En novembre 1995 nous avions alerté le nouveau Président, J. Chirac. En ce début 2007, tout est à refaire, sauf la lettre écrite jadis.... que voici pour son (ou sa) sucesseur(e).



« Associations lucratives sans but »
Page 227

Préface P. Seguin.

Denoël Novembre 1995
Téléchargement gratuit sur ppkaltenbach.org
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En guise de conclusion


Lettre ouverte au cinquième président de la Ve République Jacques Chirac,
Recopiée inchangée pour son sucesseur de 2007



Monsieur le Président, ( Ajouter Madame ....?)

Vous voici à l'Élysée pour sept ans. C'est court. Déjà s'écoule l'état de grâce; déjà s'annoncent les législatives de 1998. Comme vos concurrents, avant l'élection, vous avez dit être épris de changement. N'attendez donc plus pour protéger la liberté d'association contre les dangers qui la menacent. Surtout, passez-nous l'expression, ne finassez pas.

N'attendez pas que l'élite des notables associatifs, subventionnés ou non, rejoigne l'élite du patronat, les élus, les représentants des partenaires sociaux, les fonctionnaires dans les geôles encombrées, rénovées et agrandies du château d'If ou du fort Sainte-Marguerite. Dans les prisons de France on ne reconnaît déjà plus la gauche de la droite. La faute à Le Pen ?

Ne vous laissez pas impressionner par les lamentations et vociférations. Ce livre va susciter un tollé dans les officines et les arrière-cours de taus les pouvoirs et d'abord les plus masqués d'entre eux. On fera descendre les « militants » et autres spécialistes de la « manif » pour soulever les jeunes et les pauvres sous les fenêtres de votre premier ministre. Dans le même temps, des courtisans d'hier se prétendant vos nouveaux amis feront le siège de votre antichambre.

Vous n'aurez jamais face à vous que les squatters subventionnés de la liberté de 1901, soutenus par des « grands » plus fatigués que honteux, des gens qui à force de passer leurs jours en représentation ne sont plus représentatifs que d'eux-mêmes, une tempête dans un dé à coudre bureaucratique, électoral et corporatiste.

Il y a plus grave. Face au comportement de cette classe publique, le peuple, tour à tour éberlué, outré, exaspéré est déjà ailleurs, éperdu. Il a quitté Paris. Vous qui avez su entendre la rumeur qui monte, restez sur vos gardes. Ce n'est pas encore une émeute. C'est déjà une rupture de climat et de générations. Avec le départ de François Mitterrand, la génération politique de la rente, du statut et des acquis sait qu'elle a mangé son pain blanc. Ses fils vous attendent au tournant.

Vous avez su vaincre mais le plus dur reste à faire : saurez-vous profiter de votre victoire?
Pour pouvoir redistribuer le fardeau financier d'hier et de demain selon la justice, le mérite, le statut et l'âge, vous allez devoir commencer par imposer le changement à la classe publique elle-même. C'est une question de crédibilité. Si vous échouez dans ce domaine qui professionnellement est le vôtre depuis si longtemps, comment pourrions-nous vous croire capable de changements nous concernant ? Défiscalisez les dons, voici la carotte; instaurez l'interdit politique, voici le bâton.

Pour réussir vous devez en effet d'abord retrouver le peuple pour mobiliser son soutien. Sinon vous échouerez.

Considérez l'histoire : il n'y a jamais eu d'états généraux ni a fortiori de réforme sans le peuple et contre la jeunesse.

C'est aussi cela la laïcité « à la française ».

Voici pourquoi nous vous suggérons respectueusement de commencer par ce que certains qualifieront vite d'anecdotique, ou de fixette terre à terre : l'abcès associatif.

Le ferme rappel au respect de la loi de 1901 sera le meilleur test de votre volonté d'une réforme politique qui privilégierait une société de participation aux dépens de la société de représentation. Si vous y réussissez, alors, dans la foulée, avec de bonnes chances de succès, vous pourrez procéder à la réforme interne des partispolitiques et d'abord celui de votre majorité présidentielle. Vous nous trouverez à vos côtés. Offrez enfin au peuple les structures et procédures partisanes assurant la garantie que le parti, votre parti, c'est bien le peuple qui le dirigera du haut d'une « citoyenneté » politique retrouvée grâce à vous, que cela plaise ou non aux habitués . C'est pour cela que vous avez été élu.

Alors vous deviendrez le Président d'un changement: celui du réveil de notre République. Alors vous passerez allégrement l'épreuve des prochaines législatives. Et vous entrerez dans l'histoire dans un tout autre état moral que votre prédécesseur, politiquement s'entend.

A vous l'honneur de réformer la classe publique pour nous convaincre de votre capacité de réforme. De la même façon que vous aviez su débrider l'affaire de la nationalité en instituant la commission Marceau Long avec sa procédure anglo-saxonne, instituez une grande commission de l'association. Le message sera entendu et transmis.

N'attendez pas que nous commencions la réforme sans vous. Rendez-vous en mai 2001 pour célébrer le big bang associatif.



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