"DEFINIR et COMPTER"pour retrouver MORALE et DEMOCRATIE.
Chez les SOCIALISTES comme chez les PROTESTANTS
«Protestants ! Définir et compter ? Donnez l’exemple !»
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Dans son numero 3333 du 3 septembre 2009, Spécial Musée du Désert, intitulé : « Protestants, comptez- vous ! » Réforme aborde la question jusqu’ici tabou de la représentativité respective des membres de la Fédération Protestante de France ( FPF) et rend compte de la controverse ouverte le 4 mai par les Associations Familiales Protestantes (AFP): « Définir et compter en protestantismes ? Est-ce interdit ? souhaitable ? possible ? Si oui comment ? ». Grand merci au journal.
C’est J.D. Roques trésorier de la FPF qui a lancé le débat en 2008 . Qui paie quoi? Ces cotisations sont-elles proportionnelles au droit de vote dont les membres disposent? Et surtout est-ce équitable par apport à leur poids démographique respectif ? Visiblement, personne n'avait prévu les corrélations pourtant mécaniques entre ces thèmes exclusivement quantitatifs et un questionnement qualitatif autrement redoutable parce que d’esprit démocratique : «Qu'est ce qu'un membre d'église ? d'Oeuvre ? de Mouvement ? d'Association ? Quelles différences entre employeurs, salariés, bénévoles, usagers , militants fidèles ? Cotisations et fonds publics ? Concordataires et ressortissants de la loi de 1905 ?
Par rapport à ces questions, les AFP se trouvent sans l’avoir voulu dans une situation associative, juridique et confessionnelle privilégiée. Qu’il s’agisse de la définition et du chiffrage de leurs associations et de leurs membres par la loi, de leur objet social et de leur d’engagement en faveur de la certification associative, d’un projet associatif affirmant le primat de l’engagement personnel et du bénévolat comme critère d’authenticité associative, d’un projet confessionnel organisant la coopération systématique tant au plan local que national entre évangéliques et réformés, les AFP ne pouvaient que soutenir le projet de transparence de la FPF.
Qu’on en juge ! L’objet d‘une association familiale, la nature de ses membres sont définis par les articles L 211-1 et L 211-9 du code de la famille et de l’aide sociale. De ce fait, les AFP sont le seul mouvement protestant dont les effectifs, les noms et adresses, la composition familiale soient déclarés annuellement et vérifiés par un tiers relevant du service public :l’Union Départementale des Associations Familiales du ressort. Cette procédure qui vaut certification n’a pas de prix puisque, s’agissant de représentativité, l’on ne se compte pas soi-même. Qui plus est, depuis 1995 les AFP oeuvrent à la mise en place d’un label associatif de certification (Avec BVQI puis AFNOR) pour promouvoir une transparence et une gouvernance fondée sur la séparation des pouvoirs et intérêts entre contrôleur et contrôlé. Comme le prouve le désastre moral des agences de notation américaines et contrairement à ce qu’en pensent le Comité de la Charte et la Conférence Permanente des Coordinations Associatives ( CPCA) l’on ne s’évalue pas soi même .
Cet effort pour promouvoir transparence, gouvernance et certification n’est pas sans lien avec la question déterminante pour la démocratie sociale française de la représentativité des partenaires sociaux telle qu’évoquée depuis 2000 par le Conseil d’Etat, la Cour des Comptes, les rapports Haddas-Lebel, Chertier, Langlais et Morange. Les difficultés actuelles du parti socialiste illustrent jusqu’à la caricature le coût moral et politique du manque de rigueur et de l’opacité des arrangements électoraux discrets entre « pro ». Sous les assauts moralisateurs de sa rivale, Martine Aubry est contrainte d'inventer un comité d'éthique chargé de définir et compter qui est militant, qui cotise et qui vote. Or ces deux dames militant au PS depuis bientôt 25 ans. Le premier résultat des manoeuvres de Ségolène aura donc été l'éradictaion de 48.000 de ses supporters . NB. Attribués à F. Rebsamen, les « 20 euros » datent du printemps 2006.Le statut de « militant inactif » a été inventé par F. Hollande en 2007).
Dans une situation caractérisée par la crise des finances publiques locales autant que nationales, la mise en oeuvre de la Révision Générale des Politique Publiques ( RGPP), l’intérêt suscité par le Charity Act Britannique de 2006, une vérité s’impose à tous : après quarante ans de tabou, la question associative est enfin posée en France. Riche d’associations, le protestantisme ne pouvait y échapper au moment où la perspective de création du Conseil National des Evangéliques de France en 2010 éclaire d’un jour nouveau la question de l’exact équilibre des forces entre luthero réformés et évangéliques, des effectifs concordataires réels, de la part faite aux associations aux sein de l’assemblée et du Conseil de la FPF, (Tout spécialement la CIMADE dont le refus de certification et de publication sur son site des aides publiques reçues, des effectifs bénévoles manque de justification morale et politique). Est-il acceptable que les associations disposent au sein de la FPF de 24 % des voix pour 4% des contributions financières tout en refusant de publier leurs comptes ? Selon cet étrange régime censitaire inversé, moins on paie plus on vote ! On devrait à cet égard inventer un « bouclier éthique ». Enfin pour définir un membre d’église, l’étrange concept de » personne en lien » que la FFP envisage d’emprunter à l’ERF est beaucoup trop proche de celui d’usager « consommateur de religieux » hier encore si décrié . Pire il évoque fâcheusement les 48.000 militants « inactifs » et « 20 euros » soit 20% radiés des listes du PS sous la contrainte d'une opinion exaspérée..
Merci à MM de Clermont et Roques d’avoir permis à Réforme de poser ces problèmes dans le droit fil du projet d’Etats Généraux lancé par Jacques Ellul en 1984. Les résultats des travaux qui s’engagent tant à la FPF qu’au CNEF devraient être disponibles pour le colloque de Fontevraud qui se tiendra le premier week end d’octobre 2010 permettant aux AFP de fonder enfin leurs relations notamment financières avec les institutions protestantes sur des principes issus de la Réforme : engagement personnel, suffrage et sacerdoce universels, régime presbytèro-synodal et séparation des pouvoirs.
Le rejet de ces principes nourrit en effet les caractéristiques politiques navrantes de l’exception française : des partis politiques sans militants, des syndicats sans salariés du privé, de grandes associations sans bénévoles, des églises officielles sans fidèles, une presse écrite sans lecteurs, la jeunesse aux abonnés absents, le tout lourdement subventionné. Etatisme et corporatisme alimentent ainsi l’incivisme et la défiance d’une société affrontée à une crise mondiale de confiance sans précédent.
Il est temps pour les gens issus de la Réforme d’apporter leur différence utile en commençant par leurs propres institutions. L’éthique c’est bien ! l’exemple c’est mieux.
Par PPK
| Avant
| 19/09/2009 11:45
| Après
| Gouvernance et Certification
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