Conférence Annuelle de la Famille. Lundi 3 juillet 2006 .

En présence du Premier Ministre et de MM. Messieur Pascal Clément (Garde des Sceaux), Xavier Bertrand (Santé,) Philippe.Bas (Famille) Gérard Larcher ( Emploi).


Intervention des Associations Familiales Protestantes


Monsieur le Premier Ministre,
Messieurs les Ministres.


Nous avons voulu savoir pour quelles raisons de fonds cette Conférence Annuelle de la Famille 2006 se présente dans un climat transformé dans un sens qui nous convient beaucoup mieux que les précédentes.

Ce n’est pas plus de notre fait que du fait des pouvoirs publics.

C’’est tout d’abord le retour en force de la Famille comme Valeur première.
C’est ensuite le réveil d’un Bénévolat Nouveau.
C’est enfin la remise en cause de l’interventionnisme familial d’Etat.

RETOUR EN FORCE DE LA FAMILLE-VALEUR

Première vague de fond. Tous âges confondus, 90% des français, placent désormais la Famille au premier rang de leurs valeurs. Mais dans le même temps, le discours si daté du relativisme sexuel, familial et parental lance ses derniers feux médiatiques. Chacun connaît ce relativisme totalitaire « Tout se vaut, mais il interdit de penser le contraire ». On aura reconnu le modèle « RFA avec ses grands prêtres : Ruquier, Fogiel et Ardisson ».

S’explique ainsi le grand écart entre les medias et la nation. Et c’est pourquoi on ne pourra durablement être politiquement favorable à la fois à la famille et à l’homoparentalité.

REVEIL DU BENEVOLAT

Le réveil bénévole familial et civique est une seconde vague de fond. Le nouveau bénévolat est à la croisée de l'érosion de la foi dans le "tout politique" et de la spirale des idéaux d'autonomie individuelle. La société qui isole les êtres et dissout les réseaux traditionnels, génère l'exigence de retrouver des liens de sociabilité et de nouvelles formes d'appartenance sociale. Le bénévolat vient en réponse à ce besoin, il fonctionne comme un instrument d'identification individuelle et sociale dans un âge de déqualification, d'érosion des repères, de perte d'identité sociale, de quête de gratifications symboliques.

Et voici le paradoxe qui stupéfie les sociologues mondains : La Famille hier cellule de base de la société est devenue cellule de base de l’individu. Avec la promotion de l'ego, le bénévolat accède à l'ère des masses. Parce que l'avenir appartient aux nouveaux bénévoles, l’avenir appartient aux nouveaux militants familiaux dont votre cabinet, M.le Premier Ministre, a reçu récemment des amis, le Collectif des 12.000 maires signataires de la pétition : « Des maires pour l’enfance » hostiles comme nous à l’homoparentalité pour des raisons parfaitement laïques.

LA CRITIQUE DE L’INTERVENTIONNISME FAMILIAL D’ETAT

Cette lame de fond fait éclater l’incohérence de la politique familiale prônée par la « Génération Morale » aux affaires depuis 1980. On ne peut à la fois retisser le tissu social et laisser le tissu familial se détricoter ; on ne peut fonder une société plus solidaire sur l’explosion de l’égoïsme individuel. La professionnalisation incoordonnée de l’action familiale notamment associative et son corollaire l’incontrôlable explosion de la dépense publique ne sont que les conséquences politiques et financières logiques de cette incohérence intellectuelle et morale.

En dépit de ces évidences notre projet d’associations familiales de solidarité a été repoussé sans examen sous la pression conjointe des financiers et des zélotes de l’interventionnisme familial à base de dépense publique. Navrant aveuglement au moment où l’on prétend faciliter l’entraide entre générations et aider les aidants à aider. Avec l’allongement de la vie, les français sont plus disposés que jamais à financer une entraide financière familiale durable et forte au profit des plus jeunes comme des plus âgés, entraide privée qui ferait passer la solidarité familiale du compte » Charges sociales » de la Nation » au compte « Epargne–Investie des ménages ». vie ! Nous reprendrons le projet en 2007 avec le concours du notariat et le soutien de M. P. Bas. que nous remercions.
 

FAMILLE et EXCEPTION FRANCAISE

Pour conclure sur un ton plus politique, s’agissant de représentativité , de démocratie sociale, de séparation des pouvoirset des intérêts, c’est à coup sûr par la voie familiale que la France sortira de son exception politique navrante : des partis sans militants, des syndicats sans salariés du privé, des organismes corporatifs sans troupes, des églises officielles sans fidèles, une presse écrite d’opinion sans lecteurs et de grandes associations sans bénévoles, le tout fortement subventionné mais jamais certifié par des organismes crédibles et fiables parce que compétents, indépendants, et extérieurs aux intéréssés .

Voici pourquoi, de ce retour de la famille comme valeur dominante, nous escomptons promesse d’un bénévolat renouvelé, espoir de représentativité retrouvée, exigence de transparence et de gouvernance, demande de certification associative au service de la société civile.

Telle est la conviction des Associations Familiales Protestantes, conviction fondée sur le réveil associatif et familial qui depuis dix ans déjà anime les milieux évangéliques au sein du monde issus de la Réforme. Rien à voir avec l’Amérique honnie: Calvin a précédé Bush.


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