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PRESIDENTIELLE 2012. Crise de confiance. DEUXIEME PARTIE

UN ORDRE MORAL POUR " CLASSES MOYENNES PROTEGEES"

 DEUXIEME PARTIE

UN ORDRE MORAL POUR

«CLASSES MOYENNES PROTEGEES »

 
La preuve par excellence de tout ordre moral, la condition première de son existence c’est l’existence d’une classe sociale menacée dans ses intérêts. L’originalité actuelle de l’exception française sur le plan intellectuel est  de refuser cette vérité. Unique au sein de l‘OCDE, le silence français sur les classes moyennes -toutes catégories confondues - se manifeste au travers d’attitudes et d’opinions qui, depuis 60 ans, varient selon les personnes et les périodes.
 
L’incohérence des approches comme le manque de suivi intergénérationnel ne masquent cependant pas la cohérence du projet politique hérité de 1945: refuser  instinctivement de définir et de compter, d’une part les classes moyennes pour éviter un débat considéré à juste titre comme insupportable en marxisme français, d’autre part et surtout, les « classes moyennes protégées » ce socle sociologique du « modèle social français » .
 
Silence des « élites » 
L’INTERDIT DE DEFINIR ET DE  COMPTER
 
Selon Pierre Rozanvallon
 
Il est des silences assourdissant à due proportion de la célébrité de leurs auteurs dans le champ de la sociologie et de la politique. Ainsi de P. Rozanvallon, mandarin des mandarins, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes et Sciences Sociales, Professeur au Collège de France, qui connaît tout de l’impact électoral du secteur public.Il l’écrit d’ailleurs dés 1998  au Seuil :« C’est surtout l’aggravation du déséquilibre électoral du PS entre salariés du secteur public et salariés du secteur privé qui comporte des risques graves pour son avenir politique. Le clivage secteur public-secteur privé devient donc électoralement de plus en plus significatif, dans un contexte politique où la réforme de l’État, la réduction des déficits publics, l’adaptation des services publics à la concurrence mondiale deviennent des enjeux politiques cruciaux en France."
 
Mais le même P. Rozanvallon, qui a consacré sa vie aux « nouveaux » problèmes sociaux de la France ( Il publie deux livres en 1995 et 1996 sur ces phénomènes nouveaux :"La nouvelle question sociale. Repenser l’Etat-Providence » et « Le nouvel âge des inégalités » avec J.P. Fitoussi, Daniel Cohen, Olivier Mongin, Louis Chauvel, Denis Olivennes et Irène Therry ne prononce même pas le mot de classes moyennes. Mieux, comme on le verra ci après, P. Rozanvallon publie dans sa collection phare au Seuil, La République des Idées, Daniel Lindengerg et Louis Chauvel.
 
Une approche simpliste de droite selon Emmanuel Todd
Vaticinant jusqu’à l’autisme, Emmanuel Todd tranche en 1997 « La distinction public-privé n’intéresse que les classes culturelles supérieures ; seule une approche simpliste de droite conduit à estimer les personnels à statut comme une catégorie homogène  ».
 
Le nouveau Tiers Etat selon Alain Cotta
Le tout premier Alain Cotta avait tiré la sonnette. Il reste le seul universitaire qui s’intéresse réellement  et avec finesse aux classes moyennes. Il a commencé par en décrire la psychologie, en 1983, avant d’en aborder la sociologie en 1994. Dans les années 80, il propose le concept peu marxiste de «corporations», de nouveau Tiers Etat, incrustées entre bourgeoisie et prolétariat au cœur de la France abritée.( Le triomphe des corporations. Grasset 1983) .
 
<<Ce «nouveau tiers état » se concentre dans le tertiaire, un fourre-tout associant des activités des plus hétérogènes, qui se définit surtout de façon négative: le refus de la condition de prolétaire passe par la fuite à l’égard de toute activité, création ou intendance dont les biens physiques soient l’objet. Ce « tiers état » constitue en outre un vaste sas où la bourgeoisie peut s’enfoncer sans paraître trop déchoir, et où la classe ouvrière peut s’anoblir sans trop trahir. Les situations de transition sociale difficile – le déclin chez les privilégiés, la promotion chez les défavorisés – suscitent une angoisse, source d’agressivité et de ressentiment >>
 
Dans « Un nouveau président pour rien ». Fayard 1994, il ajoute :<Le choix de la classe moyenne est très conscient, même s’il n’est pas exprimé, même s’il est honteux, même s’il est opposé aux discours officiels, les siens et ceux qu’elle obtient, par un fin chantage, du personnel politique et médiatique. La classe moyenne veut un monarque doux, qui lui avoue tendrement qu’il ne sait pas tout, qu’il souhaite la consulter, qu’il peut se tromper, qu’il faut lui faire confiance et lui donner du temps, beaucoup de temps. Elle ne veut pas de changement, même mineur, même discret, même lent, pensant qu’elle n’a pas encore obtenu tout ce qui pourrait l’être. Elle veut poursuivre dans la voie actuelle. Dans dix ans, en 2004, 2005, le contrat social actuel volera en éclat. La stabilité des sociétés occidentales  se joue à la charnière entre l'exclusion et le bas de leur classe moyenne ». On croirait relire Tocqueville.
 
Encore Emannuel Todd mais avec Jacques. CHIRAC
Fin 1994, E.Todd publie, pour la fondation Saint-Simon. (Toujours P.Rozanvallon) une note qui fait grand bruit : «Les classes sociales et leur représentation ».
 
Non seulement il ose s’insurger contre le thème de l’homogénéité des classes moyennes, socle d’une France imaginée consensuelle, centriste par nature et prédestination, mais, prenant le contre-pied des sondages qui annonçaient Chirac perdant avec seulement 14% d’opinions favorables, il pronostique Chirac vainqueur parce que plus «à gauche» que Balladur et Delors. Pour Todd, la confusion et le malaise  français viennent de ce que «les élites politiques et journalistiques ont une vision fausse de la structure sociale, et notamment l’idée qu’une société dominée par des classes moyennes apaisées ne peut aboutir qu’à un consensus. Or c’est l’éclatement qui prévaut». Il n’y a plus de classes moyennes !
 
Il circonscrit une «caste sociale» comprenant environ 20% de la population, issue du progrès éducatif et constituée avant tout de compétences. Ce groupe comprendrait des cadres commerciaux, des fonctionnaires de catégorie A, des professeurs, des chercheurs, des avocats, des ingénieurs, et peut-être même quelques capitalistes. À l’issue de ce calcul, la France se trouve séparée en riches, puissants et pro-européens d’un côté, et tout le reste de l’autre. C’est, à l’exclusion de la passion anti-européenne, le thème de la fracture sociale que J. Chirac va  chevaucher pour l’élection présidentielle de 1995, à la fureur d’une gauche qui va connaître sa première défaite nationale depuis 1981 .
 
«  Groupe central » et « fracture sociale « selon Jacques Chirac 1994
Dans son livre de campagne « La France une chance pour tous, » achevé d’imprimer en décembre 1994, soit un mois après la note de Todd à la fondation Saint-Simon, J. Chirac écrit :
 
 «Les sociologues contemporains ont défini un groupe central, agrégé aux classes moyennes et représentant plus de 80% des Français. Ce constat fut globalement valable jusqu’à la fin des années 70: une croissance forte et des politiques économiques volontaristes avaient contribué à réduire les inégalités.Les mentalités des Français, leurs façons de vivre étaient devenues plus homogène. La lutte des classes s’émoussait, l’égalité n’était plus un songe.
 «Depuis au moins dix ans, l’ascenseur social est en panne. La société française se fracture, une lutte des classes menace de réapparaître. Une classe populaire formée d’ouvriers et d’employés,mais aussi d’artisans, de commerçants, de cadres, de chefs de petites entreprises, est de plus en plus coupée des sphères privilégiées. «Au sommet d’une pyramide sociale de plus en plus effilée, les cadres dirigeants et les milieux aisés s’isolent dans des certitudes trompeuses. "Soyons lucides, nous sommes à la merci d’une explosion sociale qui peut intervenir sans délai. Les plus lucides pressentent la montée des périls. Déjà dans les banlieues déshéritées, règne une terreur molle. »
 
L’espace de quelques semaines, le Tout-Paris n’a parlé que de l’influence d’E.Todd, son «nouveau conseiller politique», sur J. Chirac. Hélas pour les mondains, l’élection passée, le «nouveau conseiller» sèmera le doute en manquant gravement de gratitude : «Jacques Chirac devient l’archétype du politicien vide. Élu grâce à la mobilisation de toutes les forces de changement – les jeunes, les ouvriers exaspérés, des patrons de PME pleins d’espoir – il est devenu l’agent inconscient d’un curieux néo-marxisme en introduisant l’expression de “fracture sociale ». Avec son retournement du 26 octobre 1995, il va provoquer l’un des plus beaux mouvements sociaux de l’histoire de France. » (Sic).
 
 
L’électorat de la Gauche plurielle selon L. Jospin : 80% des français.
En août 1999, sans crier gare, L.Jospin annonçe :«La nouvelle alliance entre les exclus, les classes populaires et les classes moyennes pour la prochaine décennie». Tout y était et chaque mot comptait : « nouvelle alliance » a son fumet biblique ; « prochaine décennie » était une façon un peu voyante de traiter la présidentielle de 2002 en incident de parcours ; quant à la conjonction des termes" exclus" et "classes populaires", elle constituait une synthèse originale entre le vieux prêche marxiste et sa version modernisée sur l’exclusion.
 
Les trois France selon J. Attali
<<  A observer la façon dont réagit la France à la mondialisation et aux projets de réforme venus de l'Etat ou des entreprises, on ne peut que constater le dangereux creusement de fossés entre trois France. Celle qui avance vite. Celle qui veut conserver ce qui la protège. Celle qui est oubliée dans la précarité.

La première France est prometteuse. Elle est faite de gens qui, d'une façon ou d'une autre, ont eu la chance d'avoir accès aux savoirs, aux réseaux de relations et aux moyens d'agir. 
Cette France accepte les réformes, les souhaite, les précède même par son action. 
La deuxième France est solide. Elle regroupe ceux qui, d'une façon ou d'une autre, disposent d'une rente, par héritage ou par statut, et font tout pour conserver leur situation. Parmi eux, des gens très modestes, qui n'ont à protéger qu'un emploi. D'autres qui disposent d'immenses rentes de situation et d'obscènes rentes d'information. Ceux-là font tout pour éviter les réformes, qui peuvent dégrader leur situation.
La troisième France est misérable. Elle est faite de millions de gens qui vivent au-dessous du seuil de pauvreté, sans emploi, ni logement, ni formation, ni crédit, ni parrain, ni relations. De plus en plus nombreux, ce sont pour la plupart des femmes, des jeunes et des personnes âgées.
 
La première France trouve ses défenseurs tant dans le gouvernement que dans une partie de la gauche. La deuxième, surtout dans la gauche et l'extrême gauche, qui seule semble parfois s'intéresser à la troisième France". L ‘ Express le 12.06.2008
 
Loin de donner le ton et le tempo comme naguère, le Monde ne parvient même plus à suivre le train des idées.
 
A la Une du 25/26 janvier 2009, sous le titre » Face à la crise, difficultés et craintes de la classe moyenne », le chef du service politique, Françoise Fressoz, écrit sans donner de source :«  Sentiment de déclassement des classes moyennes….. ces 40% de familles qui bénéficient d’un revenu net mensuel compris entre 3500 et 4000 euros….. privées des dispositifs sociaux d’aide aux plus modestes, mais aussi des faveurs fiscales accordées aux plus aisés, elles  ont le sentiment d’être les oubliés du Sarkozisme ». Suit en page 16 et 17 un dossier non signé de deux pleines pages style «  Trois familles : Tranches de vécu ».
 
Evaluer sans citer de  source » la « ou « les » classes moyennes à 40 %, attribuer à Sarkozy les conséquences de dispositions fiscales et sociales développées depuis prés de quarante ans, voici un cas d’école de ce manque de rigueur professionnelle dont L.Jeoffrin fait l’un des défauts majeurs de sa profession et l’une des causes déterminantes de la défiance de l’opinion publique envers la presse écrite nationale.
 
Le 7 mars 2009, Michel Noblecourt reprend le  mot clases moyennes mais cette fois au pluriel : « Le lourd désenchantement des classes moyennes ». Ce n’est qu’une paraphrase d’un article publié par Régis Bigot dans le bulletin du CREDOC N° 219 de mars 2009 
 
«  Les classes moyennes sous pression » .
<< Les classes moyennes représentent 52,1 % de la population ; elles gagnent entre 1120 et 2600 euros.Entre 1970 et 2004, le pouvoir d’achat de cette catégorie a doublé. On ne saurait donc parler de paupérisation (Mais. !) mais une fois payées les dépenses incompressibles : loyers et charges,eau, gaz, électricité, téléphone, assurance, alimentation, transport, éducation>>.
 
Editorial du 4 Août « 1789 – 2009 »
 
Cherchant à reprendre son souffle révolutionnaire, le Monde cite  les nouveaux privilèges : l’impôt et le bouclier fiscal, l’accés aux grandes écoles ; les rémunérations faramineuses des dirigeants d’entreprise. Pas un mot sur l’emploi à vie.
 
Selon Les Bourdieusiens
Alain ACCARDO, sociologue Bourdieusien, décrivait dés 2002, dans Le Monde Diplomatique  le fossé «idéologique » qui sépare l’extrême gauche du socle électoral du PS.
 
« CONTESTER LE SYSTÈME TOUT EN L’UTILISANT : Le double jeu des classes moyennes ».        
  Les membres des classes moyennes, souvent issus des classes populaires, ou redoutant d’y plonger, sont tiraillés entre l’inclination à une rupture distinctive irréversible avec la masse indistincte et la tendance à la solidarité et à la compassion envers les petites gens, parfois si proches.
 La composition de ces deux tendances spontanées engendre nombre de pratiques de  condescendance qui consistent à se pencher avec bienveillance sur le sort des « gens du peuple » pour les instruire, les animer, les insérer, les soigner, les conseiller, s’en faire les porte-parole, en particulier au plan politique, et utiliser à son profit le crédit de l’alliance avec les plus dominés dans la compétition avec les plus dominants.
Toutefois, il serait impossible aux dominants d’instaurer leur hégémonie sans la collaboration complaisante et diversement intéressée des différentes fractions des classes moyennes, et singulièrement des corporations assurant des fonctions d’encadrement, de direction, de formation et information, etc. obligées de servir pour se servir.
 
 Quoi qu’il en soit, la plupart se contentent de penser leurs expériences en particulier et le monde en général au moindre coût intellectuel et affectif au moyen d’une panoplie idéologique de mythes et de lieux communs sans cesse revivifiés et réactualisés par des médias assez représentatifs, dans l’ensemble, de l’ahurissant bricolage intellectuel, à la fois hétéroclite et paresseux, qui caractérise la culture des classes moyennes,   culture de classes moyennes, dont la presse, quotidienne et magazine, se repaît tout en la thématisant  et qui fait d’elles les comparses et les victimes de toutes les impostures. »
 
 La Gauche de la Gauche :Serge Halimi et Thomas Franck. 
 Dans »Pourquoi les pauvres votent à  droite » aux USA ?
 
« La mondialisation économique qui lamine les conditions d’existence des catégories sociales les plus mal dotées en capital culturel semble au contraire réserver ses bienfaits aux « manipulateurs de symboles » essayistes, juristes, architectes,   journalistes,financier. Alors quand ces derniers prétendent en plus dispenser aux autres des leçons d‘ouverture, de tolérance, d’écologie et de vertu, la colère déferle. La critique des républicains n’a réussi que parce que la suffisance de ceux qui savent est devenue plus insupportable que l’impudence des possédants.>

 
 
Comme les classes moyennes constituent les deux tiers de toute démocratie riche, le silence français relève bien de l’exception absolue. Tout se passe comme si Les gens « en place » de penser et parler ne pouvaient même pas imaginer que le concept de classes moyennes protégées fasse problème, sans doute parce qu’ils refusent psychanalytiquement de se regarder dans le miroir. Il ne reste donc qu’une issue au citoyen de base: forcer la controverse en publiant sur le net le résultat de recherches personnelles. Voici une contribution à titre d’essai. 
 
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ENCADRE


DEFINIR et COMPTER LES CLASES MOYENNES PROTEGEES
 
 
 Fin 2007, la France compte :
63,7 millions d‘habitants
49,4 millions d’habitants de 15 ans et plus, aptes au travail 
44 millions d’électeurs inscrits
28,2 millions d’actifs
dont 25,6 millions ont un emploi et prÈs de 3,3 millions sont des chÙmeurs 
22,8 millions de salariés dont 6,7 d’emplois à vie
13 millions de retraités
 
Le nombre de français au travail est de 25,6 millions ( 2 millions de chômeurs) soit moins de 52%, l’une des proportions les plus faibles de l’OCDE. Ce fait mérite la plus grande attention. Si la France avait le même taux d’emploi que des pays tenus pour plus » à gauche » qu’elle :  Britanniques, 71,5%,  Suedois 73,1 %, Neerlandais, 74,3 %, Danois, 77,4 %, plus de trois millions de français rejoindraient les travailleurs. IL est clair par ailleurs que l’on peut plus  établir un taux de chômage comparatif sans éxclure préalablement les employés à vie. 
 
Sur ces 25,6 millions d‘actifs, on compte 22,8 millions de salariés ( dont 19,8 millions à durée indéterminée, 3 millions de précaires.) et 2,8 millions de non salariès. Les salariés  employés à vie regroupent 6,7 millions de travailleurs soit  30% du salariat:
 
1 Les trois fonctions publiques, nationale, sociale et territoriale totalisent  5.100.000 d’emplois
2 Les entreprises publiques 712.000 ( entre autres 280.000 postiers dont 170.000 fonctionnaires )  
3 Des personnels financés directement par l’Etat:700.000 dont les enseignants du Privé 
4 Divers organismes publics ( Chambres professionnelles ) 138.000.
 
S’ajoutent à ce tiers les salariés bénéficiant de statuts privés et les personnes dont le revenu dépend pour partie ou totalité de la dépense publique soit 1.900.000 :
 
1 Salariés des associations« publiques ».800.000 supplétifs des diverses administrations de l’Etat Providence.
2    Professions de santé : la moitié du secteur soit 450.000.
3    Coopératives et mutuelles 400.000
4 Agriculteurs 300.000 pour moitié du revenu agricole, dépenses sociales comprises.
 
Si l’on tient compte des quelques 13 millions de retraités en leur appliquant  le même pourcentage public-privé qu’aux actifs, soit un tiers  qui donne 4.300.000 millions de retraités, issus du « public » l’on obtient un électorat potentiel de 13.000.000. sur 44.000.000. 
 
Sur 25.600.000 d’actifs, la dépense publique lato sensu qui représente 53% du PIB, finance donc 8.600.000 emplois soit  33 % dont 30% d’emplois  protégés et le plus souvent «  à vie ».
 
CONSEQUENCES ELECTORALES ?
 
Voyons le résultat démocratique de cet effort financier inégalé en Europe.
 
« N'importe quel socialiste aurait fait 17 millions de voix, c'était le point bas », a lancé, Michel Roccard au soir de l’élection, parlant de Ségolène le vendredi 9 mai 2008 sur RTL. Surprenant de la part d’un septuagénaire professionnel des urnes que de ne pas distinguer selon qu’il s’agit du premier ou du second tour d’une élection présidentielle qui a battu les records de participation ! 84 % ! 
 
Les 17 millions  selon M. Roccard, c’est le score du second tour ! Au premier tour le « point bas »avait été de 9,5 millions soit 26 % des suffrages et moins que les emplois de la dépense publique, retraités compris.
 
En revanche au second tour des municipales de 2008, le « point bas » s’effondre. La gauche n’a réuni que 13,9 millions de voix avec 35% d’abstentions, accusant une perte de 2,8 millions par rapport à 2007. La droite implose : elle a perdu 5,4 millions de suffrages entre 2007 et 2008. (La victoire de la droite  se mesurait à 2,2 millions de voix pour la présidentielle; celle de la gauche à 400.000 pour les municipales). Enfin, pour être complet, aux européennes en 2009, le PS perd 6,5 millions de voix par rapport au premier tour de 2007,
 
Si contrairement à ce qu’ont affirmé les professionnels du commentaire politique, il est impossible d’établir une comparaison entre les diverses élections présidentielles, législatives et européennes, le socle électoral constitué par les classes moyennes protégées est bel et bien  en temps normal -selon l’abstention- d’un quart à un tiers de l’électorat, entre 50% et 66 % du PS ?  mais trois millions seulement en 2009 !
 
Autre leçon, si l’abstention favorise la gauche, elle exprime  aussi une critique et une méfiance envers les professionnels. En témoigne le résultat aux élections prudhommales de fin 2008. Les 18,6 millions de salariés se sont abstenus à 75% soit 1.400.000 électeurs votants. Chacune des grandes centrales totalise lors de ce scrutin moins de suffrages qu'il y a six ans. La CFDT a ainsi vu 350 000 électeurs de 2002 se détourner d'elle cette année, FO 270 000 et la CFTC 120 000. Même la CGT, qui gagne pourtant 1,6 % par rapport à 2002, a perdu des voix : 200 000 au total. Seuls les deux «petits» syndicats progressent en fait réellement en nombre de suffrages . Ce beau désastre coûte cher à la démocratie sociale en termes de représentativité.
 
Les «grandes manifestations » objet des TV gourmandes et radios trottoirs amies, réunissent donc au plus trois millions de personnes selon des «  organisateurs » trop prompts à se compter eux-mêmes, mobilisant donc au mieux 10 % des actifs et 7 % des électeurs et la moitié selon le ministère de l’Intérieur . Apothéose du 13 juin 2009, dans un silence médiatique non moins assourdissant, la CGT revendique 150.000 manifestants, la police répond 75.000 ! Record historique ! Peut-on faire moins ?
 
Ce beau désastre coûte financièrement bien cher à la collectivité. Selon Dominique Andolfatto et Daniel Labbé,  dans plusieurs administrations et entreprises à statut, de 0,7 à 1% du personnel soit minium 40.000 agents dont plusieurs responsables de premier plan se trouvent mis à la disposition  des syndicats .
Pour la CGT, de 1970 à nos jours, le nombre d’adhérents a été divisé par 2,5 mais celui des permanents a été multiplié par 5. Autrement dit un  permanent pour 25.000 adhérents hier,2500 aujourdhui.
 
Cette analyse trois deux conclusions politiques et morales majeures 
 
I En France, ne comptez pas sur les medias, les parti, les partenaires sociaux  ou les  administrations C’est en définissant et comptant par ses propres moyens que le citoyen forcera progressivement ces pouvoirs publics et sociaux à définir et compter.
 
II  Si l’on veut être crédible, on ne s’évalue pas soi-même.
 
III La statistique française du chômage n’a  pas de sens international, un tiers de l’effectif des actifs n’étant pas exposé  à ce fléau.
 
 
 
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Ces données accessibles au moindre citoyen permettent d’apprécier le silence des « élites » de la sociologie et de politologie françaises depuis 1945
 
 Du refus passif au refus actif .
1945-2007
 
On distinguera deux temps forts dans la période 1945-2007 .
 
1945-1980.
"SCIENTIFIQUEMENT, IL NE PEUT EXISTER DE CLASSES MOYENNES »
De 1945 à 1980, l’approche marxiste-léniniste domine la sociologie française: Les classes moyennes ne peuvent exister pour des raisons scientifiques puisqu’à la fin de l’Histoire, le capitaliste et le prolétaire doivent seuls rester face à face.( INSEE, CNRS, Gruson, Duverger.)
 
1980-2007.
  LES EXCLUS SAUVENT LE PROLETARIAT
De 1980 à 2000, exclus, dominés, travaileurs pauvres, immigrés sont appelés au secours de la paupérisations relative comme absolue (Lenoir, Chirac, Todd, Rozanvallon, Bourdieu). 
 
« SCIENTIFIQUEMENT »
IL NE PEUT EXISTER DE CLASSES MOYENNES
 
Pourquoi ce silence ? 
 
Rosanvallon n’est que l’héritier idéologique d’une tradition ancienne. Pour Maurice Duverger, grand mandarin des années 50-70, le mythe des classes moyennes constituait un procédé pour lier les classes moyennes salariées aux classes moyennes capitalistes, et faire adopter par l’ensemble la défense des intérêts des seconds.
 
Pesanteurs marxistes obligent, aux origines, ce conformisme est le fruit d’une longue histoire administrative et politique. La statistique économique française s’est construite au sortir de la guerre de1939-1945, autour de l’impératif de reconstruction, dans un climat intellectuel dominé par les universitaires et scientifiques communistes. Notre classification des catégories sociologiques en restera marquée trente-sept années durant par une différenciation socioprofessionnelle matérialiste, les fameuses «catégories socioprofessionnelles», ou C. S. P, qui répartissent la population – et pas seulement la population active– selon les seuls secteurs de production.
 
Alors qu’aux USA ces catégories sont modifiées à chaque recensement pour tenir compte des évolutions de la société, en France il faut attendre 1982 – 37 ans ! – pour qu’une nouvelle présentation soit décidée, celle des «professions et catégories sociales», qui tient compte, mais timidement, des bouleversements de la société française. Les salariés agricoles devenus infinitésimaux rejoignent les autres salariés. Un groupe typiquement français dans son snobisme terminologique apparaît, celui des « Cadres et professions intellectuelles supérieures». Les «professions intermédiaires» remplacent les «cadres moyens» : Visiblement, il est moins humiliant d’être « intermédiaire » que « moyen ». Suivent ouvriers et employés. Pas un mot sur le secteur public qui avec un tiers du salariat constitue
 " l'exception française".
 
L’Allemagne au contraire distingue, outre les indépendants, les ouvriers, les agents de la fonction publique et le reste du salariat tertiaire, sans qu’il soit question ni de cadres ni de professions intermédiaires.
 
Problème collatéral sous-estimé, la définition des classes moyennes soulève mécaniquement la question des «exclus ». Il y a déjà  plus de trente ans, R. Lenoir inventait ce terme « d’exclus » et en grossissait les effectifs à «un Français sur dix», soit aujourd’hui 6 millions au minimum, puisque, à en croire sociologues et professionnels de la pauvreté, l’exclusion ne cesserait de progresser en valeur relative et absolue.
 
Au reste  les termes de « pauvres » puis de  « travailleurs pauvres » ont  remplacé celui d’exclus. Le discours politique nouveau revient à la thèse de la paupérisation – absolue comme relative –, chez les enfants ou les femmes seules, pour affirmer l’explosion des inégalités entre très riches et très pauvres et la multiplication des exclus. C'est ici le coeur du problème qui conduit à vouloir remplacer le RMI par le RSA à la frontière basse des classes moyennes non protégées. Martin Hirsch justifie : « Faire travailler des inactifs permettra de réduire les charges fiscales imposées aux classes moyennes »
 
DES CLASSES MOYENNES PROTEGEES  2006 ? 
  L’INTUITION D’UN PROBLEME ?
 
2006. Louis Chauvel. Les classes moyennes à la dérive » République des Idées. Seuil. Octobre 2006. Directeur P. Rozanvallon.
                      
La publication du livre de Louis Chauvel  « Classes moyennes à la dérive » a pu faire espérer un instant qu’un débat enfin sérieux allait s’ouvrir en raison de la personnalité de l’auteur, de la qualité de l’éditeur enfin du choix de la date.
 
 - L’auteur est Professeur à Sciences-Po. Chercheur à l’Observatoire des conjonctures économiques (OFCE) et à l’Observatoire sociologique du changement (OSC). Il est aussi membre de l’Institut Universitaire de France. Spécialiste des inégalités et des dynamiques générationnelles, il est l’auteur du  « Destin des générations ». (PUF 1998 ). C’est un mandarin reconnu et respecté à gauche. Le premier, il va évoquer la spécificité française de « classes moyennes publiques ».
 -  L’éditeur est prestigieux. Il s’agit au Seuil de la République des Idées, collection dirigée par Pierre Rozanvallon  qui publie des auteurs chics comme J.P. Fitoussi, Daniel Lindenberg, Pascal Lamy, F. Dubet, Patrick Weil, J. Peyrlevade.
-  Le choix de la date de parution : octobre 2006 se passe de commentaire électoral.
 
 On pouvait espérer qu'en pareil arroi politico intellectuel et mondain, la question des classes moyennes protégées serait abordée. Tour de force ! Il n’en est presque rien et le silence va enterrer ce petit livre riche pourtant de provocations, omissions et contradictions instructives.
 
En voici quelques  perles : L.Chauvel accuse en vrac les associations aidées de colonialisme social, accuse la famille de disloquer la société, accuse les socialistes d’avoir exploité la jeunesse, accuse « 68 » d’avoir multiplié les privilèges et accuse enfin l’école d’avoir privilégié les enfants de fonctionnaires notamment enseignants.
 
P 35 « La colonisation de la société civile par les classes moyennes protégées sous pavillon associatif. »
Une participation exceptionnelle au tissus associatif et une propension à prendre le pouvoir localement en colonisant systématiquement la société civile dans les domaines éducatifs, culturels, voir dans la décision politique par voie élective. Les aspirations des classes moyennes quoique démesurées,trouvent un épanouissement plus que proportionnel dans les réalités sociales ». Catherine Bidou PUF 1984. Essai sur les nouvelles classes moyennes».
 
P 77 « Solidarité familiale ou impasse civilisationnelle »
 « La solidarité familiale et privée, menace pour la cohésion sociale. La situation n’est soutenable que parce que la famille - les parents- apporte un soutien économique considérable. Mais ceux qui recoivent le plus sont des enfants de familles mieux situées L’argent va à l’argent.  Malheur à celui qui n’a pas le soutien du capital de sa famille. C’est une société de mendicité familiale.  Le soutien de la famille devient un moyen essentiel de survie. »
   « Une famille stable protège mieux que les diplômes ce qui est source de reproduction sans contrôle institutionnel. Les relations familiales risquent de remplacer les relations du travail ce qui serait source d’inégalités aléatoires non prévisibles".
 
P 69.  « Les jeunes bernés par le modèle social français des années 1980-2000 ».
« Il pourrait être désagréable aux jeunes d’apprendre qu’ils n’ont pas été seulement victimes d’un capitalisme neo libéral .. mais aussi d’un faux socialisme qui ne les a pas soutenus, qui leur fait payer des impôt indirects, et le prix d’un Etat Providence obèse qui ne leur bénéficie guère et au bout du compte leur fera supporter longtemps les dettes accumulées par leurs heureux prédécesseurs. »
 
  P  66-102  Génération «68 »et sacre des classes moyennes « Les orphelins de 68 ». Les classes moyennes c'est aussi un modèle, savoir : » 68 » dans le champ des moeurs et 1981 dans le champ politique . Le style 1981 ? : L'anti racisme, l'anti homophobie, la tolérance généralisée, l'ouverture mentale à toutes les influences nouvelles.... Un « relativisme généralisé". A l'opposé des autres pays, la France reste marqué par des classes moyennes dont le rapport au politique en comparaison avec leur rapport à l'ordre économique est une caractéristique centrale, prédominante: surtout à la mesure 
du mouvement de 1968 et de leur conquête politique en 1981, les classes moyennes intermédiaires ont eu relativement le dessus par rapport aux classes moyennes supérieures. Evidemment, cette configuration semble s'inverser". Cela fait longtemps que les classes populaires doutent des leçons de générosité, de tolérance et ouverture prodiguées par les tenants de 68".
 L'évolution a profité aux plus riches en patrimoine et aux groupes sociaux les plus en difficulté……. Aussi aux détenteurs de « capitaux  culturels garantis par l‘Etat ». Quant au déclassement générationnel, avec l’arrêt du recrutement des diverses fonctions publiques, en voici le cursus par générations : par générations : « agriculteur, instituteur, polytechnicien, énarque, schyzophrène ! «  
 « Les classes moyennes intermédiaires du « public », portées par la tendance précédente ….. celles qui disposent d’un capital culturel réel sans être exceptionnel, sont les plus touchées par ….la raréfaction des places,  la démonétisation des titres scolaires et universitaires, le déclassement des enfants… 
 
Ecole et classes moyennes protégées :
 Le grand inceste rompu.
 
Pour comble de désordre intellectuel, l’école est brutalement mise en cause dans son rapport aux classes sociales protégées. 
 
Pierre Savidan, conseiller de Ségolène, valide l’analyse dans : L’Observatoire des Inégalités[13]
   « Classes moyennes » est un terme ambigu qui exige clarification. Très concrètement, les fractions à fort capital culturel, démographiquement en  perte de vitesse dans les nouvelles générations, voient se dégrader leur avantage relatif dans l’accès de leurs enfants à l’élite scolaire, en particulier face aux fractions mieux dotées économiquement. Même s’il est difficile en l’état de trancher entre les explications possibles (relâchement du travail ou impossibilité de soutenir la concurrence économique dans l’accès aux bons établissements des beaux quartiers), c’est le statut même des groupes sociaux les plus liés à l’école qui est ici en question. » 
 
 Dans un article publié après la parution de son livre sous le titre » Une crise multidimensionnelle des « nouvelles classes moyennes ». Louis Chauvel  a finalement levé le voile, mais dans l’intimité !
         «  L’expression même de « nouvelles classes moyennes » est maintenant singulièrem
ent datée, parce que le modèle de modernisation qui était encore celui des années 1970 s’est éloigné et fait place à un nouveau modèle où le rôle de l’école comme agence ou institution de reproduction, de sélection et de répartition de la population a changé. La dynamique des sous-groupes sociaux constitutifs des « classes moyennes » met en évidence une crise profonde de recrutement, en particulier des fractions les plus liées à l’Etat. »
       « En réalité, les relations des classes moyennes à l’école sont au moins de trois ordres : elles relèvent avant tout de l’école comme lieu de formation de classes moyennes, ensuite comme lieu de reproduction de ces mêmes classes moyennes, et enfin comme employeur central de ces classes, le système universitaire, scolaire, de recherche -et plus généralement le système d’Etat-providence qui le généralise -étant le pourvoyeur central d’emploi de ces classes moyennes ».
 
     "Chacune de ces dimensions connait une crise profonde. L’inversion de la dynamique ancienne produit un profond pessimisme scolaire parallèle à un malaise des classes moyennes qui jusqu’à présent voyaient leur développement bénéficier de l’expansion scolaire. Maintenant que cette relation n’est plus assurée, l’école tend à jouer le rôle de bouc émissaire, chargé de la responsabilité de calamités dont la source est très vraisemblablement ailleurs. Au même moment, on assiste à un surinvestissement du haut des classes moyennes, en particulier de celles qui disposent de ressources économiques confortables au-delà d’une certaine dotation scolaire, dont les enfants parviennent à rattraper, voire à dépasser, ceux des groupes sociaux qui jusqu’à présent avaient le plus bénéficié de l’école comme lieu de reproduction scolaire."
 
 Et Chauvel de clamer son inquiétude .
  « En France les classes moyennes font face à un grand renversement. Ce mouvement est silencieux et secret mais sa dynamique massive, inscrite dans le long terme évoque la dérive des continents. Il engendre des tensions telluriques qui pourraient annoncer un séisme sans équivalent dans l’histoire récente. Les mouvements telluriques se multiplient et laissent présager la venue du « Big One » : une secousse de première ampleur ».  pour conclure en s’interrogeant : «  Face au danger Que faire ?  Comment faire pour sauver les classes moyennes de la dérive ? :Réponse : redéfinir la place du travail et restaurer le savoir en réformant l’enseignement supérieur. » ‘(Sic)  Autant dire Rien !
 
Paroles ! paroles !  : Refus d’en débattre
Que le travail de Chauvel ait été à ce point occulté laisse pantois. Dieu merci, la crise des finances publiques comme l'effondrement du système éducatif et universitaire vont rendre le silence et le statu quo insoutenables. D'ailleurs plusieurs propos récents inattendus repris ci-après témoignent d’un désordre voir d’un chaos intellectuel prometteur de remises en causes politiques et d’orages sociaux désirés.
 
 Jacques Delors  Président du Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale confirme de son autorité  la thèse de Chauvel mais sans le dire. 
" Le plus grand privilège source des pires inégalités, c'est l'emploi à vie. La seconde source d'inégalités, c'est le système éducatif notamment supérieur". voici à mots couverts le rapport de J. Delors   (Figaro 18 novembre 2006).
  « L'emploi instable est l'une des principales causes de la croissance des inégalités de revenus en France « Le problème de l'instabilité de l'emploi creuse de fait les inégalités de revenus beaucoup plus que les taux de rémunération ».
     
Début 2008 le groupe «  Emergence »  déjà cité, présidé par Cyril Picquemal énarque du Quai d’Orsay, proche de Désirs d’Avenir déchire le voile du Temple : 
 
« Ni classes populaires, ni classes moyennes : repenser notre rapport à l'électorat »
« En refusant de parler aux Français dans leur ensemble, le Parti socialiste s’est condamné à distinguer les électeurs selon leur appartenance supposée à telle ou telle catégorie sociale. Cette approche a été une faute politique majeure, expliquant l incapacité  de la gauche à répondre aux aspirations d’une majorité de Français.
 
Déjà préempté par la droite, l’imaginaire des « classes moyennes » a été vu par le Parti socialiste comme le cheval de Troie d’une politique destinée à avantager les plus favorisés. Cette focalisation réactive et obsessionnelle sur le couple favorisés/défavorisés l’a conduit à aller toujours plus loin dans une action destinée aux seuls outsiders.
 
Englué dans cette ligne, le Parti socialiste parle des jeunes qui sortent sans qualification du système d’enseignement, mais il ne parle pas de l’immense majorité de ceux qui en sortent mal, ou peu formés ; le Parti socialiste parle de gratuité dans les transports pour certains, mais il ne parle pas des difficultés d’accès que rencontre la majorité de ceux qui doivent payer ; le Parti socialiste parle des chômeurs, mais il ne parle pas à la majorité de ceux qui ont un emploi et ont peur de le perdre.
Garant d’une action publique puissante mais concentrée, le Parti socialiste est ainsi devenu le parti des exclus. Paradoxalement, il est aussi devenu celui des classes moyennes du secteur public, soucieuses de leur statut. "
D’une certaine façon, la gauche n’a pas vu la part de vérité d’un livre comme Extension du domaine de la lutte  d Houellbec: une France des classes moyennes souvent désenchantées mais ne demandant qu’à rêver de nouveau. ».

 
Et pourtant !! Tout le monde sait, tout le monde se tait !
 
2007-2009 
LA JEUNESSE EST DANS LA RUE ! 
 
Sous la contrainte de la crise et des résultats électoraux, les questions liées de précarité et de flexi-sécurité soulèvent celles du statut. Certains pressentent qu ‘en période de crise grave le statut fait  privilège, que l’immoralité d’emploi de l’argent public comme privé peut mettre le feu aux poudres et justifier la perspective d’une radicalisation des marginaux de la dépense publique et de la jeunesse. Mais pour la classe publique cultivée de service, l’existence de classes moyennes protégéesreste un impensé. Pas question d’ouvrir le dossier ; alors on parle de RGPP et d’économies.
 
Pourquoi ?
D’abord parce que les élites politiques de gauche sortent des mêmes écoles que les élites politiques de droite.Surtout, traiter de classes moyennes, ce serait mettre sur table l’étrangeté du modèle social français en ce XXI°siècle commençant, savoir que la moitié de nos classes moyennes est constituée de fonctionnaires ou assimilés accompagnés de professions liées à la dépense publique. En traiter c’est donc aborder non seulement la question de l’inégalité respective des diverses catégories sociales face au chômage, à l’école, à la retraite, à la santé, à la durée de la vie  et, qui pis est, de l’efficacité de la dépense publique en matière de justice et de sécurité. Il suffit de considérer la critique du mode de financement du RSA accusé - même à gauche - de spolier les classes moyennes. Personne n’ose ouvrir la boite de Pandore et l’on comprend pourquoi l’objectif non dit de la classe publique, sociologues en tête reste d’éviter tout débat au fond surtout d’ici 2012. Mais l’émeute survenue à Poitier , ville tranquille qui voit 400 jeunes encagoulés détruire une rue annonce à nos autruches la fin de la sérénité.
 

Philippe Seguin; LA NOUVELLE QUESTION DEMOCRATIQUE

Préface du livre "Associations lucratives sans but"

 



Philippe Seguin : La nouvelle question démocratique


http://lessakele.over-blog.fr/article-philippe-seguin-la-nouvelle-question-democratique-42626858.html
 
Avant-propos de Primo : Philippe Seguin est mort. C’était un homme politique exemplaire. Ses adversaires maintenant l’encensent. Les amis qui l’ont trahi pleurent sa mémoire. La France perd un penseur intransigeant sur les fondements même de la République, du lien social, celui qui devrait unir les Français, de quelque origine qu’ils soient.
 
Primo vous propose une réflexion de Philippe Séguin, écrite en 1996. Le texte n’a pas pris une ride.
Alors président de l’Assemblée Nationale, le président de la cour des comptes a préfacé un livre absolument précieux de Pierre-Patrick Kaltenbach « Les associations lucratives sans but » (téléchargeable ici).

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Philippe Seguin : La nouvelle question démocratique - Le blog de Gad
9 janv. 2010 ...

La nouvelle question démocratiqueAvant-propos de Primo : Philippe ... Les amis qui l'ont trahi pleure… Hébergé par Overblog. ... http://www.primo-info.eu/ selection.php?numdoc=Ed-558633454 ... Lessakele, verbe hébraïque qui signifie " déjouer" est un blog de ... Syndication. Flux RSS des articles ...
 
lessakele.over-blog.fr/article-philippe-seguin-la-nouvelle-question-democratique-42626858.html - Il y a 14 heures
 

Présidentielle 2012 Crise de confiance.PREMIERE PARTIE

1968-2008.De la Génération Morale à l’Ordre Moral Bobo

 PREMIERE PARTIE

1968-2008
De la Génération Morale à l’Ordre Moral Bobo
 
                  « Aux privilèges du patriciat, nous ajoutions les douceurs d’une philosophie plébéienne ».

                                                                                            Conte de Ségur 1789. 
 
Oser poser la question d’un ordre moral fondé sur le relativisme totalitaire des héritiers de 68 provoquera un tollé. Depuis Sedan, le Sedan de 1870 et de la Commune, c’est bien connu et bien transmis : l’Ordre Moral est l’alliance du Trône et de l’Autel, du sabre et du goupillon, bref de Mac Mahon à Vichy, l’apanage de la Droite réactionnaire ! Mais en termes de mécanique sociale, tout Ordre Moral réclame la conjonction de plusieurs éléments indissociables dont il suffit de vérifier honnêtement l’existence à n’importe quel moment dans n’importe quelle société. Qu’il s’agisse de droite ou de gauche n’a pas la moindre importance ! Le Stalinisme sanguinaire a représenté le modèle quasi parfait d’Ordre Moral y compris sur le plan sexuel.
 
Les ingrédients ? Une classe sociale inquiète pour ses privilèges menacés , la justification des privilèges matériels par les valeurs moralisatrices de l’instant , la mobilisation d’institutions supposées hors de tout soupçon parce que moralement « auto-nettoyantes » :En 1870 ? l’Eglise, l’Armée, la Famille. En 2010 ? L’Association, les Droits de l’Homme, le Service Public. Un clergé puissant monopolisant la diffusion des idées et le contrôle des esprits, en commençant par la jeunesse : hier l’Eglise catholique, aujourd’hui les « Intellectuels organiques » de la Culture, du système éducatif et des medias.
 
Au total l’Ordre Moral a pour objectif de rendre toute réforme pis qu’impossible, inconcevable  au motif qu’on ne réforme pas le Bien puisqu’il suffit de combattre le Mal !
 
 » GENERATION » une idéologie française?
 
Particularité française, le terme de « Génération Morale » après avoir été le privilège autoproclamé de la génération des barricades est devenu « Génération Mitterrand » pour des raisons électorales. Peu de gens se souviendront que, pour des raisons analogues, Ségolène Royal aura vainement tenté de promouvoir le slogan de «Génération  Jospin ».
 
L’un des rares commentateurs à traiter «68» non comme un événement mais comme le bilan de quarante ans,  Marcel Gauchet a l‘intelligence d’entendre le concept de génération au sens politique du terme c’est-à-dire de «Génération aux affaires». La jeunesse qui dressait les barricades avait 20 ans, les plus jeunes 15 ans, les plus vieux 25, soit au total onze classes d’âge et 9 millions de citoyens qui  vont partir en retraite aux alentours de 2010. Elle est arrivée aux affaires et a pris le pouvoir en 1981. «Génération» est le  seul concept  pertinent pour traiter de «68» . 
 
Marcel Gauchet maîtrise en outre l’art de secouer les corrélations. Pour définir le style et le profil de la «Génération », son rôle en politique, son apport intellectuel, ses liens avec la révolution sociale des médias, sa place dans les transformations anthropologiques actuelles, il sait au-delà du découpage analytique faire apparaître la cohérence du phénomène. Enfin il n’est point un misanthrope solitaire enfermé dans son désenchantement, devenu réactionnaire sur le tard sous l’influence d’un Pierre Nora vieillissant. Les propos de personnalités fort diverses lui font écho. Ecoutons-le décrire cette génération politiquement dominante mais intellectuellement dominée qui restera dans l’Histoire comme celle qui a refusé de transmettre à ses fils.

<< Trois facteurs ont fondé cette domination : le nombre, la prospérité, le mythe de la jeunesse.
 
 La confrontation historiquement sans précédent de classes d’âge «enfants » de 800.000, face à des classes d’âges «parents » de 600.000 va provoquer la secousse de mise à niveau que réclamait le passage des temps de rareté aux temps de prospérité. A défaut du Grand Soir, les intéressés ont puisé le sentiment de leur supériorité morale et historique en inscrivant la rupture dans le grand cycle de l’identité révolutionnaire de la jeunesse. 
Péripétie ultérieure, la fusion de la «génération 68» à la « génération Mitterrand » puis à la « génération morale » , sorte de recyclage de la contre-culture, apporte à un socialisme sans perspectives économiques le second souffle de la transformation sociale par la libéralisation de mœurs. L’incapacité à trancher entre la prose démocratique et la poésie révolutionnaire marquera de ce fait la génération du deuil impossible de la subversion lors même qu’elle prenait le chemin inverse. A l’arrivée, rien de changé ! Qui ne discerne la bonne conscience autoritaire que charrie la tonitruance prétendument libertaire ? Qui ne ressent le mépris social qui l’habite ? Qui n’entend la prétention pastorale qui l’inspire ?"
 
Mesurons l’anomalie française et la responsabilité de ceux qui prétendent penser pour le pays : dans quel autre pays du monde démocratique pourrait-on imaginer la transformation de l’université en conservatoire d’un sans-culottisme soumettant l’institution supposée incarner la pointe avancée de la connaissance et de la réflexion à la tyrannie d’une minorité ignare avec l’approbation de la majorité du corps enseignant sous couvert du principe aberrant de la «souveraineté de l’assemblée générale ? .
 
Une génération intellectuellement dominée

 La « pensée 68 » est restée le produit de la génération précédente : Lacan, Derrida, Foucault, Bourdieu, Barthes et Deleuze. Elle s’est spécialisée dans l’oxymore de « l’orthodoxie critique". L’enjeu n’est plus la pensée mais la critique. La recette est simple, ses bénéfices sont infaillibles : on conçoit qu’elle ait fait flores. Elle répondait exactement à ce qui a été le grand problème de la génération, une fois la phase de surenchère révolutionnaire épuisée : faire honorablement carrière sans rien perdre des prestiges de la contestation et ce depuis le lycée. La posture d’avant-garde est devenue un modèle à l’usage des enfants des écoles. Le modèle devient le vecteur d’un nouvel obscurantisme où la critique n’est plus que le masque du renoncement à comprendre.  Défaite voulue de la pensée !
 
Cette reconversion du militant en journaliste à succés a fini ( Jeoffrin, Plenel, Durand, Field  etc…) par séduire des rédactions révolutionnaires désespérément sans base et d’avant-gardes sans peuple. Comme il était fatal, la ficelle a fini par se voir et le ton prédicant par se révéler insupportable. 
 
Une Génération qui n’aura rien transmis
 
Elle a désagrégé le mécanisme social de la relève des générations et d’abord celui de la parenté et de l’école. Aujourd’hui 30 % des enfants qui entrent au collège ne  savent plus écrire, lire et compter comme leurs grands parents. 140.000 lycéens sortent du système sans diplôme. Un étudiant sur deux quitte l’université sans diplôme. Un diplôme universitaire sur deux n’intéresse aucun employeur. Mais il aura fallu attendre 40 ans pour que « Génération Morale »  apparaisse enfin pour ce qu’elle est : une « Génération de fils de familles » qui a désappris à ses fils à penser libre ! Intellectuellement ou moralement. Comment pourraient-ils résister à quelque crise que ce soit ? La question pèsera lourd sur le scrutin de 2012 à moins que d’ici là elle ne mettre le feu au 93.
 
Font écho à  Marcel Gauchet.
 
« Vieux galopins et jeunes gâteux.».  Pascal Brukner dans « La Tentation de l’innocence » Grasset  1995
       «  La coalition de la richesse des Trente Glorieuses et d'un État protecteur aura offert à cette génération le double statut de contestataires écoutés et de polissons gâtés, donnant à la moindre de leurs humeurs une coloration subversive. La transition de l'ultra-gauchisme  au conformisme des années 80 fut moins un reniement qu'une profonde continuité. Mais cette génération indulgente n'a rien voulu transmettre à ses enfants, que le refus de l'autorité assimilée à l'arbitraire. Suprématie des papas potes et des mamans copines  qui, croyant  accoucher d'une humanité nouvelle, ont fabriqué des anxieux, des êtres désemparés, souvent tentés par le conservatisme, afin de compenser cet abandon. Étrange chassé-croisé de ces familles modernes éclatées, où les jeunes vieux exigent de leurs pères et mères Peter Pan qu'ils assument enfin leur âge et leurs responsabilités. Mais, ventripotents, dégarnis, myopes,  les enfants du baby-boom, souvent devenus notables et rangés, restent rivés à leurs chimères, vieux galopins jusqu’à la tombe, côte à côte avec de jeunes gâteux qui se vieillissent prématurément, conscients que leurs parents, en refusant de grandir, leur ont volé leur jeunesse. »
 
 « Nous enterrerons 68 en 2005 ».« Tartuffe aux affaires » Mars 2001. PP Kaltenbach.
         «  Et l’on ne peut rien comprendre à l’exception politique française, si l’on n’accorde pas toute sa part à cette fracture démographique et familiale entre cohortes qui se succèdent, cohabitent et s’affrontent depuis 1945. Selon tous les observateurs, la prochaine rupture se produira vers 2005, à l’initiative d’une «génération Internet», bien décidée à faire sauter les privilèges abusifs de ses parents, et d’abord en matière de retraite et de durée du travail. Ainsi, pour la seconde fois dans l’histoire, Mai-68 incarnera le conflit de générations. Mais, cette fois, ce sera en forme de requiem, à l’occasion d’un bilan de clôture. Rupture démographique et familiale donc, mais aussi secousse idéologique et politique, avec l’effondrement du mythe marxiste-léniniste, héritier falsifié de la Révolution française. »
 
« Big Mother » Michel Schneider. Odile Jacob 2002.
 « Malgré le peu de crédibilité dans ces rôles des hommes politiques français actuels, on assigne toujours le pouvoir aux hommes et l'autorité aux pères. Aux mères, on attribue l'amour et aux femmes l'influence. La paresse intellectuelle, l'inertie anthropologique et le préjugé historique se conjuguent pour que nous ne voyions pas la réalité de notre société: de plus en plus, le pouvoIr est aux femmes et l'autorité aux mères. La domination a changé de sexe, si l'on peut dire, au fil du siècle « éco " Au terme de cette évolution, règne une douce emprise.. Tocqueville disait : (« De La démocratie en Amérique » 1835.) "Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde [ ... ] Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur, mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages ; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ?".
 
« Eduquer ses enfants. L’urgence d’aujourd’hui ». Aldo Naouri.  Odile Jacob 2008.«
        «  L’ensemble des conseils que je fournis sont destinés à mettre en place chez l’enfant un minimum de frustration. Dans ce régistre, l’action  du père est décisive. Il m’est arrivé de dire qu’il fallait élever ses enfants sur un mode dictatorial, « fasciste » en quelque sorte, pour en faire plus tard des démocrates, parce qu’on est assuré d’en faire plus tard les pires fascistes qui soient si on les élève comme on s’est mis à le faire depuis deux générations, sur le mode démocratique. Car qu’est ce qu’un fasciste sinon un individu baignant, tout adulte qu’il soit, dans sa toute puissance infantile ? »
Autrement dit : Le bonheur est affaire d’éducation, donc d’abord l’affaire des parents, l’éducation est affaire de rapport à l’autre donc à l’effort, mais pas d’effort sans désir et pas de désir sans manque, donc il faut organiser la frustration et l’interdit en revalorisant la place des jeunes pères pour mieux résister aux force marchandes libérées par « 68 » !
 
        Pour le plaisir du contraste, voici tout ce que le « grand quotidien vespéral » trouve à dire sous le titre : » Revisiter Mai 68 » .le Monde. 3 mai 2008. 
       « Parce  qu'ils ont marqué la jeunesse d'une génération qui approche maintenant de l'âge de la retraite, les "événements" de mai 1968 occupent une place particulière dans l'imaginaire français. 
    Mai 68 n'a pas mis à bas le régime institué en 1958 ni réalisé l'utopie libertaire dont rêvaient ceux qui y participaient. Il a secoué, en revanche, les habitudes de pensée et de vie dans lesquelles le pays était engoncé depuis la Libération. Politiquement, il a annoncé la fin du gaullisme et du communisme, même si l'un et l'autre ont perduré jusque dans les années 1980. Socialement, il a mis à l'ordre du jour la recherche du temps libre et de l'épanouissement personnel. Moralement, il a renversé l'ordre familial et patriarcal traditionnel. Idéologiquement, il a mis en question les valeurs et les tabous hérités du nationalisme. Des évolutions similaires se sont produites ailleurs, sans pavés et sans lyrisme. Le caractère extraordinaire des journées de Mai ne justifie aucune gloriole, ni aucune condescendance pour les générations suivantes. Mais on ne peut revisiter cette période sans s'émouvoir de ce moment de grâce et de confiance dans l'avenir. Les Français, pendant un mois, ont trouvé la vie belle et ont aimé la vivre ensemble. ».
 
 La Belle Epoque quoi ! 
 Les faits condamnent ce constat plus vide que mièvre. La France a un problème de générations et le changement physique de 2010 sera politiquement d’autant plus brutal qu’il menace l’Ordre Moral hérité de 68  et d’autant plus mal vécu que pour toute préparation morale, la « Génération » n’aura trouvé que la série TV déjà surnommée « Poubelle la vie ».
 
 
ORDRE MORAL « BOBO »
 
Les trois conditions d’un ordre moral sont réunies  depuis 2000
 
C’est d’abord l’existence d’une classe sociale inquiète pour ses privilèges . Depuis dix ans, tout menace les Classes Moyennes Protégées : l ‘Europe, la «mondialisation », la crise des finances publiques et le retour du Politique. Depuis le rejet du traité constitutionnel, elles étaient prêtes à descendre dans la rue. Dans la suite logique de la crise, la réforme des politiques publiques surtout locales va faire le reste le reste : radicaliser.
 
C’est ensuite la conviction totalitaire d’une supériorité morale acquise. Elle seule explique  le poids idéologique de l’extrème gauche sur la gauche française .La force réelle de l’extrême gauche n’est pas de pouvoir présenter aux électeurs deux partis trotskistes et un parti communiste, anachronisme unique en Europe. La force est dans une dimension culturelle on ne peut plus branchée qui demeure très puissante en ce qu’elle donne le ton dans les couches diplômées. Avec tous les bons préjugés du radical chic, l’extrême gauche occupe un bastion inexpugnable de l’ordre d’un noyau anthropologique dans la culture de la gauche française : le sentiment d’une supériorité morale.
 
En dernier ressort, l’identité de gauche, la vraie, repose dans ce pays sur la conviction tripale que la droite est foncièrement immorale. C’est encore ce que Ségolène Royal a cru pertinent d’opposer à Sarkozy lors de son débat télévisé avec lui. Dés lors on ne saurait être trop à gauche. Les socialistes les plus solidement ancrés dans la modération démocratique se vivent comme des traîtres potentiels par rapport à cette exigence (Marcel Gauchet Le Débat  2008).

Le Mondedu 17 mai 2008 donne raison à M. Gauchet.: « Le PS cherche une parade à la montée en puissance d'Olivier Besancenot.  « SURMOI MARXISTE »
 
      "Il faut croire que Michel Drucker a ouvert les yeux du Parti socialiste. En invitant, dimanche 11 mai 2008i, Olivier Besancenot sur le divan de "Vivement dimanche", l'animateur de France 2 a semble-t-il provoqué un déclic parmi ses dirigeants. Le 14 mai, le secrétariat national a constitué, à l'initiative de François Hollande, un groupe de travail piloté par le député de Paris Daniel Vaillant, et chargé "d'analyser l'impact que pourrait avoir la constitution d'un pôle de radicalité.  Si le PS trouve difficilement ses marques face à un "pôle de radicalité", sans doute est-ce aussi parce qu'il assume mal sa - pourtant ancienne - conversion réformiste. Et conserve une forme de "surmoi marxiste", selon une expression très à la mode chez les socialistes. "La priorité doit être de donner un contenu au projet du PS afin de refonder (Le Monde du 17 mai 2008).
 
Cette supériorité morale acquise alimente la virulence médiatique. N’oublions pas en effet que  l’intolérance, l’outrance, l’ostracisme et même la haine accompagnent usuellement tout Ordre moral. On doit à P.A .Taguieff le concept de « Maladie de la Gauche folle : « délationnisme et reductio ad Lepenum ».Théoriser et justifier cette virulence vieillotte, c’est le grand intérêt du petit livre de Daniel Lindenberg :« Rappel à l’ordre. Enquête sur les nouveaux réactionnaires » publié au soir du séisme électoral d’avril 2002.6
 
A entendre D. LIndenberg, toute critique de «68 »menacerait l’état de droit, la démocratie, les droits de l’homme, l’émancipation de la femme. A l’entendre, s’en prendre à Cohen Bendit et aux libérations sexuelles de 68, ce serait attaquer Locke et Tocqueville. On reconnaît ici la thèse d’un E. Plennel pour qui le seul fait d’évoquer les conséquences négatives de certaines « libérations »,  c’est rejeter la démocratie :« Busch c’est Pétain ! La victoire électorale de George W. Bush était écrite au moins dans un discours, ou plutôt un sermon. Pour Philippe Pétain et son "Travail, Famille, Patrie", nous connaissons la suite. Pour George Bush ? » L'éditorial par Edwy Plenel  :"Au vif : Bush, Dieu et les valeurs morales" (Le Monde du 12 novembre 2004).
 
On pourrait sourire de tels excés si cette noble indignation ne débouchait sur la délation, listes et noms des proscrits à l’appui. Fin 2002, Lindenberg en dresse inventaire. Prés d’une vingtaine de  personnalités figurent sur un texte  publié par P. Rozanvallon dans sa collection République des idées, texte dont on devine l’effet sur le choix des rédactions, maisons d’éditions et autres télévisions. Sont ainsi promis au lynchage télécratique: Alain Badiou, Alain Besançon, Renaud Camus, Maurice Dantec, Oriane Fallaci, Luc Ferry, Alain Finckielkraut, Michel Houellbec, Blandine Kriegel, Georges Liebert, Pierre Manent,Yann Moix, P.A. Tagguieff, Schmuel Trigano, Paul Yonnet  etc.. 
 
Voici comment sous prétexte de nier tout  jugement de valeur, de hurler à l’Ordre Moral selon Vichy, la Génération Morale organise sa chasse aux sorcières. Objet des  attentions du Réseau Voltaire, de la revue Gollias et du Monde Diplomatique, l’auteur pourtant sans importance politique de ces lignes n’a pu se défendre de ce type d’agression que grâce à son blog, cette arme de la guerilla juvénile contre l’armée régulière des Bobos vieillissants. 
 
 
 ENCADRE.
 
 
 
 
 
 
 http://www.ppkaltenbach.org/
 
www.ppkaltenbach.org/news/de-l-utlisation-de-google-pour-diffamer-impunement-p-p-kaltenbach-de-1999-a-2005
 
 
Réseau Voltaire et Monde Diplomatique
Non seulement le Réseau Voltaire fait commerce de diffamation, mais il utilise la mécanique de Google pour maintenir sa diffamation en tête d'information six années de suite.
Du coup son allié idéologique, Le Monde Diplomatique, en profite pour abuser à son tour  des merveilles de la télécratie.
Mais le NET permet désormais de démasquer ces tartuffes venimeux.
 
Résumé de l'affaire :
I - Début 1999, le Réseau Voltaire publie l'information suivante:" Pierre Patrick Kaltenbach est un militant d'extrême droite membre du Club de l'Horloge qui s'inspire de la doctrine sociale de Pétain, soutient Charles Millon et donc Le Pen".
II - J'obtiens du président du Club de l'Horloge l'affirmation écrite qu'il n'en est rien et communique la réponse au réseau Voltaire qui la publie.
III - Huit  ans plus tard en mars 2007, le mensonge perdure en très bonne position sur Google (Rang trois à cinq sur 5100 occurences) repris par diverses feuilles politiciennes comme si l'événement rapporté datait d'hier. La lettre du président de Club de l'Horloge a disparu: la censure s'ajoute à la  diffamation.
 
En matière de blanchiment du mensonge, grâce à Google, c'est du grand art. Interrogé à plusieurs reprises Google se déclare impuissant.
Plus grave,  en avril 2004, Le Monde Diplomatique avec Alain Gresch se jette sur la soupe "Voltairienne. (cf. " Les nouveaux habits du racisme " Goggle). PP. Klaltenbach a osé contester le slogan « Musulmans 5/6 millions. Islam seconde religion de France » que l’on retrouvera lors du débat sur lidentité nation ale de 2009.
Depuis 1999, par écrit et lettres recommandées, PPK demande correction à Voltaire, au Monde Diplomatique, à Google ; aussi à la CNIL... en vain !
Les gens de l’Ordre moral savent que face à eux, l'individu isolé est battu d'avance en justice. Dieu merci ! la Providence a inventé le Net, l'arme des Camisards! Du WEB !  Vive le Blog ! Vive Calvin !
 
 
 
 
 
Mais pour Lidenberg, l’homme à abattre, c’est Houellbecq. Pourquoi lui ? D’abord parce que Houellbecq met les rieurs de son côté.
Comme tous les excés, la « pensée 68 » devait tôt ou tard sombrer dans le ridicule. En témoigne la réplique de Leo Strauss  aux relativistes américains : « Si tout se vaut, le cannibalisme est une affaire de goût » 7.Surtout parce que Houellbecq brandit le sexe, catégorie de la pensée qui, pour le Camp du Bien, rélève de l’ordre du sacré. Dans un premier roman « Extension du domaine de la lutte », il développe en 1998 un parallèle rigoureux entre les rapports amoureux et les lois du marché : « Tout comme le libéralisme économique sans frein et pour des raisons analogues, le libéralisme sexuel entraîne lui aussi une paupérisation absolue, les mâles étant victimes d’une nouvelle classe exploiteuse, les femmes ». Et d’en rajouter avec un zest d’immigration : « La véritable lutte raciale … n’est ni économique ni culturelle ; c’est la compétition pour le vagin des jeunes femmes ». Sacrilège !
 
Lidenberg  et ses  amis n’ont rien vu venir comme en témoigne la réaction tardive d’un jeune énarque du Quai d’Orsay, proche de Ségolène Royal, Cyril Picquemal président d’Emergence, laboratoire de pensée (sic): << D’une certain façon, la gauche n’a pas vu la part de vérité d’un livre comme « Extension du domaine de la lutte » de Houellbec : une France des classes moyennes souvent désenchantée mais ne demandant qu’à rêver de nouveau » .
 
 Bon apôtre, Lindenberg justifie les outrances de ce qui constitue bel et bien une campagne de délation par la nécessité de « comprendre comment de si bons esprits ont pu passer en moins d’une génération du marxisme doctrinaire au culte de la souveraineté, de la contre-culture des années 1960 et 1970 à la nostalgie des humanités, du franco judaïsme universaliste à la défense inconditionnelle d’Ariel Sharon, de la lecture de Tocqueville à celle de Carl Schmitt ». Cette idéologie montante trouvera-t-elle un débouché politique ? Certains indices sont déjà là pour en faire raisonnablement l’hypothèse. La conjonction entre l’offensive des droites religieuses aux Etats-Unis, l’évolution « sharonnienne » d’Israël et celle des populismes européens représente pour la droite libérale et la gauche égalitaire le défi à relever en ce début de XX° siècle ». Aucune prudence ne retient Lindenberg de jongler avec des grenades dégoupillées tels le « franco judaïsme comme religion civile », la « synthèse judeo protestante », le » vote juif de droite « etc.. Le premier, il introduit la question de savoir si la révolution neo conservatrice américaine pensée par des juifs trotskistes américains peut ou non traverser l’Atlantique. Fin 2002, c’est une première en France.
 
Pierre Nora a sans doute trouvé l’explication. LE MONDE | 21.11. 2002
 
« Trois questions à Pierre Nora » 
 
En tant que fondateur de la revue le Débat, quelle lecture faites-vous de cette "enquête sur les nouveaux réactionnaires"?
 
« Le livre lui-même me choque profondément, parce que, au prétexte de cerner une nébuleuse en formation, il se contente d'un amalgame confus qui mélange tout, en faisant croire que c'est justement ce mélange qui est significatif. En multipliant en plus les erreurs, les fausses interprétations, les à-peu-près douteux. Bref, de la bouillie pour les chats, du mauvais travail intellectuel, où la nomination dénonciatrice compte davantage que l'analyse des idées, et qui détonne dans une collection qui se veut clarificatrice.
 
Comment expliquer le climat de violence créé par cette polémique ?
 
Sur le fond, j'ai l'impression, dans les milieux intellectuels, d'un effet de sidération consécutif au 21 avril, comparable à certains égards à l'effet de souffle du 11 septembre sur la mentalité américaine. Sauf que, là-bas, c'est une glaciation à droite et, ici, une régression à gauche. Il est inquiétant que, au lieu d'ouvrir les yeux, une partie de la gauche intellectuelle ne voie d'issue que dans l'anathème et le retour aux réflexes de la belle époque stalinienne.
 
Daniel Lindenberg évoque une charge contre la démocratie. Qu'en pensez-vous ?
Ce que ce livre a d'absurde, c'est de laisser entendre que toute critique de la démocratie est le fait des ennemis de la démocratie. A ce compte-là, la liste est large, et l'un des principaux reproches que l'on peut faire au livre de Lindenberg est d'isoler arbitrairement un petit nombre d'auteurs qui n'ont rien à voir les uns avec les autres, alors que quantité d'autres devraient y figurer, en faisant les distinguos nécessaires et éclairants. La démocratie est le régime qui vit de sa propre critique. Qu'est-ce que cette démocratie propre que nous propose Lindenberg, qui commencerait par bâillonner ceux qui mettent le doigt sur ce qui fait problème ?
 
Ce que le livre a de vrai, c'est que nous sommes dans une situation de crise de la démocratie. Les gens dont il parle, chacun à leur façon, fort différente, témoignent de cette crise. Ils en sont pour les uns les contempteurs, pour d'autres les dénonciateurs, pour d'autres encore les analystes. D'après Lindenberg, tout va bien, et ce seraient les gens qui signalent la crise qui en seraient la cause. Tuons le thermomètre pour croire le malade guéri. Ce n'est pas comme cela que la gauche se refera une santé. LE MONDE | 21.11. 2002
 
Pierrre  Rozanvallon  offusqué n’est évidement pas d’accord avec P. Nora.
 « Le lecteur choisira « .LE MONDE | 21.11. 2002
 
Pierre Rosanvallon : 
 
"Il faut refaire le bagage d'idées de la démocratie française" Entretien avec ce professeur au Collège de France et président de l'association La République des idées.( Cet entretien a été relu et amendé par M. Rosanvallon.) 
 
Comment expliquez-vous la violence des réactions au livre de Daniel Lindenberg ?
Leur brutalité m'a surpris. Mais elles s'expliquent à la fois par la forme et par le fond de ce livre. Sur le fond, il rend lisible un ensemble de recompositions du milieu intellectuel qui étaient jusque-là rampantes, implicites, et cet "effet de révélation" oblige soudain à un repositionnement des uns et des autres. En gros, l'espace politique était traditionnellement structuré entre, d'une part, l'ensemble droite libérale/social-démocratie et, d'autre part, un pôle de radicalité. Or on voit maintenant apparaître une sensibilité inédite, un mouvement indissociablement critique et réactif : Pierre-André Taguieff a parlé d'une réorientation "résistancielle-conservatrice", Régis Debray de l'avènement de "traditionalistes subversifs" et Alain Besançon, plus sobrement, de "réactifs". 
 
C'est ce qui a justifié pour moi l'édition de ce livre, même si, sur la forme, son mode d'exposition pointilliste, son choix de citer nombre d'auteurs assez rapidement entraînent des rapprochements et des risques d'amalgames qui peuvent donner le sentiment d'une certaine confusion. Mais cette confusion est aussi celle de la réalité elle-même. 
 
En même temps, le ton du livre de Lindenberg apparaît largement pamphlétaire.
Les années 1990 ont été celles d'intenses recompositions intellectuelles. Ce livre rend visible un phénomène qui n'avait pas encore été décrit : l'apparition d'une nouvelle forme d'illibéralisme. La dénonciation de la société ouverte s'opère en effet maintenant au travers d'une sensibilité que l'on peut appeler "critique réactionnaire".
 
Comment votre démarche s'inscrit-elle dans la quête actuelle de redéfinition d'une gauche moderne ?
On voit aujourd'hui se multiplier les clubs et les think tanks. On ne peut que s'en réjouir. Mais la plupart restent des machines politiques auxiliaires. Notre but est plus du côté de la production de connaissances que du côté de la politique partisane. Je pense que oui, il faut refaire le bagage d'idées de la démocratie française. La République des idées est liée à cette nécessaire refondation intellectuelle d'une gauche réformiste. LE MONDE  21.11.02
 
Quoi qu’il en soit, la cause est entendue, l’Ordre Moral régne bien sur les plages de la Seine  et qui sert-il ? La réponse est  inchangée depuis des siècles. «  Is fécit cui prodest »(Cf Wikipedia).
 
 
 
 NOTES
1  Yann Algan et Pierre Cahuc. « La société de défiance. Comment le modèle social français s’autodétruit. » Editions Rue d’Ulm 2007.
2   « La religion dans la démocratie « .. Gallimard 1998.).
3  "Louis Chauvel. « Classes moyennes à la dérive » . Le Seuil Octobre 2006 .Laurent Jeoffrin «  Le roi est nu ‘ ».  Robert  Laffont. Mars 2008.. «  Media paranoia » Seuil. Janvier 2009.
4 Pierre Rozanvallon écrit en 1998:« C’est surtout l’aggravation du déséquilibre électoral du PS entre salariés du secteur public et salariés du secteur privé qui comporte des risques graves pour son avenir politique. Le clivage secteur public-secteur privé devient donc électoralement de plus en plus significatif, dans un contexte politique où la réforme de l’État, la réduction des déficits publics, l’adaptation des services publics à la concurrence mondiale deviennent des enjeux politiques cruciaux en France."«  Le Seuil Rozanvallon. Fondation Saint Simon..
5 Ezra Suleiman. » Schyzophrénies françaises ». Grasset.Septembre 2008
6 Rappel à l’ordre. Enquête sur les nouveaux réactionnaires ».Daniel Lindenberg. Le Seuil. Décembre 2002
7 Leo Strauss professeur de philosophie politique à luniversité de Chicago  cité par Daniel Vernet . «  L’amérique messianique » Seuil 2004
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

PRESIDENTIELLE 2012. CRISE DE CONFIANCE DANS UNE SOCIETE DE DEFIANCE

Lettre de l' L'AVENTIN.Une DEMOCRATIE sans PEUPLE

 PP Kaltenbach 
 Janvier 2010 PARIS
 
 
 
 
 
 
Présidentielle 2012
 
Crise de confiance dans une société de défiance
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Lettre de l’Aventin
Une démocratie sans Peuple
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Remerciement


A la « Génération Morale »
qui part en retraite en 2010
 
 
Merci de m’avoir inspiré durant un quart de siècle, 1968-2008 cinq livres qui m’auront aidé à penser libre et résister. 
 
« La famille contre les pouvoirs, de Louis XIV à Mitterrand ».1985.  Contributions de Jean Carbonnier, ,jacques Ellul, France Quéré
« La France une chance pour l’Islam ».1991.Préfaces de Pierre Chaunu et bruno Etienne.
« Associations lucratives sans but ».1996.pPéface de Philippe Seguin
« Tartuffe aux affaires. Génération morale et horreur politique 1980-2000 ».2001 
« Présidentielle 2012 »……………
 
 
 
 
 
 
INTRODUCTION
 
 
Quadrature du cercle français

La vraie exception française
 ( notes bibliographiques in fin)
 
C’est dans les pires conditions de défiance que la France affronte une crise mondiale de confiance sans précédent. Libéralisme ou socialisme ? Tout le monde s’en moque parce que la question est ailleurs. Au fil des quatre dernières décennies, notre pays est devenu une société de défiance et d’incivisme dont le modèle social s’autodétruit ( note). Ce «système» baptisé « Exception Française» par ses bénéficiaires, en voici la spécificité politique unique : des partis sans militants, des syndicats sans salariés du secteur privé, de grandes associations sans bénévoles, des églises officielles sans fidèles, une presse écrite sans lecteurs, le tout sous un fleuve d’aides publiques caractérisées par leur opacité(note)
 
Tout le monde le sait mais responsables et bénéficiaires interdisent tout débat qui exigerait une évaluation. Mieux, pour éviter le débat ils organisent le pugilat Toute demande de définir et de compter pour évaluer est présentée par les intéressés comme une remise en cause de la démocratie politique et sociale sinon le réveil de la bête immonde. A les entendre, définir serait stigmatiser pour trier, punir et exclure ! Compter  serait culpabiliser, pour livrer le Bien et le Juste au Marché ! C’est parce qu’il est interdit d’évaluer, qu’il est interdit de débattre. Le mot « accountable » qui signifie responsable n’a pas sa place en français. 
 
C’est l’une des raisons pour lesquelles, quarante ans après « 68», la France se trouve en proie à une crise d’autorité rampante qui en fait le pays avancé où les relations sociales sont les plus tendues, le sentiment de distance entre le haut et le bas le plus prononcé,la défiance des citoyens envers les institutions et les organisations destinées à relayer leur voix la plus grande et leur participation la plus faible, où la défiance envers le Marché n’a d’égale que la défiance envers L’Etat. 
 
Et c’est ainsi aussi que le relativisme intellectuel et moral issus de « 68 » nourrit la faillite des finances publiques. D’une belle image, Marcel Gauchet illustre ce paradoxe: « Voici pourquoi la déferlante individualiste continue de s’abattre sur le grand chaudron des bureaucraties redistributrices»( Note). Là encore foin de la lutte des classes. Sous les pavés ? Les acquis de l’étatisme et du corporatisme !
 
Arrivée aux affaires en 1980, la Génération qui s’est baptisée baptisée Morale début 1990, devenue « Bobos » début 2000, s’acharne dans les médias qu’elle influence encore à justifier «moralement» ce désastre démocratique. A l’entendre, il suffirait de combattre le Mal, puisque l’on ne réforme pas le Bien. Elle part en retraite en 2010 mais les rigidités statutaires du «système » de transmission et de communication, dont elle a doté les institutions lui permettaient hier encore d’espérer retarder l’heure du débat d’une dizaine d’années. C’est dire combien la crise morale de 2007 jointe à l‘irruption  des blogs l’a pris au dépourvu. Voici pourquoi, aprés sept ans de séismes électoraux successifs inexpliqués, une sorte de Paranoïa médiatique affecte si bruyamment ceux qui sentent venir l‘heure des inventaires et des bilans au moment où ils perdent la main sur la parole publique. Leur mot d’ordre « Surtout pas de débat... ; il est interdit de me contredire ». Le relativisme s’est fait totalitaire( Note).
 
 
L’opinion découvre que cette  étrange défaite démocratique porte en ses flancs radicalisme et violence chez les frustrés du débat et d’abord la jeunesse. L’opacité de l’argent, public comme privé, enrage les plus calmes et justifie les enragés. Voici le Parti des élus et des permanents électoralement et moralement exangue, les radicaux dans les urnes, les privilégiés du statut et de la lustrine dans la rue ( Note). L’échéance de 2012 échappe à toute prévision raisonnable sauf sur un point :  nous allons affronter une vague de fond autrement violente que les soit disants séismes de 2002 et 2007.
 
Que faire ?
 
D’abord vérifier le bien fondé de l’analyse.
Un Ezra Suleiman y apporte sa contribution: «Le mépris des comptes -pour la culture, pour la protection sociale, pour l’éducation, pour tous ses services publics- est face aujourd’hui à son moment de vérité et de réalité. La politique, c’est « qui obtient quoi, quand et comment ? ». La France est devenue une société de lobbies comme toute société démocratique, mais avec une différence fondamentale. Les lobbies les plus puissants défendent leurs intérêts  en invoquant l’intérêt général, les grands principes, la République, bref la morale. En réalité, L’évaluation est inacceptable dans de nombreuses institutions parce qu’elle est susceptible de mettre en danger les acquis  Or la démocratie et la modernité imposent l’évaluation objective des compétences et des résultats ».(Note)
 
Mais évaluer impose à chacun le préalable de penser libre pour retourner la Question Morale contre ceux qui en font commerce depuis plusieurs décennies. La démarche ici proposée  a l’ambition de semer un début de désordre intellectuel dans un univers de certitudes vieillissantes administré par des Tartuffes.( Note) 
 
Elle consiste à secouer les corrélations entre les thèmes les plus hétéroclites choisis à raison de critères apparemment dépourvus de tout lien logique autre que celui de la « question morale » dans son rapport à la dépense publique et par exemple: Peut-on vouloir à la fois retisser le tissu social et laisser le tissu familial se détricoter ? Peut-on conduire une politique familiale sans objectif démographique ? Une politique démographique sans modèle familial ?  Peut-on fonder une société plus solidaire sur l’explosion de l’individualisme et du corporatisme ? La subvention est-elle le meilleur ferment démocratique du bénévolat associatif et citoyen ? Peut-on moraliser le Marché sans moraliser une Dépense Publique qui mobilise 53% du PIB et emploie 30% de l’électorat ? 
 
Comment faire ? Qui  osera ? Qui pourra le faire ?
 
D’évidence il ne s’agit pas de Rigueur mais d‘imposer aux professionnels de la dépense publique - qu’il s’agisse de la voter, de la répartir ou d’en profiter- de «définir et compter» leurs effectifs, leurs ressources et leurs dépenses, de «rendre compte», de la plus modeste commune jusqu’au sommet de l’Etat, en sorte que chacun puisse évaluer leur représentativité et leur efficacité. Le temps est venu pour eux de se soumettre à une évaluation crédible parce que confiée à des tiers indépendants. J.Attali le souligne à propos des agences de notation américaines : on ne peut abandonner évaluation et notation à ceux qui en profitent. On ne peut pas davantage attendre un progrés de transparence de l’intérieur ni du haut d’appareils mobilisés pour la seule défense du statu quo. On ne se compte pas, on ne s’évalue pas soi-même. Seule la séparation des pouvoirs et des intérêts entre contrôleurs et contrôlés peut garantir l’emploi démocratique des fonds publics.
 
A la différence de ses prédécesseurs, l’actuel président de la République semble favorable à l’esprit de cette  analyse.
 
                <<   Notre Etat a besoin d’une révolution intellectuelle et morale. La révolution intellectuelle pour moi c’est celle de la certification qui oblige à la transparence et la sincérité des comptes, et c’est celle de l’évaluation qui oblige chacun à se soucier des conséquences de ce qu’il décide et des résultats de ce qu’il entreprend. Je vous invite, Monsieur le Premier président, à engager une réflexion collective sur ce que pourraient être les pouvoirs, les moyens et l’organisation nécessaires pour que ce grand  organisme d’audit public dont la France a besoin puisse voir le jour. Je souhaite que vous me fassiez part du résultat de vos réflexions dans un délai de trois mois  >>.
 
Ce beau discours prononcé le 5 novembre 2007 à l‘occasion du bicentenaire de la Cour des Comptes, le temps est venu de rappeler au Président de la rupture et de la réforme dans la perspective de 2012. La Réforme, c’est comme les Valeurs ! Cela ne se braille pas en concert, cela se pratique d’où il résulte que rien ne se fera sans l’engagement personnel d’un nombre croissant de citoyens, informés, libres et responsables revenant vers la chose publique après une trop longue absence ! La transparence est devenue affaire de participation. 
 
Comment y parvenir par ces temps d’extrême défiance ? Répondre à cette question voici la priorité « citoyenne » pour 2012.  La proposition pratique consiste à susciter une demande locale de transparence et de gouvernance de la dépense publique sous pavillon associatif dans le champ familial et social. Aux esprits pressés, ce champ semblera étroit. Ils auront tort car l’essentiel y est : Association ! Famille ! Transmission ! Territoires ! Fiscalité ! Représentativité !
 
Et surtout, la poudrière associative n’attend qu’un détonateur. Trois peuples associatifs  n’ont de commun que le statut de 1901, bénévolat, salariat  et patronat s’affrontent : quatorze millions de bénévoles, six millions de donateurs, 40.000 gros employeurs mobilisant 80% des I.700.000 salariés,douze points de PIB transitant sous pavillon associatif.Face à cette apothèose du «Ni-Ni », paré des plumes de la Loi de 1901, de la société civile et de la démocratie participative, un triple déficit de connaissance, de cohérence et de gouvernance marque une politique associative française unique au monde. 
 
Un détonnateur collectif, gratuit, maniable, inconnu il y a dix ans nous est offert: Le NET avec son cortège de blogs et d’internautes. Sa généralisation a bouleversé les rapports de force entre public éclairé et dirigeants longtemps détenteurs du monopole d’accès aux moyens de communication. 
 
L’objectif politique digne de la société civile, celui qu’elle seule peut se donner et atteindre ? Nos ancêtres ont séparé l’église de l’Etat ! A nous de séparer l’Association des Caisses publiques, des Urnes du Marché et des Corportions. L’objectif moral digne de l’électeur ? Que demain les candidats à la moindre élection politique et sociale cessent de lui proposer de choisir entre le Bien et Le Mal : que les candidats du Bien, du Vrai, du Beau, du Juste deviennent ceux de la Transparence de la gouvernance, de l’évaluation et de la participation et les candidats du Mal, ceux qui les refusent. 
 
Pas question pour autant de sombrer dans l’idéologie de la proximité, du « small is beautiful ». C’est de Politique et de la République en son entier qu’il s’agit. Sans procédures garantissant la séparation des pouvoirs et des intérêts, il n'y a pas de démocratie politique. Sans contrôle de la dépense publique au moyen de procédures autres que technocratiques garantissant la transparence et l'évaluation, il n'y a pas de démocratie financière et sociale. Sans dispositifs garantissant et l'indépendance et le contrôle démocratique de la « COM’ » et de médias confrontés aux révolutions technologiques, aux marchés publics, et au corporatisme, il n'y a pas de liberté de la presse. Sans droits du citoyen, il n’y a plus de droits de l’homme.
 
Quiter l’Aventin, renouer le dialogue politique pour restaurer la confiance sociale en confortant la représentativité des partenaires sociaux, voici la priorité des priorités. Faute de l’atteindre, nous ne surmonterons pas la crise et c’est une catastrophe politique et sociale qui nous attend en 2012.
 
 
BIBLIOGRAPHIE
 
 De nombreuses citations émaillent cette réflexion. D’aucuns jugeront excessive la place qui leur est faite. Ce serait à tort. Initialement ce travail a nourri le dossier remis en 2008 aux militants des Associations Familiales Protestantes pour leur habituel colloque de Fontevraud, cette controverse qui se tient depuis octobre 1984 tous les deux ans dans l’abbaye. Cet ouvrage s’est donc voulu d’abord argumentaire et guide pratique, allant parfois jusqu’à la fiche de lecture. Chemin faisant, il est apparu que les esprits les plus distingués, à Gauche comme à Droite, étaient aussi divers que nombreux à partager la certitude que seule dans son cas, la France affronte tout à la fois la crise mondiale et une vague de fond intérieure. Nos remerciements devaient aller à ces « alliés objectifs » qui ont permis les plus fructueuses corrélations idéologiques.
 
Yann Algan et Pierre Cahuc. « La société de défiance. Comment le modèle social français s’autodétruit. » Editions Rue d’Ulm 2007.
Claude Allègre. « La défaite en chantant ». Plon Fayard 2007
Jacques Attali «  Les trois France » L’Express. Juin 2008.  « La crise, et après ? ». Fayard . Décembre 2008
Raphaêlle Bacqué. Ariane Chemin.« La Femme fatale » Albin Michel 2007
Claude Bartolone . « Une élection imperdable » L’Archipel. 2007
Frédéric Begbeider «  99 francs » Gallimard 2000.
François Belley. « Ségolène La Femme Marque ». Préface Jacques Segala. Editions Peau de Com. Octobre 2008
Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin, « Recherche le peuple désespérément » Bourin Editeur, 2009
Pierre Cahuc et André Zylberberg  « Les réformes ratées du président Sarkozy » Flamarion.Mars 2009
Louis Chauvel. « Classes moyennes à la dérive » . Le Seuil Octobre 2006
Annie Ernaux. « Les Années ». Gallimard. Février 2008
Ezra Suleiman. » Schyzophrénies françaises ». Grasset.Septembre 2008
Marcel Gauchet. Revue Le Débat : « Contre pouvoir ou Anti pouvoir » Janvier 2006 « Bilan d’une génération ». Avril 2008
Alain Genestar.  « L’expulsion ». Grasset Juin. 2008.
Thomas Frank. Préface Serge Halimi. ALGONE Janvier 2008. « Pourquoi les pauvres votent à droite ?  «
Thierry Foucart. Divers articles. Famille, autorité, démocratie.
Laurent Jeoffrin «  Le roi est nu ‘ ».  Robert  Laffont. Mars 2008.. «  Media paranoia » Seuil. Janvier 2009.
Hervé Juvin.  "L'avènement du corps " Gallimard 2005
Blandine Kriegel "L'Etat et les esclaves" (Calmann-Lévy, 1979).
Denis Lacorne »L’invention de la République. Le modèle américain »Hachette 1991.
Daniel Lindenberg. Le Seuil 2002« Le rappel à l’ordre Les nouveaux réactionnaires »
Gille Lipovetski. » Le bonheur paradoxal. Essai sur la société d’hyper consommation » Gallimard Mai 2007
Aldo Naouri. « Eduquer ses enfants. L’urgence aujourd’hui ». Odile Jacob Mars 2008
Cyril Picquemal .« Emergence » Divers articles.
Denis Pingaud. «Du  pouvoir des médias à l’éclatement de la scène publique ». Le Débat. Janvier 2006. » anti pouvoir ? » M. Gauchet. Le Débat.
Philippe Ridet  « Le président et moi ».  Albin Michel. 2008
Jacques Rollet. « La tentation relativiste ou la démocratie en danger ».Desclée de Brouwer Mai 2008
Renault Saint Cricq é »Canal Sarkozy »Flammarion. Mai 2009
Philippe Séguin, président de l'Assemblée nationale. La nouvelle question démocratique. Préface de« Associations lucratives sans but « Denoël. Novembre 1995
Bernard Stiegler. « Réenchanter le monde. La valeur esprit contre le populisme industriel ». « La télécratie contre la démocratie ».Octobre 2008 Flammarion.
Daniel Vernet ".L'Amérique messianique" Le Seuil 2004
 
 
 
 
Table des matières





PREMIERE PARTIE  
1968-2008
 De la « Génération Morale »  à  l’Ordre Moral « Bobo »


SECONDE PARTIE 
  Un ordre moral pour« Classes moyennes protégées»


TROISIEME PARTIE 
 La nouvelle question sociale
Oh ! jeunesse ennemie !
 Partager à gauche 


QUATRIEME PARTIE
Deux preuves tangibles.

Les  « non protégés « votent à droite 

Bulle associative et Mascarade participative 
 Le lobby ou la Rue


CINQUIEME PARTIE 
Agonie du modèle social français
Incivisme et défiance, Etatisme et Corporatisme.


SIXIEME PARTIE
Paranoia médiatique : Télécratie contre démocratie 


SEPTIEME PARTIE
Famille : Contre-pouvoir et Solidarité 
 

HUITIEME PARTIE  
 Pour restaurer la confiance : 
définissez et comptez vous mêmes
«  Vous le pouvez ! » 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
QUATRIEME de COUVERTURE
 
 
Depuis un quart de siècle, PP.Kaltenbach féraille sous de multiples bannières.
 
Magistrat à la Cour des Comptes, sa compétence en matière de dépense publique n’est guère contestée. En témoigne l’hommage que lui rend Philippe Seguin,  naguère Premier Président de la Cour des Comptes, dans la préface d’«Associations Lucratives sans but » paru en 1995. « Voici pourquoi la bataille engagée par Pierre-Patrick Kaltenbach pour redonner sens et dignité au phénomène associatif est un combat stratégique, un combat central et vital pour l’avenir de la République. Pierre-Patrick Kaltenbach nous invite à cette nouvelle nuit du 4 Août avec l'acuité de jugement, l'indépendance d'esprit et le style incisif qui sont la marque du magistrat des Comptes qu'il est. Sachons tous, quelles que soient les fonctions que nous occupons, méditer l'avertissement qu'il nous adresse et relever le défi qu'il nous lance ». 
 
Présidant au Réveil des Associations Familiales Protestantes marqué depuis le milieu des années 80 par  ‘entrée en scène des évangéliques, il a par ailleurs présidé le Fonds d’Action Sociale pour l’insertion des immigrés (FAS) et l’Institut National d’Etudes Démographiques (INED). Il a siégé à la Commission de la Nationalité puis à la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme ; il est membre du Conseil National de la Vie Associative et du Haut Conseil de la Famille.
 
 
 
 
 
 
 
 NOTES

1  Yann Algan et Pierre Cahuc. « La société de défiance. Comment le modèle social français s’autodétruit. » Editions Rue d’Ulm 2007.
 [1] Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin, « Recherche le peuple désespérément » Bourin Editeur, 2009
2   « La religion dans la démocratie « .. Gallimard 1998.).
3  "Louis Chauvel. « Classes moyennes à la dérive » . Le Seuil Octobre 2006 .Laurent Jeoffrin «  Le roi est nu ‘ ».  Robert  Laffont. Mars 2008.. «  Media paranoia » Seuil. Janvier 2009.
4 Pierre Rozanvallon écrit en 1998:« C’est surtout l’aggravation du déséquilibre électoral du PS entre salariés du secteur public et salariés du secteur privé qui comporte des risques graves pour son avenir politique. Le clivage secteur public-secteur privé devient donc électoralement de plus en plus significatif, dans un contexte politique où la réforme de l’État, la réduction des déficits publics, l’adaptation des services publics à la concurrence mondiale deviennent des enjeux politiques cruciaux en France."«  Le Seuil Rozanvallon. Fondation Saint Simon..
5 Ezra Suleiman. » Schyzophrénies françaises ». Grasset.Septembre 2008
6 Rappel à l’ordre. Enquête sur les nouveaux réactionnaires ».Daniel Lindenberg. Le Seuil. Décembre 2002
7 Leo Strauss professeur de philosophie politique à luniversité de Chicago  cité par Daniel Vernet . «  L’amérique messianique » Seuil 2004
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

LA BURKA N'EST PLUS FRANCAISE! 1997//2009

 Laïcité, protestantisme, famille, associations et gouvernance

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La burka n'est plus française! ON A GAGNE !! Vive le Conseil d'Etat !

LES AFP combattent le voile depuis son apparition en France

La Burqa, symbole LE MONDE | 11.07.08 | 15h13 


          Peut-on devenir française quand on porte la burqa, ce vêtement qui, à l'exception des yeux, masque entièrement les femmes dans les pays (ou les familles) musulmans les plus rigoristes ? Non, vient de répondre sans détour le Conseil d'Etat dans un arrêt qui, sans aucun doute, fera date.

L'affaire sur laquelle la haute juridiction a tranché tient en quelques mots : une Marocaine mariée à un Français et mère de trois enfants nés en France s'est vu refuser, en 2005, la nationalité française, au motif qu'elle porte la burqa et que cela constituerait un "défaut d'assimilation". Saisi en appel, le jugement du Conseil d'Etat tient, également, en quelques mots, manifestement pesés au trébuchet : cette femme "a adopté, au nom d'une pratique radicale de sa religion, un comportement en société incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française et notamment le principe d'égalité des sexes".
                    Les faits Une Marocaine en burqa se voit refuser la nationalité française Entretien "Les juges s'appuient sur la soumission de cette femme" Voilà donc relancée la controverse sur la place des religions, et de l'islam en particulier, en France. Le débat sur le port du "voile" à l'école avait déjà soulevé la question il y a quelques années : la France doit-elle, avec tolérance et sagesse, accepter l'expression publique de l'identité religieuse et de la différence culturelle ? Ou doit-elle, au contraire, marquer nettement les limites au-delà desquelles le principe de laïcité, fondement de la République, serait bafoué.

       En adoptant la loi de 2004 interdisant le port de tout signe religieux ostensible dans les établissements scolaires, le Parlement avait clairement choisi la seconde réponse. Dans son arrêt du 27 juin, le Conseil d'Etat adopte une position similaire. Nul doute qu'il va se voir reprocher, à nouveau, de stigmatiser une religion, l'islam. Et de ne pas mesurer le fossé qui le sépare de la réalité complexe de la société française.
           Le Conseil, il est vrai, s'en tient à une appréciation de principe : à ses yeux, la burqa est tout sauf un signe religieux banal, qui relèverait d'un simple choix privé ou de la liberté de conscience ; à ses yeux, c'est au contraire un symbole majeur pour les musulmans les plus militants et minoritaires, qui revendiquent une pratique extrême de leur religion. Un symbole de ségrégation entre les hommes et les femmes. Un symbole inacceptable du statut d'infériorité de la femme dans cette conception de l'islam. Comment lui donner tort ?"


 En 1997, le Conseil d'Etat avait dit le contraire

 
COMMUNIQUE des Associations Familiales Protestantes

NON AU VOILE
NON AU CONSEIL D’ETAT        
OUI AU CODE CIVIL

Janvier 1997
 
Le voile est moins un symbole religieux, rendu tolÈrable selon son caractère plus ou moins ostentatoire, que la proclamation inacceptable, aussi discrètes qu’en soient les formes, du minorat de la femme et du refus de l’exogamie. Le voile est un pur symbole de discrimination sexuelle affichant le privilège de masculinité et d’islamité au sein de l’Ecole publique.
 
 Prétendre qu’une attitude compréhensiveî faciliterait l’intégration des filles et des familles concernées permet aux tenants de cette aberration de conclure à la fin du modèle et du creuset français bref de la République. Ce libéralisme sauvage à frontières ouvertes masque en réalité la pire des américanisations possibles de la France et de l’Europe; 
 Tolérer que cette proclamation soit orchestrée par l’Ètranger au coeur de nos Ècoles où se rencontrent les garçons et filles promis à se marier constitue une offense à la Constitution, au Code Civil, à la laicité, à notre modèle d’assimilation familiale. 
 
 Pour résister à cette régression, une solution douce a été inventée par nos compatriotes musulmans. Elle figure dans les statuts de l’Union des Familles Musulmanes de France (UFM) Journal Officiel du 29 septembre 1993. Les parents ne pourraient voiler leurs filles qu’aprés avoir signél’engagement public qu'ils souscrivent à la conception française de la famille telle qu’elle résulte de la Constitution, du Code Civil et du Code de la Famille. Copie du document serait conservée au dossier à l’attention des jeunes filles. Les aides publiques à d’éventuelles écoles privées seraient soumises au même préalable. C’est la meilleur façon de ramener le problème du voile à sa juste place, la seule tolérable à l’Ècole, celle d’un ornement folklorique analogue aux autres croix et kippas.
 
 Au cas où la jurisprudence du Conseil d’Etat ne rencontrerait plus de résistance, nous demanderions que soient envisagées des Ècoles publiques ìsans voile pour protéger nos enfants de ce modèle sexuel incompatible avec les affirmations de la Réforme. 
+++
 
 
 
 
 

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EVANGELIQUES ET MUSULMANS ! COMPTEZ VOUS !

Quand la question musulmane soulève la question évangélique

NOUVELLES REALITES PROTESTANTES
 1995-2010

PARADOXE FRANÇAIS  
Quand  la question musulmane soulève la question évangélique
 
Depuis une quinzaine d’années, gens d’églises, sociologues, politologues et médias perçoivent avec retard la transformation qui- au sein du protestantisme- résulte d’un double mouvement en sens contraire. Le déclin des églises officielles dans la France de l’Intérieur l’Eglise Réformée de France, en Alsace Moselle l’Eglise Luthérienne, contraste avec le Réveil évangélique engagé depuis quarante ans. En termes de paroisses, de pasteurs, de lieux de culte, de présence au culte, de cotisants, d’engagement social, et notamment familial, le courrant évangélique constitue désormais prés de 80 % du protestantisme vivant soit  400.OOO fidèles. (l’Eglise réformée  présentée comme majoritaire par tous les medias recense 44.000 foyers cotisants). A noter aussi le fort investissement des évangéliques dans les techniques modernes de communication et l’étroitesse de leurs relations avec l’Afrique/ Madagascar, aussi l’Afrique du Nord et les Antilles. Surpris par le phénomène et peu au fait du protestantisme, une majorité d’observateurs assimile encore les évangéliques aux neo conservateurs américains partisans d’Israël et du choc des civilisations voir à des sectes 
 
Paradoxe des paradoxes, c’est l’irruption de l’islam qui aura contribué à  faire découvrir le protestantisme évangélique. Au milieu des années 90 les slogans les plus déraisonnables ont pollué le débat public : « L’Islam seconde religion de France ; 5 à 6 millions de musulmans ! ». Ces affirmations polémiques ne s’appuyaient sur aucune source. S’en est suivi à l’occasion de la commémoration des lois de 1901 et 1905 une controverse déraisonnable sur l’opportunité de réformer ces lois pour : « Sortir l’islam des catacombes » soit plus concrètement - de faciliter et financer la construction de mosquées sur fonds publics. Or toutes les évaluations sérieuses (Nombre de mosquées, de boucheries hallal, d’imams d’électeurs au Conseil Musulman de France ) ont peu à peu conclu à un effectif de 250 à 300.000 musulmans pratiquants.
 
Il était donc inéluctable et prévisible que pour des raisons d’équité, de laïcité, de bon sens, la question de faciliter et financer la construction de lieux de cultes évangéliques se pose dans un nombre croissant de municipalités où s’installent des lieux de culte musulman. Au reste le rayonnement et l’influence d’une religion n’ont jamais dépendu de facteurs principalement  quantitatifs. Il suffit pour s’en convaincre de comparer catholicisme et communauté juive.  Facteur aggravant, en France, Islam et Musulmans sont deux concepts qui recouvrent des réalités humaines, théologiques et politiques totalement différentes. En conclusion, comment financer une aide au profit de populations que l’on se révèle incapable de définir et de compter ? Comment évaluer l’efficacité de la politique ainsi engagée ? 
 
Conséquence inattendue de ces secousses conceptuelles, les pouvoirs publics se trouvent désormais confrontés à la question de la représentativité comparée des diverses religions et au sein du protestantisme au déséquilibre quantitatif et surtout qualitatif crée par le Réveil évangélique. L’objet limité de cette note est de suggérer un débat public permettant de définir et compter sereinement au sein des protestantismes les effectifs des uns et des autres pour donner aux pouvoirs publics des bases de décisions plus conformes à l’équité comme à la neutralité et partant à l’efficacité politique.

 
BIBLIOGRAPHIE  A CONSULTER SUR
http://www.ppkaltenbach.org/
 

Evangéliques. Musulmans. Représentativité
Décembre 2009
 
«  Pour un islam réformé de France »
                                                      24 JANVIER 1994
http://www.ppkaltenbach.org/news/pour-un-islam-reforme-de-france
 
« Islam, 3e religion de France ? Vivement la certification des cultes ! »
                                                       23 AVRIL 2004
http://www.ppkaltenbach.org/news/islam-3e-religion-de-france-vivement-la-certification-des-cultes
 
« La secte Busch à l’assaut de la seconde religion de France »
                                                  .    17 JANVIER 2006
http://www.ppkaltenbach.org/news/la-secte-bush-a-l-assaut-de-la-seconde-religion-de-france
 
« Première Rencontre: Evangéliques et Réformés:
                                                        3 avril 2006 »
 http://www.ppkaltenbach.org/news/premiere-rencontre-evangeliques-et-reformes-
 
"« Evangéliques" un regard "réformé ".. perspicace ? »
                                                       3 septembre 2006
http://www.ppkaltenbach.org/news/evangeliques-un-regard-reforme-perspicace
 
« Les évangéliques soutiennent le label associatif AFNOR »Note de Jean Piere Riche aux évangéliques de France      28 NOVEMBRE 2007
http://www.ppkaltenbach.org/news/les-evangeliques-soutiennent-le-label-associatif-afnor
 
« Sauvons le soldat Emmanuelle Mignon ! Il n'y a pas de sectes ! Seulement des comportements sectaires! »        
     23 février 2008 http://www.ppkaltenbach.org/news/sauvons-le-soldat-emmanuelle-mignon
 
« Protestants ! Comptez vous ! Donnez l’exemple» 4 mai 2009         http://www.ppkaltenbach.org/news/protestants-donnez-l-exemple-comptez-vous
 
« "DEFINIR et COMPTER"   pour retrouver MORALE et DEMOCRATIE ».
                                                    20 septembre 2009
http://www.ppkaltenbach.org/news/definir-et-compter-pour-retrouver-morale-et-democratie
 




 
 

PROTESTANTS ! DONNEZ L'EXEMPLE ! COMPTEZ VOUS !

CONTROVERSE des AFP 4 mai 2009

 
 
Controverses  des AFP
2009-2010

« Définir et compter le Peuple »
Pour quoi faire ?
Est-ce souhaitable ? Est ce possible ?
(Concordataires, réformés, évangéliques :
combien de divisions ? )
 
Entre Société française et microcosme « parpaillot », corrélations utiles ? 

Représentativité et Pouvoir ? Conséquence du financement public des partenaires sociaux sur la qualité du dialogue social  ? Etatisme et corporatisme, société de défiance, radicalisation et violence ? Définir et Compter des protestants ? Comment ?  Pour quoi faire ?

REPONSE PROVISOIRE :  QU’IL S’AGISSE DE LA SOCIETE TOUTE ENTIERE, DE L’UMP OU DU PS , DU MEDEF ou de la CGT, QU’IL S’AGISSE DE VOTER OU DE PAYER,  IL N’ Y  D’AUTRE SOLUTION  QUE DEMOCRATIQUE CE QUI IMPLIQUE DE S’ACCORDER  SUR  la DEFINITION  DU CORPS ELECTORAL, DES PROCEDURES DE VOTE, DES METHODES D’EVALUATION DE PREFERENCE DANS UN CADRE DE SEPARATION DES POUVOIRS  ET DES INTERETS. CE N’EST PAS AFFAIRE DE SOCIOLOGIE ENCORE MOINS DE THEOLOGIE .
 
Réunion inaugurale 
4 mai 2009 
37 Rue Tournefort 75006
de 18 h à 22 h
PRESENTS (Evangéliques en bleu)
 
AFP 
Administrateurs
Jean Hugues Carbonnier
Françoise Caron
Pierre de Felice
Daniel Humbert
Pierre Patrick Kaltenbach
Stéphane Lauzet
Serge Oberkampf 
Michel Rives
Jean Pierre Riche
 
Autres  AFP
Michel Baleverde
Samuel Charles
 
INVITES
Invités non protestants
Michel Louis Levy INED
Michèle Tribalat INED
Daniel Voillereau AFTA
 
Invités protestants
Betrand de Cazenove Secrétaire Général. ERF
Brice Demyer  pasteur ERF
Daniel Liechti.  Mission  France.
Yves Parrend Secrétaire Général.FPF
Jean Daniel Roques Trésorier FPF
Jean Charles Tenreiro Pdt de Région ERF Ile de France
 
I

ORIGINES et ORIENTATIONS 
DE LA CONTROVERSE
 
Les affirmations de ce texte font l’objet de pièces regroupées dans un dossier joint disponible aux AFP.
 
Prévue depuis deux ans, cette réunion avait pour objectif initial de dresser un bilan de la réflexion engagée en réponse à la motion du synode national de l’église réformée de France (ERF) de mai 2007 à Sochaud.

 
A l’initiative de J.A. de Clermont alors président en fin de mandat de la Fédération Protestante de France (FPF) cette motion, votée à main levée et à l’unanimité, invitait le conseil national de l’ERF à vérifier si les prises de postions de P.P. Kaltenbach étaient : « Compatibles avec la présence des AFP au sein du collège des Œuvres et Mouvements de l’ERF et du Forum Associatif de la FPF ». 
De nombreuses réunions de bureau, conseil d’administration, Assemblée Générale dont certaines avec les représentants de l’ERF et de la FPF, (MM de Cazenove et Widmer) se sont succédé en décembre 2007, octobre 2008, février et mars 2009 .
 
Au fil des années, la difficulté soulevée par la « Motion de Clermont » a perdu toute importance au profit de l’interrogation sur les corrélations entre Représentativité et Pouvoirs au sein des instances officielles des protestantismes. Deux événements inattendus ont en effet placé cette interrogation au cœur du débat : au sein des églises officielles groupées dans la FPF, le déséquilibre entre droits de vote et contributions budgétaires  fait problème  ; au sein du monde évangélique désormais majoritaire, la volonté de concorde et coordination sinon d’unité s’incarne depuis peu dans le projet de création du CNEF prévue pour 2010.
 
 
OCTOBRE 2008
L’examen par la FPF des conditions de répartition en son sein des votes et des contributions budgétaires à l’initiative du trésorier de cette institution a mis sur la table en octobre 2008 une série d’incohérence et par exemple le fait que les Associations disposent face aux églises d’un quart des voix pour une contribution budgétaire de 4%. Cette distorsion interroge sur les diverses conceptions possibles de l’authenticité associative et plus spécialement sur le rapport entre  engagement personnel et professionnalisation au sein des trois peuples associatifs : le bénévolat, le patronat et le salariat, et surtout sur la notion de « membre d’église » question capitale voir première lorsqu’il s’agit de défini un corps électoral  et des contributions.
 
Elle interroge surtout sur la fidélité au principe du sacerdoce universel, socle de cette fameuse République Religieuse définie par Michelet en 1856.
NB :  La charte des AFP affirme comme critère associatif, le primat de l’engagement personnel sur la professionnalisation de l’engagement .
 
JANVIER 2009
L’annonce de la création du Conseil National des Evangéliques de France (CNEF), qui concerne sans doute 80% des nouveaux évangéliques, met sur table le débat jusqu’ici tabou : « Les évangéliques, combien de divisions ?». La FPF a immédiatement accepté que les nouveaux évangéliques reçus depuis peu en son sein puissent pratiquer la double appartenance et divisent leur cotisation par deux.
NB : Or l’une des caractéristiques des AFP depuis 1999 est la coopération institutionnelle organique entre évangéliques et réformés, coopération fondée sur une Charte commune, des statuts commun, des conditions communes d’agrément  au mouvement national et aux UDAF. Sont présents au sein de l’Assemblée et du Conseil d’administration des AFP des associations/paroisses dont les responsables sont membres  de 8 unions d’églises :
 
Union d’églises ayant un ou plusieurs membres au sein des AFP 
 
UNIONS MEMBRES DE LA FPF
ERF ( 350  églises)  
Communion des églises de l’Espace Francophone (30 églises).
Union d’Assemblées Protestantes en Mission (24 églises)
CEPEE (12 églises)
 
 UNIONS HORS FPF
Assemblées de Dieu. (400 églises).
Communautés et églises Darbystes. (106 églises).
Fédération des églises du Plein Evangile. (77 églises).
ELIM ( 5  églises)
 
La réflexion a été  en outre influencée par les travaux engagés depuis 2000 dans la société civile comme dans la société politique sur la crise de représentativité et de financement des partenaires sociaux et des Fédérations associatives.
 
Les AFP ont été associées à ces travaux en raison de leur acquis en matière de certification.( Présence à l’UNAF, à la CNCDH, au CNVA, rapports Langlais, Morange  etc … ).. Parallèlement on notera que les AFP sont le seul mouvement protestant dont les effectifs soient certifiés par un organisme public départemental, pluraliste  et laïc (UDAF-UNAF) ce qui assoit la crédibilité de leur représentativité. 
Tels sont les éléments qui ont conduit à retenir la procédure de « controverses », c’est à dire du débat ouvert pour aborder sans tabou le problème posé y compris au sein des protestantismes . La réticence des institutions officielles à « Définir et compter » dés qu’il s’agit de représentativité et de financement conduit en effet vers une impasse.
 
II

RESULTATS et DECISIONS 
 
Comme prévisible, le bilan de cette première réunion peut être qualifié de contrasté mais  globalement positif et prometteur.
 
La présence du Secrétaire Général ( Yves Parrend)  et du Trésorier( Jean Daniel Roque) de la FPF, du Secrétaire général (Bertrand de Cazenove) et du président ERF de région Ile de France ( Jean Charles Tenreiro) mais aussi d’experts non protestants ( INED : Michèl Louis Levy. Michèle Tribalat  (Vie Associative) Daniel Voillereau Président de l’AFTA, comme d’une palette confessionnelle diversifée a permis le débat . C’est une première qui pourra être étendue sans problème à l’assemblée générale des AFP en colloque de Fontevraud c’est à dire en formation « ouverte », le premier week end d’octobre 2010.
 
Des thèses contraires ont été débattues sans affrontements  en raison – mais pas uniquement - de la brièveté voulue de la rencontre : quatre heures.
 
- Instabilités de statistiques religieuses et associatives contradictoires.
- L’islam seconde religion de France.
- Discrétion du bureau des cultes.
- Santé des églises concordataires et de l’ERF sur la longue période.
- Réalité du Réveil évangélique et notamment effectifs comparés  des membres et des non-membres de la FPF.(« Insiders » et « Outsiders ») 
- Conséquences de l’hétérogénéité des diverses conceptions de « membre d’église » sur la vie fédérative de la FPF, du CNEF.
- En protestantismes, équilibres de représentativité, ressources publiques et privées, engagement personnel, cotisations  aux unions,  etc …entre patronat, salariat et patronat associatif sur fonds publics.
- Répartition des votes et des contributions budgétaires  aujourd’hui au sein de la FPF , demain au sein du CNEF.
- Conséquences de la crise de représentativité des partenaires sociaux sur la démocratie économique et sociale comme sur la vie des églises. 
 
Le principal intérêt de ces échanges a été moins de permettre aux AFP de  déterminer les modalités de leurs relations avec l’ERF, la FPF et le CNEF que de pressentir quels pourraient et devraient être les principes fondateurs de toute réorganisation protestante provoquée par les évènements récents . 
 
Il est d’ores et déjà apparu que seuls des principes issus de la Réforme permettraient la fois de résoudre les difficultés actuelles de la FPF et de fonder solidement un futur CNEF. Ces principes fondateurs de ce que Michelet a génialement nommé « République Religieuse » sont connus : le sacerdoce universel, le primat de l’engagement personnel, « aucune église au dessus des autres », le régime presbytero-synodal, avec pour conséquences heureuses, la transparence et la gouvernance assurées par la séparation des pouvoirs et des intérêts.
 
Paraphrasant Calvin on peut dire «  Incapables par nous -mêmes d’aucun bien, nous devons nous doter de procédures qui nous protègent contre nous mêmes y compris contre la loi du seul nombre ». 

MICHELET
 
“Histoire de France au XVIe siècle” .Edition 1856. Volume 3,
“Guerres de religion” - ch. 9
 
“Un acte autrement hardi venait d’avoir lieu dans Paris, à l’insu de tout le monde. Appelons-le de son vrai nom, qu'ignoraient ceux mêmes qui le faisaient : la république réformée. Du 26 mai au 29 mai 1559, une assemblée générale des ministres de France avait eu lieu au faubourg Saint Germain. Pendant ces violentes disputes du Parlement, au milieu de bûchers, au sein d’un peuple furieux qui massacrait jusqu’à des catholiques suspects de tolérance, ces hommes intrépides, de toutes les provinces,vinrent siéger en concile.
Dans leur gravité forte, ils écrivirent leur foi, leur discipline et l'acte de naissance de la démocratie religieuse. ”Nulle église au dessus des autres” ; deux fois par an s’assemblent les ministres, chacun amenant un ancien et un diacre eux mêmes élus par le peuple. Voilà la base républicaine de l'église de France. Tout cela calqué sur Genève ; mais combien différent, en résultat, quand on transportait de la petite ville au royaume de France, à cet empire immense que la Réforme allait se créant aux Pays Bas et en Ecosse, en Angleterre, bientôt en Amérique !”.
 
 
 C’est pourquoi les AFP ont voulu commémorer le premier synode de mai 1559 plus que la naissance d’un homme. 1509.
 
Volume 4.
 “La ligue et Henri IV”. ch. 2. 18
Que vois-je au XVIe siècle ? Que le protestantisme seul nous donne la république…Je dis qu’il donne la république, l’idée et la chose et le mot”.
 
CONCLUSIONS PARADOXALES.

Apellées en 2007 à se justifier par un synode réformé votant comme à l’improviste à Sochaud, les AFP se découvrent pour vocation - par la seule force des choses et des évènements - de servir de micro-laboratoire d’idées et  d’expériences pour ce qui est de « définir et compter » ensemble la représentativité et les financements, protestants, pour aider la FPF ( qui veut se réformer) et le CNEF ( qui veut se constituer) à refonder ensemble la République religieuse au sens de Michelet et dans la fidélité au projet d’Etats Généraux du protestantisme initié à Fontevraud en octobre 1984 et  parrainé par Jacques Ellul en octobre 1985. 
 
La procédure de controverses élaborée en 1999 à la demande des AFP par Louis Schweitzer alors Secrétaire général de la FPF pour traiter du PACS, s’averre parfaitement adaptée au problème posé.
 
S’intéresser à la société entière et pas au seul microcosme, associer des non protestants au travail présente deux avantages de taille : sortir de nos ornières, déposer nos œillères, intéresser et rendre service hors protestantismes pour tester la qualité de nos propositions . C’est ce qui vient d’être fait à l’assemblée générale de l’UNAF du 18  juin  à Limoges, au Haut Conseil de la Famille le 25 juin et lors de l’Université d’été du MEDEF en septembre 2009. (CF Site pp.Kaltenbach.org)
 
CALENDRIER
Réunion intermédiaire les 8/11 avril  2010 à La Force 
Bilan et projets . 1/ 3  Octobre 2010 à Fontevraud
NB. En 2010 la FPF doit présenter le projet de réforme de ses statuts  et le CN EF sa constitution.
 
 
 
 
DOSSIER de TRAVAIL 
 Disponible auprés ces AFP
 
 VERBATIM de la réunion du 4 mai 2009
 
Documents concernant la  crise de représentativité dans la société française 
 
Du recensement en France I
Une société de défiance : l’exception française en 2009  II
Inquiétudes des pouvoirs publics :  crise de la représentativité III 
Islam  3° religion de France après les évangéliques ? Vivement la certification des cultes ! IV
 
Documents concernant la crise de représentativité au sein des institutions protestantes.
 
Poudrières luthero-réformées. Statistiques des sites officiels . 2009  V
Qu’est-ce qu’un membre de l’église réformée ? VI
La république religieuse . Selon Michelet. VII
Certification d’une église évangélique concordataire par la FPF  VIII
Spécificités  associatives des AFP . Principes et certification. IX
Règle du jeu d’une controverse X
Motion de Clermont .Synode national ERF Mai 2007. XI
 

"RIFFIFI CHEZ LES REFORMES"

Transparence et Certification

 Réforme No 3340 22 octobre 2009 
Opinions
 
P.-P. KALTENBACH. Le président des AFP milite depuis des années pour une plus grande clarté financière et organisationnelle du monde associatif. Il se réjouit du chantier lancé par la FPF. 
 
« Vive la transparence,
la gouvernance, et la certification »
 
Dans son n° 3333 du 3 septembre 2009, Spécial Musée du Désert, intitulé : « Protestants, comptez- vous ! », Réforme aborde la question jusqu’ici taboue de la représentativité respective des membres de la Fédération protestante de France (FPF) et rend compte de la controverse ouverte le 4 mai par les Associations familiales protestantes (AFP) : « Définir et compter les protestantismes ? Est-ce interdit ? Souhaitable ? Possible ? Si oui comment ? » Grand merci au journal. 
 
C’est Jean-Daniel Roque, trésorier de la FPF, qui a lancé le débat en 2008. Qui paie quoi ? Ces cotisations sont- elles proportionnelles au droit de vote dont disposent les membres ? Et, sur- tout, est-ce équitable par rapport à leur poids démographique respectif ? Visiblement, personne n’avait prévu les corrélations pourtant mécaniques entre ces thèmes exclusivement quantitatifs et un questionnement qualitatif autrement redoutable parce que d’esprit démocratique :  qu’est ce qu’un membre d’Église ? d’œuvre ? de mouvement ? d’association ? Quelles différences entre employeurs, salariés, bénévoles, usagers, militants et fidèles ? Quels liens entre cotisations et fonds publics ? Quels rapports entre concordataires et ressortissants de la loi de 1905 ? 
 
Bonus à la transparence
Par rapport à ces questions, les AFP se trouvent, sans l’avoir voulu, dans une situation associative, juridique et confessionnelle privilégiée. Qu’il s’agisse de la définition et du chiffrage de leurs associations et de leurs membres par la loi, de leur objet social et de leur engagement en faveur de la certification associative, d’un projet associatif affirmant le primat de l’engagement personnel et du bénévolat comme critère d’authenticité associative, d’un projet confessionnel organisant la coopération systématique tant au plan local que national entre évangéliques et réformés, les AFP ne pouvaient que soutenir le projet de transparence de la FPF. 
Qu’on en juge ! L’objet d‘une association familiale, la nature de ses membres sont définis par les articles L 211-1 et L  211-9 du code de la famille et de l’aide sociale. De ce fait, les AFP sont le seul mouvement protestant dont les effectifs, les noms et adresses, la composition familiale soient déclarés annuellement et vérifiés par un tiers relevant du service public : l’Union départementale des associations familiales du ressort. Cette procédure, qui vaut certification, n’a pas de prix puisque, s’agissant de représentativité, l’on ne se compte pas soi-même.  Qui plus est, depuis 1995, les AFP œuvrent à la mise en place d’un label associatif de certification (avec BVQI puis AFNOR) pour promouvoir une transparence et une gouvernance fondée sur la séparation des pouvoirs et intérêts entre contrôleur et contrôlé
 
Comme le prouve le désastre moral des agences de notation américaines, et contrairement à ce qu’en pensent le Comité de la charte et la Conférence Permanente des Coordinations Asso- ciatives (CPCA), l’on ne s’évalue pas soi-même. Cet effort pour promouvoir transparence, gouvernance et certification n’est pas sans lien avec la question déterminante pour la démocratie sociale française de la représentativité des partenaires sociaux telle qu’évoquée depuis 2000 par le Conseil d’État, la Cour des Comptes et plusieurs rapports parlementaires. Les difficultés actuelles du parti socialiste illustrent jusqu’à la caricature le coût moral et politique du manque de rigueur des arrangements électoraux discrets entre « pro ». 
 
Dans une situation caractérisée par la crise des finances publiques locales autant que nationales, la mise en œuvre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) et l’intérêt suscité par 
le Charity Act Britannique de 2006, une vérité s’impose à tous : après quarante  ans de tabous, la question associative est enfin posée en France. Riche d’associations, le protestantisme ne pouvait y échapper au moment où la perspective de création du Conseil national des évangéliques de France (CNEF) en 2010 éclaire d’un jour nouveau la question de l’exact équilibre des forces entre luthéro-réformés et évangéliques, des effectifs concordataires réels, de la part faite aux associations au sein de l’assemblée et du Conseil de la FPF. Parmi elles, la Cimade, dont le refus de certification et de publication sur son site des aides publiques reçues, des effectifs bénévoles, manque de justification morale et politique.
 
« Bouclier éthique » 
 
Est-il acceptable que les associations disposent au sein de la FPF de 24 % des voix pour 4 % des contributions financières, tout en refusant de publier leurs comptes ? Selon cet étrange régime cen- sitaire inversé, moins on paie, plus on vote ! On devrait à cet égard inventer un « bouclier éthique ». Enfin, pour définir un membre d’Église, l’étrange concept de « personne en lien », que la FFP envisage d’emprunter à l’ERF, n’est-il pas beaucoup trop proche de celui d’usager « consommateur de religieux  » hier encore si décrié ? 
 
Merci à messieurs de Clermont et Roque d’avoir permis à Réforme de poser ces problèmes. Les résultats des travaux qui s’engagent tant à la FPF qu’au CNEF devraient être disponibles en octobre 2010, permettant aux AFP de fonder enfin leurs relations avec les institutions protestantes sur des principes issus de la Réforme : engagement personnel, suffrage et sacerdoce universels, régime presbytéro-synodal et séparation des pouvoirs 
 
Pierre-Patrick  Kaltenbach 
président des Associations Familiales Protestantes 

 

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