TARTUFFE AUX AFFAIRES
Mars 2001
P. 67 à 85. (Voir le livre complet en téléchargement gratuit)
Second leurre:
le tout-antiraciste au service du Front National
L’antiracisme est bien de nature morale, mais il demande à être porté par une ambition plus haute que la seule haine de tous les racistes.
Alain Etchégoyen, La Valse des éthiques 1.
Le sans-papiers remplace le prolétaire Nicolas Baverez estime à juste titre que le vote d’extrême droite constitue le meilleur indicateur de déliquescence d’une démocratie. Le bilan «antiraciste» de «la génération» n’est donc guère à son honneur.
En deux décennies d’antiracisme officiel subventionné, le Front national passe de 0,33% aux législatives de 1978 à 10,9% aux européennes de 1984, pour friser les 15% en 1995 et 1997. Dans un style quasi britannique, Valéry Giscard d’Estaing commente: «En 1997, les cinquante-sept élections triangulaires, où l’extrême droite a atteint un nombre suffisant de suffrages pour pouvoir se maintenir au deuxième tour, sans aucune chance de l’emporter, ont facilité l’élection d’un certain nombre de candidat de la gauche. » En 1999, le FN se divise et régresse proprio motu.
L’antiracisme officiel n’y est évidemment pour rien. MM. Le Pen et Mégret – et personne d’autre – affaiblissent leur parti au point de le faire passer sous la barre fatidique des 12,5% qui a permis la victoire électorale de Lionel Jospin. S’il suffit d’une guerre de chefs pour dégonfler la baudruche de la bête immonde, c’est bien que le péril était imaginaire. Commentant un sondage de la SOFRES, Le Monde du 29 mai 2000 conclut : «Une partie importante du socle idéologique qui a fait les beaux jours de l’extrême droite – défense des valeurs traditionnelles, crainte de l’immigration, insécurité – n’est plus un repoussoir pour une majorité de Français, dès lors qu’elle n’est plus associée à M. Le Pen et au FN ou à son clone du MNR 2. »
Printemps 1998, lors d’une séance à l’Assemblée nationale, consacrée à une nième loi sur l’immigration, J.-P. Chevènement admoneste M. Le Braouzec, député maire communiste de Saint-Denis, qui fait profession politique de marier des «s a n s - p a p i e r s» pour faire monter le vote Le Pen:
«Il ne faudrait pas que le “sans-papiers” remplace l’ouvrier comme rédempteur du prolétariat.»
Peu de mois plus tard, à la suite d’occupation de temples protestants par des professionnels des « sans-papiers » issus du PSU, le même Chevènement mettait le feu aux poudres d’un certain protestantisme parisien, en déclarant dans un entretien exclusif au journal Réforme: «Dans une démocratie, l’appel à la désobéissance civile n’est pas un comportement responsable. [...] Des spécialistes de l’amalgame s’efforcent de comparer la République et Vi c h y, les reconduites à la frontière avec la déportation des juifs. La position de l’Église réformée répond à une certaine sensibilité, mais cette sensibilité est exploitée par une petite extrême gauche à la recherche d’une “posture morale”. » Le directeur de R é f o r m e fut vivement tancé pour avoir osé publier de tels propos.
De fait, consacré à l ’ «É t r a n g e r», le synode précédent, dans la ligne des assises de la fédération protestante de Toulouse en 1995, avait invité, in fine, à la désobéissance. Dieu merci, avec son humour habituel, le pasteur Philippe Vassaux a sauvé l’honneur de la Réforme en écrivant: «P u i s q u e le synode de Nantes fait allusion dans sa résolution n° 30 à la possibilité d’en venir, en dernier recours il est vrai, à la désobéissance civile au cas où le législateur n’entrerait pas dans ses vues à propos du statut des étrangers en France. Puisque le synode a voté cette résolution par 80 voix contre 0. Puisque une décision synodale a force de loi dans l’Église réformée [...], alors j’invite mes coreligionnaires à la désobéissance synodale 3.»
Et pour consoler l’infortuné directeur de R é f o r m e, si injustement admonesté, quoi de plus roboratif que la citation de J.-F Revel dans la revue C o m m e n t a i re ,de janvier 2001? «Jean-Pierre Chev è n e m e n t! Ce Lénine provincial et béat, rédacteur intarissable de tous les programmes et manifestes de François Mitterrand, appartenait à la catégorie des imbéciles qui ont un visage d’homme intelligent, encore plus traîtresse et redoutable que celle des hommes intelligents qui ont un visage d’imbécile. J’entends ici par intelligence non point la seule aptitude à concevoir et à discourir, mais la capacité de comprendre les grands sujets de son époque. Selon cette définition, ma remarque s’applique aussi bien à François Mitterrand qu’à Charles Maurras 4. »
Force est de constater que l’exploitation religieuse des «sans-papiers» n’est pas chose nouvelle chez les professionnels protestants.
Déjà le bulletin officiel de la Fédération protestante (BIP), en date de 28 avril 1995, mais diffusé le 3 mai, entre les deux tours de l’élection présidentielle, publiait le communiqué suivant:
«Suite à l’émotion provoquée dans les communautés protestantes par “l’appel du Comité national de soutien des chrétiens protestants à Jacques Chirac”, comme hier à l’annonce de la création du Cercle des amitiés protestantes par le Front national, la Fédération protestante rappelle: «–qu’il n’est pas dans la tradition théologique des Églises protestantes d’intervenir dans le choix des votes aux élections; «–qu’elle affirme la responsabilité pour chaque citoyen de se déterminer en conscience. «La Fédération protestante de France tient à préciser que de telles initiatives individuelles ne l’engagent pas, ni aucune des Églises, institutions, œuvres ou mouvements qui en sont membres. »
Le second communiqué publié dans le même bulletin officiel informait les fidèles de ce que «le foyer évangélique de Grenelle, qui héberge à Paris depuis le 11 avril à 14 heures six grévistes de la faim représentant 500 familles en situation irrégulière, a reçu les visitesdu pasteur Steward président de la Fédération protestante, de Mgr Gaillot, madame Danielle Mitterrand, madame Voynet, M. Schwartzenberg et d’une foule de sympathisants discrets(sic) ».
Les permanents protestants parisiens étaient hier encore coutumiers de ce totalitarisme clérical – mélange de pose christique et de théologie du saule pleureur – comme en témoigne jusqu’à la caricature, le morceau de bravoure publié sous forme d’appel dans Réforme, en 1982 5. Pour apprécier l’audace du ministre Chevènement il faut donc mesurer l’épanouissement remarquable de l’antiracisme d’État depuis 1981.
Du racisme ordinaire à l’exclusion
P.-A. Ta g u i e ff a donné la première analyse clinique de l’exploitation conjointe de l’immigré et de l’exclusion v i ale racisme 6. Au début étaient les années 1935-1945 et la lutte unanime contre le nazisme et Vi c h y. Puis vinrent les années 1950-1980, celles de l’anticolonialisme et du tiers-mondisme. Avec les années 1980-1990, le racisme c’est l’exclusion. Donc, tout est racisme. Au bout d’un processus, marqué par la multiplication de lois antiracistes, le racisme n’a plus de contenu. Ce n’est plus qu’une insulte. La démarche intellectuelle qui conduit à ce résultat électoralement prometteur comporte trois étapes.
La première consiste à fondre en un même ensemble des catégories hétéroclites de victimes: les gens sont exclus par la classe, l’âge, le sexe, le revenu, le niveau scolaire, l’habitat, la religion.
La seconde étape vise à couper la France en deux, entre gauche et droite, victimes et bourreaux, républicains et nazis, enfin les exclus et les autres. Les «racistes» sont: dominateurs, oppresseurs, exploiteurs, génocideurs; ils aiment le marché, la compétition, la productivité, l’efficacité, le profit, la patrie, la famille, Jean-Paul II, aussi, car libéralisme, nationalisme et racisme ne peuvent relever que d’une même pathologie obscurantiste. Les «racisés», opprimés et exclus, tous les autres, sont des victimes innocentes irresponsables de leur exclusion. La disposition affective, que présuppose et conforte de telles analyses chez les défenseurs des victimes, est la compassion, qui se traduit en conduites de solidarités, actions de défense des droits, voire la légitimation du terrorisme et de l’insurrection contre la loi républicaine.
L’étape finale est la stratégie du soupçon. Comme aucune force politique ne se targue publiquement de racisme, le racisme doit être dit ordinaire, rampant et gagnant la droite républicaine.
En témoignent ces phrases tirées du livre de Harlem Désir, SOS Dés i r, sorte de final symphonique antiraciste de la période:
«Curieux ce pays où on conteste l’incontestable, où certains veulent détruire jusqu’à la mémoire de l’atroce, de l’horrible, pour mieux recommencer. Pressés de construire de nouveaux ghettos, aveuglés lors de leurs séjours gracieusement offerts par l’Afrique du Sud, ils ont oublié la retenue qui s’impose, pour montrer le visage qu’ils ont toujours eu, celui de la haine et de la violence. L’exclusion des jeunes issus de l’immigration signifie que l’on adopte une même stratégie de l’exclusion à l’égard de tous les grands problèmes de la vie moderne: exclusion des pauvres du droit à la justice, exclusion des femmes du droit à l’égalité, exclusion des jeunes du droit à l’éducation, exclusion des malades du droit au t r a i t e m e n t . »
Durant l’été 1993, Bernard Tapie, mis en examen par un magistrat de Valenciennes s’écrie: «Je me sens comme un juif traqué par la Gestapo.» Et quand de jeunes musulmans manifestent à Grenoble, début 1994, pour protester contre l’interdiction du voile à l’école, ils arborent un brassard portant un croissant jaune avec la mention: «À quand notre tour?» S’indignant de «l’hystérie antipédophile» en Grande-Bretagne, G. Dupuy s’enflamme: «Ces événements présentent certains traits des pires racismes.
Il existe, certes, une différence entre le racisme et cette inflammation populaire, mais la manière dont les pédophiles sont traités relève de mécanismes irrationnels qui sont, au fond, des délires racistes ce qu’elle éclaire le conformisme médiatique: «Le basculement d’un dogmatisme marxiste dans une idéologie de remplacement, le néo-libéralisme, laisse une génération non seulement orpheline de sens, mais en quête d’une raison valable de s’affirmer encore de gauche. Dans cette quête, elle n’a trouvé que l’antifascisme. Elle a donc un besoin vital de croire que la menace fasciste soit énorme et va donc la voir partout. Toujours pour valider cette identité de gauche, elle va en rajouter dans le libertarisme des mœurs.
Cette évolution entre peu à peu en contradiction avec le peuple réel, qui fait un mouvement en sens inverse, contre la mondialisation et contre le discours soixantehuité. Mais comme il est inconcevable que la gauche perde le peuple, il faut que le peuple se soit dévoyé, ce qui explique l’explosion du concept de populisme. Obsession forcenée du fascisme et obsession diabolisante du populisme, tels sont les ressorts du lynchage médiatique et de la chasse aux sorcières. »
François Furet deconclure qu’à l’idée socialiste en ruines, l’universalisme antiraciste substitue la«morale drapée dans la publicité: la “génération Mitterrand” est née, concoctée à l’Élysée, habillée par Séguéla». Pareils propos jettent Jean-Marie Colombani dans une noire fureur: «Comment accepter ce procès qui délégitimise un combat nécessaire, celui de l’antiracisme, comme d’ailleurs, l’anti-national populisme ?» On opposera donc à J.-M. Colombani, en guise d’épitaphe pour l’antiracisme associatif officiel subventionné, ce simple verset satanique, calviniste et voltairien: «J’ai mis l’étranger dans tes murs pour te rappeler sans cesse la Justice et la Liberté, pas pour t’aider à passer à la télévision, gagner tes élections, ni à vivre de subventions. Amen. »
Génération des maquis contre génération de Vich y? Sociologue de la jeunesse, qualifié de «théoricien du poujadisme démocratique» par Le Monde(5 Février 1993), Paul Yonnet, complète l’analyse de Taguieff par une intéressante explication intergénérationnelle de l’antiracisme officiel 9
Aux origines étaient Vichy et la Résistance, Pétain et de Gaulle. Lorsque la génération des pères – la génération des 2 millions de prisonniers héritiers des vainqueurs de Verdun – affirme à ses enfants, lors du retour de De Gaulle, en 1958, et en dépit de la raclée de 1940: «Nous étions tous dans les maquis», il n’est pas surprenant que la génération des fils réplique, en 1968: «Non, vous étiez tous à Vi c h y.» Et les deux propos sont à la fois, également justes et faux. À ceci près que la génération nouvelle va prendre le pouvoir médiatique pour la triple décennie 1968-1998. Dans L’ É p re u v e, Edwy Plenel résume bien le socle idéologique de son âge: «Chaque génération a son “affaire Dreyfus”. Pour la nôtre c’était la collaboration, la guerre d’Algérie et 68. »
Lorsque les éléments les plus politisés d’une génération ont le sentiment d’avoir été à la fois trahis par la classe ouvrière, bernés par le RPR et abusés par leurs parents, il est légitime qu’ils cherchent, avec véhémence, une revanche historique contre ceux qui, après avoir perdu la guerre, les avaient envoyés casser du fellagha dans les Aurès 10. Et l’on pressent que le slogan «Nous sommes tous des juifs allemands» préfigure, via Cuba et le Che, le «Nous sommes tous des immigrés».
Le coup de génie électoral de F. Mitterrand – ancien délégué de Vichy aux prisonniers et ami de Bousquet – aura été de mobiliser – notamment viala MNEF – une jeunesse de toute façon perdue par la droite professionnelle, en inventant l’antiracisme d’État sur fond de concerts.
De la tête de l’État – Jack Lang officiant – jusqu’aux classes des lycées de campagne, en passant par l’appui des religions et des organisations sociales intermédiaires, aussi le relais décisif et acritique des médias et l’agrégation des adolescents à la génération morale, l’antiracisme, construit sur le «droit à la diff é r e n c e», va dominer le discours politique des années 80-90. Telle une nouvelle aumônerie, SOS Racisme va se voir autorisé par les syndicats à enseigner dans des lycées.
Les Églises, pour leur part, vont, comme souvent, s’illustrer dans le conformisme. La déclaration multiconfessionnelle du 16 mars 1984 et celle de mi-novembre 1985 vont atteindre des sommets, en plaçant implicitement sur le même pied, l’exigence d’assimilation totale, reprochée à Paul Bert et Jules Ferry, et la catastrophe nazie. Et l’on put voir le souriant Fodé Sylla, sur les estrades, aux côtés de Mgr Lustiger, du pasteur Louis Schweitzer, du grand rabbin Sitruck et du recteur Dalil Boubakeur, SOS Racisme étant ainsi promu au rang de cinquième culte «officiel» de la République.
La préférence pour l’étranger
Le problème, c’est que pour organiser cette chasse au Front national, il aura fallu procéder à la mise en cause du modèle français d’assimilation, construit sur la laïcité, la République et l’école publique, la langue, la culture et la civilisation françaises, la Renaissance, la Réforme et les Lumières, autant de valeurs considérées jadis fondatrices de la gauche historique.
Il aura fallu inventer un racisme français, pour mieux plaider que les communautés ethniques étrangères apportaient une différence d’une richesse à nulle autre pareille; aussi pour mieux discréditer quiconque ne pensait pas comme Jean-Christophe Cambadélis, Julien Dray, Isabelle Thomas, Jean-Marie Le Guen, Jean-Michel Grosz, Marc Rozenblat, Patrick Veil, le couple Obadia, Fodé Sylla, Olivier Spithakis, Éric Ghébali, Manuel Valls 11, soit le noyau dur de la MNEF 12. Bref, pour valoriser la différence étrangère, il fallait humilier la réalité, la démocratie, la laïcité, la culture, voire la langue françaises. Il fallait baptiser «populu corsu» une situation mafieuse promise au meurtre d’un préfet cévenol. Il fallait brandir soit l’affaire Dreyfus, soit l’esclavage, comme le fit le secrétaire d’État à l’Intégration Koffi Yamgane, en réponse à un article de Valéry Giscard d’Estaing sur l’immigration-invasion.
Puisse la perle oratoire de ce sousministre breton d’origine africaine passer à la postérité: «VGE a toujours le droit de préférer les Noirs qui distribuent des diamants et concèdent des chasses, à ceux qui nettoient les trottoirs de Paris, ses ancêtres à particule ont arraché à l’Afrique et vendu cent cinquante millions d’hommes, ses esclaves, pour créer leur richesse et leur bienêtre. Était-ce invasion ou immigration?»
Afrique pour Afrique, Éric Ghebali, ancien secrétaire général de SOS Racisme, aurait été rémunéré en Suisse par la fondation Elf, dirigée par madame Fatima Belaïd-Le Floch Prigent. Quant à M. Cambadélis, infatigable animateur de la lutte contre Le Pen, numéro deux du PS, il s’est fait longtemps rémunérer sur un emploi fictif dans une association de foyers pour immigrés, dirigée par un homme peu suspect de socialisme 13.
Pour finir avec le racisme, le procès Papon aura confirmé la thèse de P. Yonnet sur la confusion organisée entre Vichy, guerre d’Algérie et immigration, par une génération dont Arnaud Klarsfeld aurait bien voulu devenir le nouveau héraut médiatique sur patins à roulettes 14. Régis Debray et Pierre Nora inviteront le beau jeune homme à ne pas confondre devoir de mémoire et obligation publicitaire.
La supériorité morale par hérédité
Et, tant qu’à ressasser Vichy, la palme de l’ordre moral antiraciste devrait aller à ces protestants qui – dans Libération– eurent le front de former un groupe de pétitionnaires «fils de justes 15»(!)et d’écrire:
«Nous qui avons hébergé des juifs, [...] voilà pourquoi, “justes parmi les nations”, leurs enfants et petits-enfants, ci-dessous signataires, disent qu’ils continueront à accueillir chez eux des étrangers.»
Il n’existe qu’une façon juste et une seule d’invoquer les «justes» et la voici 16. Lors du colloque organisé en 1990, au Chambon-sur-Lignon, en mémoire des juifs cachés sur tout le plateau, et de l’attribution de la médaille des Justes aux habitants, le pasteur Alain Arnoux fit la prédication suivante, inspirée par le verset: Matthieu 6-1: «Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes pour en être vus. »
Ministre de l’Église réformée du Chambon, il rappela devant les frères darbystes, les représentants de l’Église évangélique libre, le curé et l’ambassadeur d’Israël que la réalité de l’Église ne dépend pas de personnalités en vue, si fortes soient-elles...
«Il ne faut pas, jamais, que cette histoire devienne rentable. Il ne faut pas, jamais, qu’un habitant du plateau dise à un juif: “Vous nous devez quelque chose.” Et surtout, et encore moins, il ne faut pas que ceux qui n’ont pas vécu cette histoire en deviennent les profiteurs. Que les petitsenfants s’attribuent jamais une gloire que leurs anciens ont refusée, et qu’ils n’en fassent jamais un fonds de commerce. [...] Si un jour, à l’entrée du plateau, on voit fleurir des écriteaux: “Ici on a aimé les juifs”, alors, ceux qui sont aujourd’hui remerciés, seront reniés et insultés.
«On n’est pas juste par hérédité. D’ailleurs qui est juste? Puisque ce plateau est remercié d’avoir autrefois scolarisé des enfants, ouvert des maisons, accueilli des gens pourchassés dans toute l’Europe, nous aimerions qu’il n’y ait plus d’écoles fermées devant de jeunes palestiniens, plus de maisons dynamitées, plus de gens expulsés de leur terre ancestrale pour être remplacés par des colons. En attribuant cette médaille des Justes, vous avez invité tous ceux qui vivront et passeront sur ce plateau à être aussi justes et fraternels qu’il est possible à des humains de l’être. Mais d’une certaine façon, c’est aussi à vousmême, Israël, que vous adressez cet appel. »
Antiracisme médiatique
Il faut apprécier le caractère novateur de la force politique constituée par SOS Racisme dans un conglomérat d’un genre nouveau: Élysée, médias, «la génération 17», force qui remplaça un temps la vieille alliance verticale entre: appareil d’État, partis, syndicats et classes sociales. Pour «la génération», Mai-68 fut bien une victoire culturelle durable, obtenue par une stratégie de conquête de la dominance idéologique dans les médias, avec des moyens d’action culturels, instrumentée pour l’essentiel du dehors de la politique, du moins en apparence.
Tout comme la jeunesse, et à l’attention de la jeunesse, SOS se déclara apolitique, hors parti. Comme la jeunesse et à l’attention de la jeunesse, SOS se déclara libre à l’égard de l’argent. Dans Le Mondedu 9 août 1986, Julien Dray déclara fièrement: «Nous avons préféré rester nous-mêmes, à l’écart de toute mouvance politique, y compris le PS.» Mais tous ces dirigeants ont fini dans l’appareil d’État, Parti socialiste, Parlement, Conseil économique et social, «m u t u e l l e s» et «a s s o c i at i o n s» diverses, Parlement européen 1 8, mais par-dessus tout dans les médias. Quant à SOS, en juin 2000, l’association cumule mise en examen et redressement judiciaire 1 9.
Plus récemment, dans la même veine que Taguieff, Christian Jelen 20 s’en prenait frontalement à MM. F. Dubet, F. Gaspard, B-H. Lévy, T. Nathan, A. Touraine et M. Wieviorka 21. À l’entendre, personne autant qu’eux n’aura aidé le Front national. Sous couvert de multiculturalisme, ils ont œuvré à la décomposition de la République et à la mise en cause de la Nation. Comment expliquer que les mêmes prônent, outre la laïcité, la parité hommes-femmes en matière politique, mais tolèrent l’inégalité en matière sexuelle: le voile, la polygamie, la répudiation, et demandent la clémence pour l’excision 22? Marcel Gauchet ne dit pas autre chose 23, pour qui un mur s’est dressé entre les élites et les populations, entre une France officielle avouable, qui se pique de ses nobles sentiments et un pays des marges, renvoyé dans l’ignoble, qui puise dans le déni opposé à ses difficultés d’existence, l’aliment de son ressentiment et de sa rancœur. Un système d’alliance se défait, un autre se recompose. La lutte des classes n’a pas disparu. Elle resurgit, comme un refoulé qui revient, à propos de problèmes comme la peine de mort, l’immigration et l’insécurité. Insurrection:
Antigones subventionnées L’exploitation de l’immigré, du racisme, de la xénophobie, le dénigrement des franchouillards, des «beaufs», du modèle français, de l’assimilation, l’exaltation de la différence, des communautés, du peuple corse, des langues et cultures régionales et étrangères, et maintenant de l’islam, cet ensemble a bien constitué, durant un quart de siècle, l’un des leurres les plus efficaces du nouvel ordre moral. Seule la médiocrité intellectuelle de la droite professionnelle a permis à ce piège de fonctionner comme un rouage d’horlogerie, de 1986 à 1998.
Mais le piège se referme sur le trappeur, le charme est rompu. Car, après tout, qui lepénisait qui, et dans quel but? «Depuis que les journalistes policiers tendent à remplacer les intellectuels engagés, la chasse à l’hérétique sur fond de consensus médiatique absolu s’est substituée à la discussion critique et à l’argumentation polémique.
La diffamation vertueuse, douce et diluée, la délation bien pensante et mimétique donnent son style à la chasse aux sorcières à la française. Mieux, l’acte délationniste est vécu comme un acte de résistance, et chacun sait que la résistance ne s’en prend qu’à la “bête au ventre toujours fécond”. Les plus couards des conformistes peuvent ainsi se prendre pour des aventuriers de l’esprit, des princes des maquis, des héritiers de Jean Moulin ou des compagnons de Manouchian 24. » Cette philippique est de P.-A. Taguieff. Finalement, ces enragés se sont révélés des adversaires objectifs de la démocratie.
N’est-ce pas le cas lorsque l’insulte frappe un président de région dont une partie de la famille a disparu à Auschwitz? ou lorsque le meilleur chercheur démographique sur l’immigration, Michèle Tribalat, se fait accuser implicitement de lepénisme dans Le Nouvel Observateur,par Hervé Lebras? lorsque des tombereaux d’insultes «antifascistes» sont déversés sur Charles Millon, lorsque le député maire Frêche rebaptise «rue de Vichy» une rue proche du conseil régional à Montpellier? Au point où ils en sont, pourquoi ne pas interdire Mozart à Vienne et la diffusion du festival de Salzbourg sur la 5 e?
Bref, dans la situation ainsi créée, la moralité ou l’immoralité des faits, gestes et professions de foi dépendent non plus de ce que ceux-ci sont, ou signifient par eux-mêmes, mais de l’idéologie de leurs auteurs ou de leurs victimes. Jack Lang a, dans cette affaire, manié à merveille ce syllogisme de l’ignominie: «On utilise parfois l’autre pour exprimer ses propres sentiments», a-t-il dit. Traduction, le véritable antisémite n’est pas Mitterrand qui déclare: «Vous constatez là l’influence du lobby juif en France», mais d’Ormesson qui l’écoute 2 5
. Et Alain Finkielkraut de conclure: «Lorsque les députés de la majorité accueillent Charles Millon avec des hurlements et, n’écoutant que leur courage, scandent : “Millon démission”, aspirent-ils par ce lynchage moral à faire reculer l’extrême droite? Non, ils veulent être ceux qui auront résisté, la posture historique l’emporte sur toute autre considération. Ils n’ont pas en tête le salut de la cité, mais celui de leur âme. Ils prennent une persécution bien-pensante pour un acte de résistance 26.» Ce qui devait arriver arriva, A. Finkielkraut est désormais l’objet d’un procès en antisémitisme. Qui est atteint de «délires»?
Au reste, la cible depuis longtemps n’est plus le sans-papiers comme être humain. Le véritable enjeu, c’est la morale comme outil de pouvoir, avec cette stupéfiante revendication d’un droit politique nouveau, le droit à l’insurrection après subvention.
Comment subir, sans réagir, l’insupportable légèreté morale avec laquelle ces Antigones subventionnées assument ainsi le risque politique de justifier, demain, le sac des cliniques pratiquant l’IVG, l’incendie de salles de cinéma programmant Scorcese, l’occupation de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, la sécession de la Corse, la destruction des Mac Do, la pollution volontaire des rivières – pour commencer –, bref, toute violence sectaire, notamment intégriste, locale ou étrangère? La cause est entendue. L’objectif de ces belles indignations n’était autre, sous couvert de morale, que la survie électorale de la classe publique entière, comme en témoignent les effets inattendus de la loi sur le financement des partis politiques.
Financer Le Pen sans le dire Non seulement la classe publique organise le verrouillage au bénéfice des sortants. Elle l’entretient sur fonds publics, pour empêcher l’émergence de partis politiques jeunes. Sous couleur de moderniser la vie politique – on notera le refus de parler de moralisation– elle se contente de bien peu.
Et, par exemple, pourquoi ne pas interdire aux partis politiques l’ouverture de comptes à l’étranger?
Pourquoi ne pas demander la publicité de ces comptes, au lieu de s’en prendre au Liechtenstein, comme le sémillant député Montebourg? Pourquoi ne pas demander aux entreprises et organismes vivant pour une part importante de crédits ou de marchés publics de publier la liste des fonctionnaires anciens et actuels qui ont été ou sont leurs salariés ou leurs prestataires de services? En particulier comme consultants? En particulier dans le domaine social, fortement subventionné? Pourquoi ne pas décider de l’interdit électoral à vie pour les politiques ayant fauté avec l’argent public?
Depuis la loi du 11 mars 1988, les textes se sont multipliés pour organiser le financement des partis politiques. Le premier objectif de cette législation était d’obtenir, en contrepartie de l’effort des contribuables, une réelle transparence financière de la part de la classe politique. Il n’en a rien été, comme le prouve la succession de délits commis depuis 1988.
Le second objectif de cette législation, notamment depuis 1994, était l’organisation d’un financement équitable en fonction des résultats électoraux. Les résultats financiers actuels sont révélateurs des contradictions qui minent cette parodie de démocratie.
L’effet de la loi de 1994 est de distribuer aux partis politiques, pour la durée de la législature, une somme annuelle de 526,5 millions de francs – soit en gros 50% de leurs dépenses de campagne – calculée en fonction du nombre de parlementaires et du nombre de suffrages obtenus au premier tour des législatives de 1997 27. Annuellement, chacun des 24152591 suffrages exprimés en 1997 rapporte environ 11 francs, et chacun des 894 élus 294460F.
Il en résulte qu’un parlementaire «vaut» 26769 électeurs, et que le Parlement pèse financiè-rement 26000000 de voix, soit plus que le corps électoral venu aux urnes pour l’élire.
Profitent de façon éhontée de ce système, par ordre décroissant:
–à titre collectif, l’UDF qui, avec 14% des suffrages compte à elle seule 111 sénateurs, soit plus du tiers du Sénat, et le PS qui avec 26,3% des suffrages compte 337 élus, soit 37,7% des parlementaires;
–à titre personnel, MM. Chevènement et Soisson, qui sont des sortes de divas dodues des urnes.
Sont finalement victimes de ce système, par ordre décroissant: –le Front national ; –Philippe de Villiers; –les écologistes non gouvernementaux, et d’abord Brice Lalonde; –Lutte ouvrière.
Le seul problème c’est que la procédure ainsi mise en place conduit à interdire toute alternance raisonnable, et ce, de deux manières. Car, non seulement elle n’empêche pas une abstention «citoyenne» de plus de 55% de l’électorat, maiselle pénalise le parti qui – au premier tour – arrive en troisième position dans les urnes.
Autrement dit, dans une démocratie normale, MM. Chevènement et Soisson, comme le Parti communiste auraient depuis longtemps disparu de la scène politique et le Front national serait depuis longtemps noyé dans la droite française, tout comme en Angleterre et en Allemagne. Quant au PS il serait réduit au parti de la fonction publique et de la subvention. À en croire le sondage SOFRES de mai 2000, déjà cité, sur les conséquences de l’effondrement de MM. Le Pen et Mégret, c’est ce qui est en train de se produire dans l’opinion.
Ce déni de démocratie est devenu explosif, comme l’ont révélé les élections régionales de 1998, et pas seulement à Lyon. Plus personne ne peut convaincre l’opinion que le système en place soit démocratiquement équitable. Et tout le monde comprend que les professionnels de gauche comme de droite étaient prêts à rabâcher: «Le FN n’est pas un parti comme les autres», mais se gardaient bien de l’interdire légalement, car sa présence protégeait le statu quo des perdants autant que celui des gagnants.
Pour conclure sur le financement politique du statu quo et le Front national : La morale? Oui ! Et la plus braillarde possible! La démocratie? Non! Et le plus discrètement possible. La facture elle, ne cesse d’exploser. Les dépenses pour les cantonales de 1998 ont été de 22% supérieures à celles des cantonales de 1994 (369 millions contre 206). Les dépenses pour les européennes de 1999, de 90% à celles de 1994 (578 millions contre 352 pour un même nombre de listes), et les régionales de 1998, 457 millions contre 306 en 1992 28
LA FIN DU TOUT-ANTIRACISME Grâce à la Coupe du Monde et à l’«affaire autrichienne», la banalisation, la lepénisation, la vichysation et la paponisation des esprits sont derrière nous. Le principal combat n’est plus celui de l’intégration, parce qu’elle continue à se faire et qu’il y a désormais unanimité pour refuser le mythe des frontières ouvertes, soit une mondialisation «p olitiquement correcte». Seuls quelques médias tentent encore de le masq u e r. Et pourtant, tous les instituts d’analyse de l’opinion disent, depuis vingt ans, que la France est de moins en moins xénophobe.
Le Monde du 15 août 1999 l’a tardivement reconnu, avec un article de Jérôme Jaffré, directeur du Centre d’études et de connaissances sur l’opinion publique (CECOP), lequel cite les travaux de l’observatoire annuel de la COFREMCA 29en matière de xénophobie. Le recul de la xénophobie depuis vingt-cinq ans est patent :
Sont d’accord avec l’opinion: On est mieux entre Français.
1991: 44%
1992: 42 %
1993 : 39 %
1994 : 40 %
1996 : 37%
1997 : 28 %
1998 : 28 %
La Commission des droits de l’homme nie cette évidence, mais à force de vouloir bien faire et de s’en remettre à une société privée du soin de peser les consciences, son message annuel tourne au contresens, au point de devenir une invitation au racisme. «La Commission devrait renoncer à son simulacre d’étude annuelle.» Telle est la conclusion d’Alain Morice et Véronique de Rudder publiée par une revue aussi peu raciste qu’Hommes et migrations.
Le déclic s’est produit, comme toujours, à l’improviste. En apparence, la bulle du «t o u t - f o o t» a fait éclater la bulle du «t o u t - r a c i s m e». À entendre les médias, il aurait suffit de deux mois de Mondial pour gommer vingt ans de démagogie. La France se serait offert le luxe de passer du «foot Ta p i e» au «foot Jacquet », de l’antiracisme officiel type «S O S», à une équipe black, blanc, beur couvrant nos rues et nos places de bleu, blanc, rouge. Au plus grand plaisir de gens comme Edgard Morin et Max Gallo, ces brutes nationalistes et franchouillardes bien connues. L’ a n t i r a c i s m e d’État aurait perdu le Mondial!
En vérité, bien d’autres facteurs ont joué pour dessiller les yeux des Français. À Romainville ou à Stains, que peuvent les enseignants, que peuvent les populations locales, quand 100% des enfants d’un établissement du primaire, 75% des élèves d’un collège, ne parlent ni le français ni une même langue ?
Qui est responsable de cette ghettoïsation ethnique à la française, avec constitution de zones proches de la sécession ? Les racistes? l’ensemble des Français? ou la classe publique? Puis, l’opinion a pris conscience que la logique de la lutte pour les langues régionales conduisait droit à la reconnaissance de l’arabe et du berbère comme langues obligatoires sur tout le territoire, par exemple en Bretagne pour un Corse, en Corse pour un Alsacien, et en Alsace pour un Basque.
Du coup, chacun a compris – n’en déplaise à François Hollande – que le fameux faux «vote immigré non européen», appellation mensongère du «vrai vote étranger», soulevait non pas un problème d’intégration, mais un problème de droit pour les femmes, notamment étrangères, et de relations internationales. avec les dictatures pétrolières. Les Français se révèlent dans une forte majorité favorables au vote d’étrangers européens originaires de démocraties accordant la réciprocité, à condition de résider depuis un certain temps et de ne pas voter deux fois, chez eux et en France. En revanche, ils refusent à l’unanimité le vote étranger qui conduirait tout droit nos banlieues à connaître les affrontements sanglants des dictatures du Sud et les violences faites aux femmes. Cerise sur le gâteau, voici les Beurs, chéris de SOS Racisme et autres «Touche pas à mon Pote», qui se sont pris, à la faveur d’une intifada, à incendier des synagogues dans le silence gêné des antiracistes.
Enfin, l’affaire autrichienne a fait mûrir les esprits. L’opinion a découvert que le niveau de l’extrême droite était lié, dans ce pays, à l’immigration, certes, mais tout autant à trente ans de «cohabitation». De plus, personne ne comprend que l’on manifeste contre des présidents de région élus grâce au soutien électoral du Front national et que l’on accepte de traiter avec des mouvements ethniques et communautaires qui font de la violence un moyen d’action légitime contre la démocratie. Pour toutes ces raisons, la fin du tout-antiracisme comme leurre politique est pour bientôt, sans doute d’ici les prochaines échéances électorales.
De façon plus évidente que le tout-sexuel, le «tout-antiracisme officiel subventionné» aura porté le vote d’extrême droite à 15%, niveau jamais atteint chez ceux de nos voisins qui connaissent des problèmes d’immigration comparables aux nôtres, l’Angleterre et l’Allemagne. Et l’on comprend que l’héritier moral de F. Mitterrand hésite à aff r o n t e r, en 2002, des législatives sans le soutien d’un Front national aussi puissant qu’en 1997.
Le point d’orgue paroxystique et synthétique de la libération des mœurs et de l’antiracisme à dominante «j e u n i s t e», aura été, début mars 2000, la très officielle revue ministérielle gratuite Droits des j e u n e s(D DJ 3 4), déjà évoquée. Prévue par la ministre communiste de la Jeunesse et des Sports pour être tirée à 15 0 0000 exemplaires quatre fois par an, son n° 1 a été distribué aux jeunes conscrits lors de leur rendez-vous citoyen. On peut lire au sommaire: «Le boum du PA C S; une autre façon de vivre en couple; démarches à suivre; avantage » , «Contraceptif de l’urg e n c e; les infirmières peuvent distribuer la pilule du lendemain sans obligation de prévenir les parents; comment ça m a r c h e ?», «Mobilisation contre les discriminations; concours de s c é n a r i o; actions de testing pour piéger les racistes» . Sont indiqués comme partenaires du projet : NRJ, France 3 et l’émission Sagacités, Libération, l’Humanité hebdo, les directions départementales du ministère, enfin les services municipaux des villes de plus de 10000 habitants. Parmi les associations recommandées figurent, outre SOS Racisme, la LICRA, la Ligue des droits de l’homme et le MRAP. Il n’y manque que la MNEF! Parlons-en.
1 Alain Etchégoyen, La Valse des éthiques 1. 1. Éd. François Bourin, 1991.
2 2. Gérard Courtois.
3 3.Le Christianisme au XX e siècle, du 5 au 12 septembre 1998.
4 4. J.-F. Revel, Le Voleur dans la maison vide, Plon 1997, p. 580.
5 5. Cf. annexe I: «La rose et le goupillon calvinistes»
6 . 6. 1988, La Force du préjugé. Lire aussi «Fonction politique du racisme et fonction internationale de l’antiracisme» dans La Connaissance inutile de J. F. Revel, Grasset 1988.
7 7. » L’interprétation de Jean-François Kahn mérite d’être évoquée 8, en Justification par les leurres 71 7. «Folie punitive», Libérationdu 11 août 2000.
8 8. J.-F. Kahn, «Le lynchage médiatique», Panoramiques, septembre 1998.
9 9. Voyage au centre du malaise français, l’antiracisme et le roman national, Gallimard, 1993.
10 10. B. Préel, déjà cité
11 11. Dont Le Mondedu 28 juillet 1998, à propos du scandale politico-financier de la mutuelle étudiante, écrit : «Une participation active à la saga mitterrandienne». (Ah! le choix des titres!)
12. Cf. annexe III: «Le parcours de six responsables de la mutuelle étudiante au Parti socialiste», Le Monde du 1 er novembre 1999
13. Le Nouvel Observateur, 2 décembre 1999; cf. ci-après l’affaire de la MNEF. 14. Les TV ont en effet montré le bouillant jeune homme, toutes mèches au vent, se rendant au palais de justice en rollers.
15. Le terme de «justes parmi les nations» est la plus haute distinction accordée par l’État hébreu à ceux qui ont sauvé des juifs.
16. Cf. p. 179 du livre Être protestant en France aujourd’huide J.-H. Kaltenbach, Hachette, 1997 (collection dirigée par Bruno Étienne). 17. Dans le milieu «beur» concerné, on parle avec nostalgie de la «génération garden» qui peuplait la garden-party de l’Élysée chaque 14-Juillet.
17. Dans le milieu «beur» concerné, on parle avec nostalgie de la «génération garden» qui peuplait la garden-party de l’Élysée chaque 14-Juillet
18. Harlem Désir au PS, Fodé Sylla au PC, Tokia Saiifi à Démocratie libérale. 19. L’association sœur de la MNEF, fondée par Julien Dray et Harlem Désir, portée à bout de bras (1 million de découvert pour un budget de 5 millions) par le Crédit coopératif a été déclarée judiciairement en cessation de paiements en mai 2000.
20. Aujourd’hui décédé. Ch. Jelen, Les Casseurs de la République, 1997.
21. Auteur de La France raciste, Seuil, 1992.
22. Cf. aussi le pasteur Alain Houziaux, organisateur de conférences qui, dans Réformedu 4 décembre 1997, déclare ne pas voir au nom de quelles valeurs il pourrait s’opposer au voile, à la polygamie et à l’excision.
23. «Les mauvaises surprises d’une oubliée: la lutte des classes», Le Débat, 1990.
24.Dans «Le lynchage médiatique», Panoramiques, septembre 1996
25. Ces propos sont de J.-F. Revel dans un remarquable article du Point du 3 septembre 1999, intitulé: «Immaculée Conception».
26. «Le lynchage médiatique», Panoramiques, septembre 1998
27. À comparer avec les 800 millions attribués par des voies obscures aux syndicats (cf. ci-après).
28. Rapport de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements publics, 10 avril 2000.
29. Société d’analyse de l’opinion.
30. «À quoi sert le sondage annuel sur le racisme?», Hommes et migrations, septembre-octobre 2000. Lire aussi Nona Meyer du CNRS-CEVIPOT,Libérationdu 31 mars 2000. 31. Selon Jean-Pierre Duport, préfet de la région Île-de-France, ancien préfet de la Seine-Saint-Denis. 32. Marie-Françoise Golberger, délégation à la Ville
33. Certains se souviennent que L. Jospin a négocié, avec le Front national, l’élection de Roland Dumas à la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, contre Bernard Stasi, grâce aux trente députés de Le Pen. 34. DDJpeut être consulté sur : www.droits desjeunes.gouv.