’un sondage exclusif IFOP pour “Réforme”.
« Les données 2003-2004 fournies par l’IFOP confirment de façon tout à fait intéressante ce que les sondages nationaux précédents sur les protestants en France (IFOP, 1980 ; CSA, 1995) avaient déjà révélé et ce que divers autres sondages avaient également montré (CSA, 2000-2001 et 2003). La minorité protestante française est plus nombreuse que les estimations courantes données par les Eglises : 2,2 % de la population française âgée de 18 ans et plus, ce qui représente quelques 1 300 000 personnes ( sic) sur l’ensemble de la population . la Fédération protestante de France [FPF] en comptabilise pour sa part 1 100 000 se décomposant en 900 000 FPF et 200 000 hors FPF). »
COMMENTAIRE :
L’IFOP écrit : « 2,2% de la population âgée de 18 ans et plus soit 980 000 adultes » . Donc lorsqu’il écrit « 2,2 % de la population adulte soit 1 300 000 personnes. ». J .P . Willaime intègre les nourrissons, tout comme la Fédération. Mais sans le dire. La FPF pour sa part compte les nourrissons des seules églises traditionnelles.
« Profonde mutation .
« Ce constat peut paraître étonnant si l’on en juge par la baisse numérique des protestants constatée, particulièrement dans certaines régions, par quelques Eglises historiques (baisse en personnes recensées, en cotisants et en participants). S’il y a malgré tout stabilité, c’est que l’on assiste à une profonde recomposition du protestantisme français dont il serait temps de mesurer les caractéristiques et l’ampleur, une recomposition essentiellement marquée par la croissance du protestantisme évangélique, en particulier dans ses composantes pentecôtistes, et par l’affirmation de diverses Eglises ethniques, notamment africaines et antillaises. Aujourd’hui, plus du tiers des protestants en France appartiennent à la mouvance évangélique ( ?) ».
COMMENTAIRE
Tous les indicateurs collectés peu à peu par les AFP conduisent à une évaluation fort différente : deux tiers sinon trois quarts de protestants seraient des évangéliques.
« Premier indice : la géographie. révèle la perte relative d’importance du protestantisme historique du Midi. Autre indicateur de la recomposition du protestantisme en France, une recomposition géographique et démographique qui ne date d’ailleurs pas d’aujourd’hui : aux terroirs traditionnels du protestantisme se substitue de plus en plus le protestantisme des agglomérations urbaines, marqué, en particulier, par la croissance de diverses églises évangéliques.
Le sondage CSA- La Croix de 2001 avait remarqué, quant à lui, la montée en force du courant évangélique dans la couronne parisienne.
« Deuxième indice : la structure d’âge »
Du point de vue de l’âge, le contraste est très prononcé entre les protestants du Grand Sud, caractérisés par une forte proportion de personnes de 50 ans et plus (54 %, dont 29 % de 65 ans et plus) et une faible proportion de moins de 35 ans (17 %, dont 4 % de 18-24 ans) et les protestants des Grandes Agglomérations qui comptent 42 % de plus de 50 ans (dont 18 % de 65 ans et plus) et 33 % de moins de 35 ans (dont 10 % de 18-24 ans). Le protestantisme du Grand Est ayant, du point de vue de l’âge, une position intermédiaire entre ces deux extrêmes.
« Le profil socioprofessionnel des protestants, traditionnellement caractérisé par une surreprésentation des cadres et une sous-représentation des ouvriers et des employés (ce que constataient aussi bien le sondage IFOP de 1980 que le sondage CSA de 1995), tend à se rapprocher de celui de la population française en général.
« Ce profil socioprofessionnel est assez diversifié selon les régions. On observe en particulier une nette différence entre trois ensembles :
- les protestants du Grand Sud qui comptent une proportion importante de retraités et d’inactifs (45%), 2 % de cadres supérieurs et de profession libérale, 20 % d’employés et d’ouvriers ;
- ceux du Grand Est où le taux de retraités et d’inactifs est nettement plus bas (34 %), celui d’employés et d’ouvriers nettement plus élevé (40 %) et celui de cadres supérieurs et de profession libérale un peu plus important (5 %) ;
- les protestants des Grandes Agglomérations dont le profil socioprofessionnel est plus équilibré avec un important taux de cadres supérieurs et de professions libérales (10 %), 27 % d’employés et d’ouvriers et 40 % de retraités et d’inactifs.
COMMENTAIRE :
J.P.Willaime qualifie 35 % de forte proximité, pour la gauche mais le pourcentage pour la Droite est d e 32%. On peut aussi parler de faible proximité pour l’extrème gauche avec 4%
« Il est urgent d’approfondir les différents aspects de cette recomposition du protestantisme que ces précieuses données de l’IFOP permettent de pointer ».
A ces commentaires de J.P Willaime on comprend que les sociologues réformés ont fait impasse depuis 30 ans sur la question des effectifs et des structures du protestantisme surtout évangélique et qu’ à fortiori ils n’ont aucune donnée fiable sur l’islam et les musulmans en France ce qui est fâcheux lorsque l’on souhaite justifier le financement des mosquées. Comme le pasteur de Clermont.
Au reste la sociologie ne passionne pas davantage le journal Réforme qui dans le numéro précédent le sondage IFOP évoque de façon bien vagues le résultat des 1500 réponses de ses 6000 abonnés au questionnaire « Qui êtes vous ? »
Enquête « Lecteurs de réforme : Qui êtes- vous ? »
par Jean Luc Mouton directeur du journal. REFORME du 6.12 janvier 2005
1 500 lecteurs ont répondu et comme la moyenne de lecteurs par numero est de trois J.Luc Mouton estime que le nombre de lecteurs est de 22 000 ce dont on peut conclure que le nombre d’abonnés se situe aux environs de 6 000.
L’âge moyen est très élevé puisque l’on compte 76 % de retraités (et 26 % - sic - d’actifs)
Au plan socio professionnel les indications sont rares : « Les lecteurs se recrutent principalement parmi les enseignants, médecins, cadres supérieurs, sans oublier les pasteurs ». Aucune indication géographique de type Grand Sud, Grand Est, Grandes Agglomérations.
POLITIQUE
La structuration de la Fédération Protestante de France garantit pratiquement à vie un pouvoir absolument inéquitable à quelques dizaines de réformés, professionnels de la représentation. Sur les 81 membres de l'assemblée, les réformés comptent en effet outre 16 délélégués de l'église réformée- dont le président- la quasi la totalité des 19 salariés désignés par les employeurs associatifs. C'est ainsi que les délégués élus selon des modalités "ultra sénatoriales", 88.000 adultes cotisants recensés dirigent la représentation des 920.000 adultes que décompte l'IFOP et s'approprient le droit de dire qui est "secte". On est exactement aux antipodes du régime presbytero synodal.
« 5/6 millions de musulmans !! Seconde religion de France ?
A ) Commençons par les dernières publications officielles
ISLAM
CFCM : les musulmans se sont mobilisés
Thierry Portes
[20 juin 2005]
<< Hier, 5 200 délégués de quelque 1 300 mosquées étaient uniquement appelés à participer à un scrutin de liste à la proportionnelle, dans 25 circonscriptions régionales.
La Fédération nationale des musulmans de France (FNMF, proche du Maroc) a remporté 19 des 43 sièges du conseil d'administration du Conseil français du culte mulsuman (CFCM), tandis que la Grande Mosquée de Paris (GMP, proche de l'Algérie) a fait jeu égal avec l'Union des organisations islamiques de France (UOIF, proche des Frères musulmans) avec 10 sièges chacune. Tels étaient hier soir les premiers résultats de l'élection au CFCM, à laquelle plus de 85% des délégués des mosquées ont participé.
Ce conseil d'administration maintenant constitué doit, dimanche prochain, élire le président et la direction du CFCM. En 2003, lors du premier scrutin, Dalil Boubakeur, le recteur de la Grande Mosquée de Paris, avait plus été nommé qu'élu à la présidence du CFCM, grâce à un accord politique concocté sous l'égide du ministère de l'Intérieur.
A l'époque, la FNMF l'avait déjà emporté dans les urnes devant l'UOIF, la fédération de Dalil Boubakeur n'arrivant que troisième. Cette fois-ci, le président du CFCM devra, en principe, être élu.
Or cette année, lors de ce deuxième scrutin qui désignera les instances du culte musulman pour les trois ans à venir, les conflits entre les diverses fédérations ont été beaucoup plus vifs. Orchestrée par les consulats marocains, la campagne de la FNMF a été particulièrement âpre. A la veille du vote, samedi, des responsables de la FNMF ont ainsi à nouveau fait monter la tension d'un cran en manifestant devant l'ambassade d'Algérie à Paris pour réclamer la libération des Marocains détenus par le Front Polisario en Algérie. Une stratégie qui semble avoir payé.
Samedi 18 juin 2005
sur le site dans les archives
(Figaro 18 juin 2005
ISLAM Deux ans après sa création et sans vrai bilan, le Conseil français du culte musulman renouvelle ses instances dimanche. L'influence du Maroc devrait se renforcer
Elections sous tension au Conseil français du culte musulman
Thierry Portes
[18 juin 2005]
"C'est en avril 2003 qu'a eu lieu la précédente et première élection des membres du CFCM. Quelque 1 300 mosquées et 5 200 délégués participeront au scrutin organisé dimanche sur tout le territoire national. (Photo Morin/AFP.)
Les représentants du CFCM sont en effet désignés par les mosquées et salles de prières, en fonction des surfaces utilisées pour le culte et les activités culturelles. D'emblée, cette règle électorale a été condamnée par quelques «observateurs» qualifiés, à l'époque, de «républicains» ou d'«islamophobes». On commence à comprendre le bien-fondé des critiques : aujourd'hui, tout le monde triche sur la taille réelle des mosquées. Franchir le cap des 100 m2 permet de passer de un à trois délégués. Dépasser les 800 m2 autorise à passer de neuf à quinze délégués. Toilettes, buanderies, greniers, coursives... tout a été bon pour obtenir quelques mètres carrés et délégués supplémentaires dans cette élection, au second degré, de grands électeurs désignés par les gestionnaires de mosquées.
C'est un peu comme les élections sénatoriales, auxquelles les simples croyants ou électeurs ne participent point : il y a les candidats, les personnalités, les inimitiés locales, les réseaux d'influences, les listes, les partis ou fédérations. Dimanche, cette partie de poker menteur oriental se joue principalement entre les trois fédérations suivantes.
La FNMF, la Fédération nationale des musulmans de France, structurée par les consulats du Maroc en France. Elle était arrivée en tête en 2003, avec 34% des suffrages. Elle devrait, dimanche, conserver sa dizaine de présidences de conseils régionaux du culte musulman, voire renforcer sur le terrain son avance, et creuser l'écart au niveau national. Le Maroc a battu le rappel de ses «nationaux», plus religieux que les «Algériens». La FMNF a beau être, selon l'expression consacrée, une «coquille vide», sa figure de proue ayant été écartée, des dissensions internes étant manifestes, le Maroc, via ses consulats, s'apprête à sortir comme le grand gagnant des élections du culte musulman en France.
Venu de Rabat, l'ordre a été donné de couper les ponts avec les Marocains de l'UOIF. De nouvelles mosquées, contrôlées par des originaires du royaume chérifien, ont été sommées de participer au scrutin. De nombreux traditionalistes et fondamentalistes ont répondu à cet appel.
L'UOIF, l'Union des organisations islamiques de France, inspirée par la mouvance fondamentaliste des Frères musulmans, a recueilli 27% en 2003. Elle pourrait perdre deux ou trois de ses présidences régionales. Celle d'Alsace, à cause d'un conflit interne, en Bourgogne, sous la pression des «Marocains», ou en Paca, convoitée par les Algériens de la Grande Mosquée de Paris. Le président de l'UOIF, Thami Breze, se doit de sauver son siège à la tête du conseil régional d'Ile-de-France.
La GMF, la Grande Mosquée de Paris, inspirée par l'Algérie, a obtenu 21% des suffrages en 2003. Elle devrait conserver la seule région précédemment acquise, Rhône-Alpes, le président du conseil régional issu de ses rangs ayant accepté de partir sous ses couleurs. Provence-Alpes-Côte-d'Azur est à portée de main. Le président de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, bien que minoritaire en voix, escompte demeurer pour un mandat supplémentaire président du CFCM.
(Figaro du 21 mars 2005)
Plus de 1 600 salles de prière recensées : 5% de musulmans se rendent une fois par semaine à la mosquée.
Corinne Caillaud
[21 mars 2005]
" Les mosquées et lieux de culte musulmans sont passés d'une centaine dans les années 1970 à 1 685 aujourd'hui, selon un récent rapport du ministère de l'Intérieur.
Vingt mosquées peuvent accueillir plus de 1 000 fidèles et cinquante-quatre ont une capacité d'accueil de 500 à 1 000 personnes.
Pour le reste, la majorité des lieux de culte sont de simples locaux aménagés dans des bâtiments exigus ou dans des pavillons de particuliers. Si seulement 5% des quatre à cinq millions de musulmans de France se rendent au moins une fois par semaine à la mosquée, selon ce même document du ministère, ils n'entendent plus aujourd'hui se contenter de vétustes salles de prières et réclament des lieux de culte dignes de ce nom.
Mais cela ne va pas sans provoquer des réactions : si certains maires s'engagent à accueillir une mosquée sur leur commune jusqu'à en faire un argument de campagne électorale, comme à Bagnolet (Seine-Saint-Denis) lors des dernières municipales, d'autres a contrario se montrent très réticents par crainte de mécontenter leur électorat. Le financement public étant interdit, à l'exception de l'Alsace, l'aide des édiles prend souvent la forme d'une mise à disposition de terrains, loués au moyen de baux emphytéotiques. Toutefois, les mosquées dotées de coupoles et d'un minaret restent rares. Trop visibles et coûteuses, elles ne font l'unanimité ni chez les autorités françaises, ni chez les musulmans, qui préfèrent les salles de proximité. Selon le ministère de l'Intérieur, il y aurait actuellement plusieurs dizaines de projets de mosquées en cours »
HYPOTHESE :
B ) Article de principe
CITES PUF : « l’islam en France » mars 2004
Mais comme nul ne peut mentir à la fois et tout le temps et à tout le monde, la vérité sort peu à peu du puits, surtout vu la tournure prise par les évènements depuis le 11 septembre 2001. L’opinion éclairée flaire l’anguille sous la roche…et pourquoi ne pas l’écrire, « sous le voile ».
Pour se faire une religion, il suffit pourtant de consulter l’unique source scientifique, fiable, disponible et officielle : l’enquête conjointe au recensement Insee de 1999 sur l’histoire familiale de 380.000 adultes. Elle seule permet d’approcher le nombre de « musulmans potentiels », soit « « l’assiette démographique » d’un éventuel islam qui seule pourrait offrir une base scientifique aux diverses considérations et hypothèses formulées sur les personnes se déclarant musulmanes (ou sur leur taux de pratique) qui, toutes, relèvent du doigt mouillé.
L’enquête Insee se fonde sur l’origine géographique et la filiation (né dans un pays d’islam ; né d’un parent (1e génération) ou d’un grand parent (2e génération) au moins, lui- même né dans un pays d’islam. Cette approche, outre l’avantage de ne pas mesurer la foi religieuse, permet seule de commenter rationnellement les modalités et résultats du vote religieux organisé par le ministre de l’Intérieur et des cultes sur la base des surfaces de prière.
Les chiffres de l’Insee
Les populations. Le total de la population présente en France issue de terres « musulmanes » ( pieds noirs et arméniens exclus) est de 3,65 millions : dont la composition par âges est la suivante :
- Nés hors de France : 1,7 million d’adultes ; 1,7 million d’enfants.
- Nés en France : 0,269 000 petits enfants.
L’Algérie est le principal « fournisseur » humain avec 43 % ; le Maroc, 28 % ; la Tunisie,11 % ; total pour le Maghreb, 82 %. La structure par âges porte en ses flancs (nombre d’enfants et petits enfants) une forte croissance du nombre d’électeurs potentiels, préoccupation prioritaire de tout ministre de l’Intérieur.
Quid de la religion ? Si l’on exclut les nourrissons pour ne compter que les seuls adultes « musulmans potentiels », le total est de 2,35 millions, qui sont partie immigrés (1,22 millions), partie étrangers (1,113 millions). Maroc et Algérie ont vu naître 44 % de ces adultes « musulmans potentiels ».
Si l’on retient arbitrairement un taux de pratique religieuse de 15 %, le nombre de fidèles musulmans serait de 350.000, (NB les catholiques sont crédités un taux de pratique de 15 % ce qui donne eviron 4 millions d'adultes sur 27 millions qui se déclarent catholiques). Les Renseignements Généraux retiennent la fourchette de 250 à 350 000 musulmans pratiquants soit 14 fois moins que les allégations des pouvoirs publics et des medias.
Quid des élections ? Les Français « musulmans potentiels » en âge de voter sont en revanche 1 200 000, à 90 % d’origine maghrébine, l’Algérie représentant à elle seule 44 % du total .Si l’on s’en tient aux seuls citoyens français, l’enjeu électoral est donc quatre fois plus important que l’enjeu religieux. À lui seul, le vote algérien pourrait peser prés de 530 000 voix.
Conclusion politique ?
Il n y pas de problème de « l’islam en France » ni de « l’islam de France » pour la bonne raison que l’islam est aussi totalement hétéroclite dans le monde (Turc, Perses, Arabes, Chiites, Sunnites, Wahabites, Malékites, etc. sans oublier les nations), qu’il l’est en France. En revanche, et c’est le fait nouveau, des populations issues de terres musulmanes, en nombre non négligeable, vivent durablement en France et vont devoir s’accorder et compromettre entre elles, comme avec nous.
C’est un problème principalement maghrébin, principalement étranger, principalement algérien. Telle est la seule nouveauté pour les musulmans de par le monde : en France, l’islam sera un islam de compromis ou ne sera pas. Bagdad et Bègles sont incompatibles.
Entre les urnes et le Croissant, l’on pourrait craindre que le ministre ne balance point. Dieu merci la complexité du dossier interdit toute facilité électorale.
De fait, chacun peut dores et déjà imaginer les négociations croisées, inextricables, en forme de jeu de billard à plusieurs bandes, plusieurs équipes contractant des alliances instables, opposant les partis français de gouvernement électoralement aux abois, les émissaires du FLN « caviar, pétrolier et clanique», enfin des beurs algériens légitimement ambitieux et frustrés. Aux premiers, une réserve électorale non négligeable, voire déterminante, dans certaines grandes agglomérations et certaines régions ; aux seconds le contrôle de l’islam en France, via la mosquée de Paris et le Comité du culte musulman, gage de modération des critiques contre la dictature militaire et l’usage politique de sa rente pétrolière en France, enfin des carrières politico-administratives « boostées positives » pour les jeunes « cousins » en France.
À quiconque jugera ces hypothèses médisantes, irréalistes et pessimistes, l’affaire du Conseil français du culte musulman apporte une réplique factuelle.
Un vote religieux, étranger et maghrébin
L’acharnement courageux de Nicolas Sarkozy aurait mérité les plus vifs éloges si ces stupéfiantes « élections musulmanes, religieuses et étrangères » ne constituaient une infraction frontale non seulement à la séparation de l’Église et de l’État, mais surtout aux principes et pratiques démocratiques les plus élémentaires.
Un ministre de la Police, des élections et des cultes organise l’élection de 62 conseillers nationaux par 4 000 « religieux », sélectionnés dans 985 lieux de culte, en fonction de la surface construite, à raison d’un délégué pour 100 m2.
On rapellera que si les lieux de culte musulman avaient respecté la loi et adopté le statut de d'associations cultuelles selon la loi de 1905, comme les autres minorités protetantes et juives, ils auraient déposé la liste de leurs membres à la préfecture. Et l'on en arrive à ce paroxisme de paradoxe que seuls juifs et protestants respectent la loi de 1905.
L’opération se déroule sous le regard non désintéressé et avec l’intervention active de « non démocraties amies » comme l’Arabie Saoudite, le Maroc et l’Algérie. Le recteur Boubakeur de la mosquée algérienne de Paris, a été nommé président du Conseil pour deux ans seulement, la veille d’élections qui ont enregistré sa déroute. Apothéose médiatique, le ministre des Cultes a été se faire siffler au Bourget par les vrais vainqueurs du « scrutin », ceux qui exigent le voile sur leurs photos d’identité. Quant aux conseils régionaux, ceux que vont affronter nos élus locaux, ils sont totalement sous contrôle étranger et marocain.
Dans le Figaro du 14 octobre, Thierry Portes livre une énumération révélatrice du profil des 24 présidents régionaux du culte musulman, sorti des urnes. Selon la nationalité, on dénombre 10 Français et 14 étrangers ; selon les origines, on compte 22 Maghrébins et 2 Turcs. Le journaliste conclut : « C’est l’islam en France, bien plus que l’islam de France, cher à M. Sarkozy. » Voici en tout cas pourquoi mieux vaut parler de musulmans en France et s’abstenir définitivement de pinailler sur l’islam, « de France » ou « en France », ce concept religieux se révélant chaque jour politiquement plus inopérant. Quant au Conseil, il se révèle hors d’état de prononcer une parole compréhensible sur le voile au moment où le roi du Maroc, soutenu par un Jacques Chirac enthousiaste, rejoint le prix Nobel dans une commune exécration du minorat de la femme.
Retour à la réalité
Du coup - et c’est le seul mérite de cette étrange aventure électorale - la triple question politique : « Qu’est-ce qu’une religion ?Qu’est ce qu’un fidèle ? Qu’est-ce qu’un musulman ? Qu’est-ce que l’islam en France ? » ne peut plus être éludée par les sociologues. Surtout les sociologues religieux !
Une religion est autre chose qu’une origine géographique, ethnique ou une culture. C’est la conjonction d’éléments observables : croyance en une transcendance, culte s’extériorisant par l’organisation responsable de rites, catéchèse, financement collectif, enfin une communauté liée en communion spirituelle etmatérielle. Et s’il arrive qu’une religion donne naissance à une civilisation on n’a jamais vu de religion sans communauté.
Dans cette conception, ni l’islam ni les musulmans ne constituent une communauté en France et c’est le journaliste attitré du Monde aux affaires religieuses, Xavier Ternisien, zélote hier encore affiché de la thèse contraire, qui l’affirme le 12 avril 2003 sous le titre « Le mauvais débat du communautarisme » : « Il y a un amalgame à considérer que tous ceux qui peuplent ces “zones” de banlieue constituent une “communauté” dont le ciment serait évidemment l’islam. Il n’existe pas de communauté musulmane en France, mais une mosaïque de communautés : Algériens, Marocains, Tunisiens, Turcs, Comoriens, Maliens, Sénégalais, Arabes du Proche-Orient, Pakistanais, groupes eux-mêmes subdivisés en sous groupes ethniques ou religieux : Kabyles, Berbères, Kurdes, membres de confréries, tenants d’un islam hétérodoxe. »
Concernant la « pratique » religieuse des « 4/5 millions de musulmans », c’est le trou noir ! Force est de se contenter d’évoquer — toujours avec le Monde (17 avril 2003) — ceux des Français qui se « déclarent » musulmans lors des sondages du CSA sur échantillon de 1000 personnes. Selon ces sondages, 2 % des personnes interrogées en 1994 et 6 % en 2003 se « déclarent » musulmans, sans qu’il soit possible d’établir le moindre lien mathématique entre « déclaration » et « pratique » d’une part, et d’autre part entre les 1000 personnes sondées et les « 4 ou 5 millions de musulmans ».Cerise sur le gâteau, l’opinion aura entendu que d’un média à l’autre, l’islam « pèserait » 1100 à 1600 mosquées (plus exactement lieux de prière), gérées illégalement par autant d’associations de 1901 et non de 1905, 1100 imams à 90 % étrangers, dont la grande majorité ne parlent pas français et 1500 à 2000 boucheries halal!
Que conclure ?
Récapitulons l’histoire de ce qui restera comme un faux politique et médiatique historique : « Islam seconde religion de France, etc. » C’est d’abord au début des années quatre-vingt-dix, une affaire parisienne de sociologues plus militants que chercheurs, relayés par des médias, eux-mêmes plus militants que journalistes, reprise par des fonctionnaires et des « associatifs subventionnés » en quête d’importance; le microcosme par excellence. Aujourd’hui- et c’est incompréhensible - ces mêmes milieux vouent une commune exécration aux islamophobes et homophobes. C’est ensuite un enjeu international majeur pour des « non-démocraties amies », enjeu qu’attisent et exaspèrent aujourd’hui les événements du Moyen-Orient, mais aussi du Maghreb. C’est enfin devenu une affaire électoraliste montée en sauce par des carriéristes français de l’immigration, de la subvention, de la décoration et des élections locales.
Que des politiques et des médias puissent envisager avec légèreté de bouleverser, sans légiférer, le système juridique public et privé du peuple français ainsi que ses relations internationales sur la base de chiffres et de concepts à ce point fragiles et faux en dit long sur les causes du séisme électoral à venir.
Il y va de la paix civile, et au Diable les « religieux » !
Concluons dans la lignée du pasteur Tommy Fallot, à la fin du xixe siècle : « Dieu seul est laïc ! Hélas l’homme a des maladies religieuses, cléricalement transmissibles, par voie masculine, chez les peuples dits “du Livre”, francs-maçons et laïcards compris. »
Et que Dieu protège la République d’un vote religieux étranger.
Faut-il compter les nourrissons dans les besoins de financement ?
Une seule méthode est acceptable pour définir et compter les membres d’une religion, d’une église, c’est la déclaration, l’engagement et la cotisation nominative. Telle fut la règle instituée par le successeur de Mohamed, Boubakeur pour sortir des conflits de succession du prophète. C’est aussi le dispositif de la loi de 1905 sur les associations cultuelles. C’est enfin la loi du mouvement familial (UNAF)
A ) Eglise réformée
Effectifs cotisants des réformés
Source Eglise Réformée de France
Documents synodaux.
Comparaison avec la France entière 1990 - 2000
1990 1999
FOYERS CONNUS
France entière 119 000 113 000
Région Paris 20 500 21 300
FOYERS « OFFRANDES NOMINATIVES »
1997 2003
France entière 47 005 44 310
Région Paris 8 875 8 833
Pour la France entière, les effectifs s’effondrent de 100.000 foyers cotisants en 1970 à 44.000 en 2003.
COTISATION MOYENNE
1990 2001
France entière (FR constants 1999) 2 935 (en 1995) 2 661
Région Parisienne 3 931 (en 1990) 3 822
De 1970 à 1999, en région Parisienne, le nombre de foyers connus baisse de 21;8% et celui des participants de 24,3%
Le léger redressement qui s‘observe entre 1990 et 1999 ( =4 % de foyers connus et participants) se concentre sur les grandes paroisses +14% contre -5;2% pour les petites.
Conclusion : les réformés se concentrent dans quelques grosses paroisses de Paris et des banlieues Ouest
Autre signe de concentration par le revenu, au plan national cette fois, en quatre ans, de 1995 à 1999 l‘écart du montant de cotisation entre Paris et province s’accroit de 30 % passant de 899F à 1161F.
Un autre indicateur est sans doute révélateur encore que difficile à interprêter: le nombre d’actes pastoraux baptèmes et pésentations, mariages et obsèques. Serait intéressant mais fait défaux ( lacune révélatrice) le nombre d’enfants,de catéchumènes d’Eclaireurs et d’étudiants comme si cette église n’osait plus compter sa jeunesse; n’avait plus de jeunesese ?
Divers indices concernant les réformés
Eclaireurs Unionnistes
A la fin de l’année 2001/2002, les effectifs était de 4875 adhérents. Le Mouvement a encore perdu des membres, mais dans une proportion bien moins importante que l’année précédente. Certaines régions ont même pu accroître leurs effectifs. ( Réforme indique qu’en trois ans, les Eclaireurs ( FEEUF) ont perdu la moitié de leurs effectifs et tombent à 5000 pour toute la France) Ces données conduisent à contester le bien fondé de la prise en compte des nourrissons.
LA « FEDE » étudiants et lycéns qui avait hérité d'un patrimoine immobilier considérable a disparu depuis quarante ans dans l’indiférence totale des responsables et rien n’a été fait pour reconstruire cet irremplaçable outil de transmission entre générations.
INSTRUCTION BIBLIQUE
Selon Pascal Geoffroy pasteur à Lamastre auteur d’un livre récent sur le sujet " La fin de la cathéchèse" Olivétan), seuls 10% des enfants de réformés reçoivent une instruction biblique.
ACTES PASTORAUX
Région Parisienne 2000, avec 77 postes pastoraux pour 9.841 cotisants, 666 baptèmes, 266 mariages, 678 enterrements. Source ERF
B ) CONCORDATAIRES
A supposer que le rapport cotisant sur nombre de personnes nourissons compris soit le même en Alsace Moselle qu’à l’intérieur (90 000 adultes et 350 000 membres revendiqués), ce qui est hautement improbable car l’argent public tue le militantisme, il y aurait 28 000 adultes cotisants en Alsace Moselle ce qui met les églises traditionnelles à 120 000 adultes sur 980 000 (chiffre IFOP) soit par soustraction, 860 000 évangéliques
D’où la question :
Et si montait un protestantisme des catacombes ? Ou 830 000 adultes évangéliques ?
ET DES ÉGLISES ÉVANGÉLIQUES EN FRANCE
Entretien avec Sébastien Fath
Religioscope - 3 mars 2002
Sébastien Fath est chercheur au GSRL (Groupe de sociologie des religions et de la laicité)
Dernier ouvrage God Bless América. La religion de la Maison- Blanche Seuil. Aout 2004.
Religioscope - Quelle est la définition de l’évangélisme que l’on peut utiliser dans l’espace francophone? Notamment dans des régions catholiques, ce terme reste souvent flou. On parle d’Eglises évangéliques pour désigner des Eglises protestantes, mais il existe des Eglises évangéliques au sens plus particulier du terme – qu'est-ce qui relève donc de l’évangélisme?
Sébastien Fath - S’il faut donner une définition en une seule phrase, je dirais que l’évangélisme est un protestantisme de conversion. Si l’on veut développer, je citerais la définition de l’historien britannique David Bebbington qui dégage quatre critères:
- La conversion, c’est-à-dire le changement radical de vie suite à l’expérience religieuse, en l’occurrence, la rencontre avec le Christ.
- Le biblicisme, la centralité de la Bible comprise non seulement comme contenant la Parole de Dieu, mais comme étant aussi véritablement cette Parole, parfaitement normative dans tous les domaines de la vie.
- Le militantisme, qui incite le chrétien converti à traduire son expérience par un engagement, un témoignage qui implique, à mon sens, assez nettement une «Eglise de professants», dans laquelle on entre suite à la profession personnelle de sa foi.
- Le crucicentrisme, dont parle le théologien anglican évangélique John Stott. Cette centralité de la croix invite à lire l’événement de la croix comme le point crucial de l’histoire humaine, le salut ne passant que par la croix. C’est un thème en principe très rémanent dans les prédications évangéliques.
Sébastien Fath - La question de la présence ou non des évangéliques au sein des Eglises établies est une question ouverte, qui pose débat. On peut mettre en jeu deux définitions un peu différentes de l'évangélisme, qui sont toutes deux, selon moi, intéressantes et recevables à certains égards. La définition plus large met plutôt l’accent sur la théologie. A partir de ces critères, on peut considérer que, dans toutes les grandes Eglises établies et y compris à la limite au sein du catholicisme, on peut trouver des évangéliques au plein sens du terme. Cependant, je demeure un peu réservé par rapport à ce type de définition qui me semble être un peu fourre-tout. Le critère d’«Eglise de professants» permet plus nettement de cerner ce que l’on appelle stricto sensu des évangéliques, étant évidemment entendu que l’on peut parler, au-delà des cercles strictement évangéliques, d’une tendance évangélique. Cette distinction entre un noyau évangélique, séparé des Eglises établies, et une tendance évangélique me semble plus pertinente.
dite, ils sont beaucoup moins nombreux pour l’instant. L’enjeu majeur pour l’avenir est la question de l’intégration ou non des Assemblée de Dieu, pentecôtistes, qui pèsent près de 100.000 personnes et sont influentes. Si ces Assemblées de Dieu étaient à terme intégrées dans la Fédération Protestante de France, il est évident que les équilibres généraux de cette structure protestante inter-confessionnelle s’en trouveraient fortement modifiés. Il existe actuellement un débat très vif au sein de la Fédération, mais particulièrement dans l’Eglise réformée de France pour savoir s’il faut ou non intégrer ces Assemblées
de Dieu.
Religioscope - La progression des groupes évangéliques aujourd’hui en France s’observe-t-elle surtout du côté de groupes pentecôtisants, ou touche-t-elle d’une façon égale tous les courants de l’évangélisme?
CERTIFICATION de REPRESENTATIVITE
Une première en matière de culte
Le résultat paradoxal du lynchage aura donc été de faire de la Porte Ouverte le seul organisme religieux de France- tous cultes confondus- certifiée par un organisme extérieur, supposé laïc indépendant et compétent. Durant dix huit mois, deux chercheurs ont mesuré scrupuleusment les effectifs, l'âge et la situation sociale et familiale des membres, les activités et les finances de la Porte Ouverte et de ses 2000 adultes pratiquants. Cette première en matière de "certification" ecclésiologique servira certainement de précédent lorsqu'il faudra financer tel ou tel ppareil, telle ou telle église, telle ou telle religion. Les résultats passionnants, actuellement confidentiels, sont révélateurs notamment sur un point: 80 % des effectifs proviennent d'églises autres que le protestantisme concordataire dont 46 % de catholiques.
La dernière Association Familiale Protestante Evangélique en date, celle de la Porte Ouverte en mars 2005 offre donc au mouvement familial français, l'UNAF, dont la représentativité vient d'être contestée par le dernier Rapport Public de la Cour des Comptes, une piste de recherche pour restaurer sa crédibilité écornée.
Le plaisir intellectuel en serait d'autant plus grand que 2005 vera les AFP célébrer le 130°anniversaire des premières associations familiales crées dans la France de 1875 entre Montébliard, Belfort et Mulhouse, à l'intiative des protestants.
On souhaitera pour conclure que la Fédération Protestante, mise en appêtit par cette première initiative, demande à faire certifier sa représentativité par le CNRS pour la plus grande satisfaction du Ministère de l'Intérieur aux prises avec le vote à la surface construite pour le Comité Français du Culte Musulman.
Par PPK
| Avant
| 22/04/2005 16:40
| Après
| Laïcité et 1905
|
12 commentaires
|
par PPK, le Samedi 12 Novembre 2005, 10:27
Que dois je en conclure ?Répondre à ce commentaire
PPK
Commentaires
1 - Lien croisépar Anonyme, le Samedi 12 Novembre 2005, 09:47 Répondre à ce commentaire